DzActiviste.info Publié le lun 11 Mar 2013

Ces derniers temps, Ait Ahmed devient une cible privilégiée des minables

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Ces derniers temps, Ait Ahmed devient une cible privilégiée des minables dans Non classé aggoun

Lounis Aggoun

Par Ait Benali Boubekeur

Certaines personnes sont incapables de se faire une place sur la scène politique nationale. Pour exister médiatiquement, elles s’attaquent sans vergogne à des hommes honnêtes de la trempe de Hocine Aït-Ahmed. Ainsi, le 3 mars 2013, l’écrivaillon Lounis Aggoun s’en prend éhontément au président du FFS. Bien que cette ruade [il s’agit de la considérer en tant que telle] ne puisse pas atteindre le dernier chef historique en vie, force est de reconnaître que cette volonté délibérée de salir des hommes probes ne fera hélas que reculer la cause démocratique.

En tout état de cause, au moment où les scandales de corruption s’enchaînent en Algérie, Lounis Aggoun tente de court-circuiter le débat. S’attaquant à un homme dont la stature dépasse son imagination, le plumitif étale, au grand jour, sa haine envers un homme respectueux. Bien que l’invective déshonore en premier lieu son auteur, certains imbéciles sont prêts à faire des sales besognes pourvu qu’ils se fassent connaitre. En tout cas, à en croire ce minable, tout le malheur de l’Algérie découle de l’engagement politique d’Aït-Ahmed. Ainsi, en dépit des 70 ans de militantisme sans répit, le rôle de Hocine Aït-Ahmed est réduit à néant. Quoi qu’il en soit, partant d’un constat selon lequel le pays est à la dérive [ce que Hocine Ait Ahmed dénonce depuis plusieurs décennies], Lounis Aggoun, sous prétexte que la droiture d’Ait Ahmed est reconnue par les grands chercheurs en histoire, veut coûte que coûte l’écorner. N’étant pas épaulé cette fois-ci par Jean Baptiste Rivoire, grâce à qui il s’est fait connaitre, l’écrivaillon se perd dans les dates. «Écarté de la direction de l’OS, le déclenchement des hostilités par le FLN le prend de court. Il est alors envoyé au Caire en compagnie de Khider et Ahmed Ben Bella, tous trois chargés d’assurer la logistique des maquis en formation », note-t-il. Quelle méconnaissance de l’histoire ? Oublie-t-il que les trois membres cités sont membres fondateurs du FLN ? De plus, ils sont partis prenants dans la mise en œuvre du projet insurrectionnel, et ce, bien qu’ils n’aient pas participé à la réunion des 22, tenue le 25 juin 1962.

Cependant, minimisant systématiquement l’apport d’Ait Ahmed à la lutte pour la libération nationale, ce vaurien omet volontiers de parler de l’essor de la diplomatie algérienne entre 1955 et 1956. Hélas, le rapt aérien de la délégation extérieure du FLN le 22 octobre 1956 va mettre un terme à l’action de Hocine Ait Ahmed. D’ailleurs, ce voyou de la plume n’épargne pas Ait Ahmed même lorsqu’il s’attaque aux autres chefs de la révolution. « Approché en prison par les services français, Ait Ahmed les éconduit sèchement. Ben Bella lui n’en demande pas tant… » Pour lui, même si c’est Ben Bella qui trahit, Ait Ahmed est quand même le responsable de la félonie. Peut-on être plus ridicule comme l’est Lounis Aggoun ? La réponse est évidemment non.  

De toute façon, après les accords de cessez-le-feu, malgré la dénonciation sans équivoque du coup de force du bureau politique (BP) proclamé le 22 juillet 1962 à Tlemcen, Ait Ahmed, selon Aggoun, est à l’origine de l’instauration de la dictature en Algérie. Cela dit, se contredisant de paragraphe en paragraphe, veut-il plaire à ses missionnaires ? En tout cas, sans avoir la moindre honte, il affirme que Hocine Ait Ahmed a contrecarré l’initiative du «groupe de Tizi Ouzou», animé par Krim Belkacem et Mohamed Boudiaf. Or, cinq lignes plus hautes, il dit qu’Ait Ahmed n’a joué aucun rôle pendant la crise de l’été 1962. Ce que ce plumitif ne dit pas, c’est que le 2 août 1962 le groupe de Tizi Ouzou a trouvé un accord avec le groupe de Tlemcen sur la formation d’un bureau politique d’une durée d’un mois. D’ailleurs, Mohamed Boudiaf est chargé au sein du BP des Affaires extérieures. Voilà comment est mort le CDLR auquel fait allusion Lounis Aggoun.

Quant à la création du FFS, tu n’es pas si honnête, eu égard notamment à la haine que tu éprouves envers Ait Ahmed, pour en parler des conditions qui ont présidé à sa naissance. En effet, bien que Hocine Ait Ahmed ait tenté, tout au long de son mandat parlementaire, de rappeler au duo Ben Bella-Boumediene l’impérieuse nécessité de respecter le peuple algérien, la cécité politique de ces derniers va pousser les opposants à se radicaliser. « Le 29 septembre, un grand meeting populaire antigouvernemental est organisé à Tizi Ouzou par Ait Ahmed et le colonel Mohand Ou El Hadj, chef de la 7ème région militaire, rejoints par de nombreux députés kabyles, en particulier le colonel Sadek (Slimane Dehilès), ancien chef de la wilaya IV ; Ali Yahia Abdenour, ancien secrétaire général de l’UGTA; Omar Oussedik, Arezki Hemouche », écrit le politologue Amar Ouredane

Cependant, ne respectant aucune règle éthique, Lounis Aggoun va jusqu’à incomber la palinodie de certains membres fondateurs du FFS à Ait Ahmed. Or, d’après Ouredane, après avoir affirmé sa détermination le 4 octobre 1963 de continuer le combat, Mohand Ou El Hadj signe un accord avec Ben Bella le 13 novembre 1963. La déclaration de ralliement à Ben Bella est également signée par Ali Yahia, Hermouche, le commandant Si Lakhdar et le lieutenant Allouache. Là aussi, le reniement de certains est endossé à Ait Ahmed. Heureusement que le ridicule ne tue pas. De la même façon, confondant sciemment la revendication démocratique avec l’esprit régionaliste de certaines personnalités, dont Boussaoud Mohand Arab, Lounis Aggoun considère que le refus d’Ait Ahmed de cautionner cette dérive raciste est synonyme du rejet de l’identité berbère.

Tout compte fait, en parcourant son texte, aucune initiative d’Ait Ahmed n’a de sens à ses yeux. Ni ses prises de position fermes en 1980, ni sa dénonciation systématique de la dictature algérienne n’ont le mérite d’être signalées. Même son retour, après 23 ans d’exil, est travesti par l’écrivaillon. Bien qu’Ait Ahmed ait agi en fin connaisseur de la politique algérienne en vue de mobiliser les Algériens sur la nécessité de construire un État juste, égalitaire et démocratique, cela n’a aucune valeur pour Aggoun. En outre, malgré le slogan du FFS renvoyant dos à dos les partisans de l’État intégriste et ceux de l’État policier, l’écrivaillon inscrit la participation du FFS en décembre 1991 dans une stratégie concoctée par les généraux afin de stopper le processus démocratique. « Le général Khaled Nezzar n’a aucun mal à truquer la marche organisée par le FFS [2 janvier 1992] en appel à l’armée en vue de suspendre le processus électoral. L’appel au putsch, avec Ait Ahmed à l’image, dans les haut-parleurs le son enregistré dans les laboratoires déjà opérationnels du DRS, et les télévisions du monde entier pour porter le message », déforme-t-il pusillaniment la  réalité.

Ainsi, à en croire Lounis Aggoun, Ait Ahmed est de mèche avec les militaires pour asséner un coup fatal aux islamistes. Or, quelques lignes plus loin, l’écrivaillon défend une thèse diamétralement opposée.  En 1995, Ait Ahmed en compagnie d’autres chefs politiques [FIS, FFS et FLN plus des personnalités incontestables, dont les suffrages ont 1991 ont représenté presque 100% de l’électorat], dont la représentativité est plus au moins équivoque, d’après lui, tente de sortir l’Algérie de la spirale meurtrière, mais en s’alliant cette fois-ci avec les islamistes. Bien que les congressistes de Sant Egidio en appellent au respect des principes démocratiques [ne pas accéder au pouvoir par la force et ne pas se maintenir par la violence], Lounis Aggoun ne voit qu’une initiative superflue.

En somme, sur les huit pages, Lounis Aggouna fait preuve d’une malhonnêteté incommensurable.  Citant Saïd Sadi et le RCD en termes élogieux, l’auteur du texte veut-il séduire le parti de Sadi ? Si tel est le cas, il peut emprunter une voie plus noble. Cela dit, s’engager en politique ne doit pas supposer une guerre contre ceux qui ne pensent pas comme nous. En effet, pour bâtir, on doit apporter sa contribution à l’édifice et non pas démolir l’œuvre des autres. Enfin, cette contribution montre l’incapacité de certaines personnes à sortir le combat politique de la diatribe. Et dire que cette personne est auteur de deux livres.


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