DzActiviste.info Publié le lun 22 Juil 2013

Céréales : L’orge de vérité

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L’Algérie importe du blé tendre pour faire face à une demande en farines boulangères en constante croissance. Elle importe du blé dur uniquement pour faire l’appoint avec la production locale. Telles sont les réponses récurrentes avec lesquelles les pouvoirs publics justifient la facture céréalière avec un ton minimisant l’ampleur de la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis du marché international.
En tout cas, ils ne sont jamais à court d’arguments pour banaliser le recours quasi-systématique aux importations lorsque celles-ci deviennent incontournables afin de pallier les faibles performances de la production locale mais, du coup, infligent un démenti cinglant au discours officiel miroitant des illusions démesurées avec des chiffres et des bilans constamment positifs.

55 millions quintaux de quoi ?

La combinaison entre importation et production locale à laquelle est soumise la filière céréalière, à elle seule, confirme ce constat. En pleine campagne moissonnage-battage et au moment où les prévisions tendent vers l’optimisme, tablant sur une production de 55 millions de quintaux, voilà que le directeur de l’OAIC vient de faire part des intentions de l’organisme qu’il dirige à investir le marché international dans la conjoncture actuelle où les cours sont en repli pour procéder à des opérations d’importation afin de reconstituer les stocks stratégiques de l’Algérie.
«Nous avons saisi l’occasion de la baisse des prix des céréales sur le marché international pour acheter de l’orge et du blé tendre», a expliqué le directeur général de l’OAIC dans une déclaration reprise par l’APS ce vendredi, sans pour autant donner plus de détails sur les quantités à acquérir.
Que l’OAIC importe des céréales cela n’est guère nouveau, la dépendance de l’Algérie vis-à-vis du marché mondial des céréales étant chronique, notamment en matière de blé tendre dont les besoins de l’Algérie sont quasi exclusivement couverts par les importations.
Le plus surprenant, c’est lorsque l’Algérie s’apprête à importer de l’orge alors que cette céréale constitue près de 40% de la production locale, voire plus.

Parlement et théâtre de marionnettes

D’ailleurs, la prédominance de l’orge dans la céréaliculture locale a toujours été invoquée pour justifier les faibles rendements en blé. Comment expliquer le recours à l’importation de l’orge en pleine campagne moissons-battage ? Si ce sont les rendements qui risquent d’être en deçà des besoins, qu’en est-il donc de la fiabilité des prévisions qui tablent pour cette année sur une récolte de quelque 55 millions de quintaux ? Autant de questions qui nécessitent des éclairages.
Mais tant que des institutions censées mettre la lumière sur la vie politique et économique du pays ne jugent pas utile de se pencher sur une question aussi stratégique qu’est la sécurité alimentaire, le statu quo ne fera que durer.
Pourquoi le Parlement, par exemple, n’ouvre pas le débat sur ce dossier ? Mais, y a-t-il réellement d’élus capables de mesurer l’enjeu des questions de cette nature ?
Tant que la rente pétrolière continue d’assurer la sécurité alimentaire aux députés et leurs proches et alliées, le simple citoyen est condamné à subir seul toutes les vulnérabilités et les risques d’insécurité alimentaire.
Entre un parlement et un théâtre de marionnettes, la distinction s’impose.

Classé dans:Financement et investissement dans l’agriculture, Productions animales et végétales Tagged: céréales, orge


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