DzActiviste.info Publié le mar 25 Mar 2014

Ce que Hamrouche doit au monde agricole

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Dans le sillage des élections présidentielles du 17 avril prochain, Mouloud Hamrouche rompt une nouvelle fois le silence et livre sa vision de l’évolution actuelle de la scène politique.
Réformateur, critique à l’égard du système politique actuel et sa démarche, favorable au changement. Autant d’attributs qui propulsent vers le haut la côte de popularité du personnage dans les milieux populaires n’ayant pas eu accès à la rente sous le règne de Bouteflika.
Néanmoins, pour mieux cadrer le débat sur la démarche de Hamrouche, il est nécessaire de rappeler certains de ses challenges antérieurs.

Bannir l’amnésie

C’est un regard rétrospectif utile notamment pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu le basculement qu’a connu l’Algérie en 1989. Il n’est pas moins utile, non plus, pour ne pas tomber dans le gouffre de l’amnésie.
Mouloud Hamrouche a occupé le poste de chef de gouvernement sous Chadli de 1989 à 1991. Durant cette période, il fut le concepteur des réformes ultralibérales qu’a connu l’Algérie dans plusieurs secteurs, d’où d’ailleurs il tire sa légitimité de réformateur.
Outre ses choix qui ont favorisé l’ouverture du champ médiatique et la liberté d’expression sous toutes ses formes qui constituent des acquis indiscutables de l’ouverture démocratique en Algérie, les réformes inspirées par Hamrouche dès le début des années 1990 continuent à générer des retombées désastreuses sur plusieurs secteurs.
Dans cet espace dédié en priorité aux préoccupations du monde paysan, nous nous contenterons de rappeler les ratages de l’ancien chef de gouvernement en matière de préservation du potentiel agricole sans tomber dans la spéculation politicienne.
Lors de sa sortie médiatique du 24 mars 2014, Hamrouche parle des milieux affairistes dont il constate l’ampleur aujourd’hui.
Pour lui, cette ampleur des milieux maffieux est « une conséquence de la crise » avant de préciser : « Pendant que l’armée et les services de sécurité luttaient contre le terrorisme et la violence, les administrations gouvernementales, les administrations pérennes d’autorité ont été phagocytées ou mises en échec, à l’instar des autorités fiscales, douanières et monétaires. La source de l’affaiblissement de ces administrations régaliennes de l’Etat est la conjonction entre l’abus de pouvoir, les passe-droits et le champ du non-droit. L’Etat et le gouvernement sont menacés dans leurs fondements. »

La marche vers l’ultralibéralisme

Dans sa description, Hamrouche rappelle la conjoncture des années 1990 bien évidemment, mais sans aller jusqu’à reconnaitre sa part de responsabilité dans cet échec. Comment ?
Un exemple suffit pour éclairer ce constat : Il est relatif aux choix pour lesquels a opté Hamrouche à son époque en matière de gestion du foncier agricole.
En adoptant la loi 90-25 du 18 novembre 1990 (toujours en vigueur) portant orientation foncière, l’ancien chef de gouvernement a ouvert la voie à l’émergence de la spéculation foncière et au détournement de milliers d’hectares parmi les terres les plus fertiles du pays.
A la faveur de ladite loi, ce père spirituel des réformateurs, a adopté la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire de 1971, estimées à plus d’un million d’hectares.
Certes, la démarche est louable de point de vue démocratique dès lors des familles expropriées abusivement recouvrent leur patrimoine.
Mais, en omettant de mettre au préalable des garde-fous concrets et effectifs pour préserver la vocation agricole et la valeur sociale de ces terres, Hamrouche fait un pas indéniablement vers l’ouverture d’un marché foncier informel et l’anarchie urbanistique de plus en plus accentuée.
C’est à l’ombre de ses choix que sont nés les premiers lobbies et cercles maffieux qui, au fil des années, se sont fait des entrées dans les institutions, au sein du pouvoir et s’imposent sur la scène nationale.

Lex-FIS comme un amer souvenir

D’ailleurs, même l’ex-FIS, dont le programme socioéconomique fut d’essence libérale, a fait campagne en faveur de Hamrouche en ce qui concerne l’ouverture du patrimoine foncier à la propriété privée.
C’est à cette époque aussi que certains courants ont failli imposer la privatisation (la vente pure et simple) des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat.
Dans la périphérie d’Alger et à travers les périmètres périurbains de la plaine de la Mitidja, les conséquences de la loi Hamrouche sont lourdement ressenties et la situation ne fera que s’aggraver durant les années de terrorisme lorsque l’Etat était préoccupé beaucoup plus par la situation sécuritaire.
Chérif Rahmani, à son arrivée au poste de Gouverneur de Grand Alger ne fera pas mieux que de généraliser cette débandade avec l’encouragement de l’urbanisation massive et la distribution de lots de terrains à outrance.

Classé dans:Financement et investissement dans l’agriculture, Ressources naturelles Tagged: élections présidentielles de 2014, loi 90 25, Mouloud Hamrouche, privatisation des terres agricoles


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