DzActiviste.info Publié le dim 1 Sep 2013

C’est l’ANP qui détient le pouvoir et non le FLN.

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stop mensongesSaïd RADJEF
Il ne viendrait à l’esprit d’aucun universitaire et d’aucun intellectuel algérien sincère et digne de ce nom de vouloir tromper le peuple sur ceux qui exercent la réalité du pouvoir dans notre pays.
Pour fuir les vérités qui leur font mal, pour fuir le regard du peuple en proie à une agitation sociale, culturelle et civilisationnelle sans précèdent, les dirigeants algériens, c’est-à-dire les DRS et leurs medias, se sont  fabriqués un monstre, un fantôme : le FLN. A ses débuts, il devait prendre le relais du CRUA, un mouvement indépendantiste, mais  juste quelques jours après sa naissance, au lendemain des résolutions de la Soummam en 1956, le FLN fut étranglé dans son placenta. Un véritable infanticide ! Les commandants politico-militaires ne voulaient  pas qu’on leur substituât une autre force, un autre interlocuteur aussi bien  auprès des populations locales qu’auprès des instances internationales. Certains de l’issue que prendrait leur insurrection, ils n’ont laissé de place à personne. Les commandants politico-militaires se sont décapités pour la conquête du pouvoir, mais à aucun moment nous n’avons assisté à une lutte entre l’ALN et ses instances politiques, hormis l’épisode Abane Ramdane qui aura duré quelques secondes et au cours duquel « les politiques » ont tourné casaque et réaffirmé leur soutien et leur allégeance aux «  militaires » au grand désarroi de leur protecteur qui leur avait  ouvert deux années plutôt les portes du CCE. Tout le monde a servi avec zèle et fanfaronnades, sans lever les yeux, les colonels…Et la parenthèse Abane-FLN fut définitivement fermée avec violence, au CNRA du Caire en 1957. Les obsèques du FLN eurent lieu à Titouane au Maroc et les amis de Abane furent tous isolés et éloignés de la décision politique, à l’instar de Dr Lamine Debaghine. Le peuple n’avait que Dieu pour se protéger de la colonisation et des commandants politico-militaires de l’ALN qui avaient le droit de vie et de mort sur tout ce qui bouge et respire dans le pays. Mais voici que plus d’un demi siècle après ses funérailles, le FLN est ressuscité à nouveau de ses cendres par les docteurs Frankenstein  des DRS qui ont géré seuls, sans partage les destinées du pays, depuis 1957 à ce jour.
Aujourd’hui, on veut nous faire croire que la vraie responsabilité des fractures qui menacent la cohésion, l’unité et l’avenir du pays en tant qu’Etat et Nation, ne vient pas de l’armée, mais plutôt elle viendrait d’ailleurs, d’une classe politique qui n’a jamais existé.  Dans ce pays où plus de 70% de la population vit de la rente et de la spéculation, dans ce pays ou l’école est devenue un instrument de propagande et les élites des auxiliaires de l’Etat (Dr de l’Etat, journaliste de l’Etat, licencié de l’Etat, ingénieur de l’Etat…faute de quoi vous serez écrabouillés comme une mouche), toutes les décisions qui ont engagé le destin de la Nation ont été l’œuvre exclusive des militaires et seulement des militaires.
Questions subsidiaires : sans le soutien et la complicité des généraux, Saidani, Bouteflika Said et Belayat auraient-ils existés ? Pourquoi à moins de sept mois de l’élection présidentielle, le peuple algérien ignore tout des candidats qui doivent postuler et succéder  à un président déjà cliniquement mort depuis bien des mois ? Pourquoi le peuple ignore tout de celui qui va présider aux plus hautes destinées du pays ? Benflis, Hamrouche, Rabrab, Sellal, Said Bouteflika…sont-ils les candidats du peuple ou les chaouchs de généraux ?
L’armée doit-elle rendre l’Etat à la Nation oui ou non ? Comme je l’ai souligné plus haut, un patriote conscient de ses responsabilités historiques ne peut  pas se laisser guider par sa vanité et les vengeances d’arrière garde. Il doit être constamment au service de la vérité et du savoir. C’est à ce prix que le pays aura la force de se construire une conscience politique nationale, de broder son imaginaire collectif,  de s’épanouir, de s’ouvrir sur le monde, sur la science, le savoir, sur les vertus de la citoyenneté et de se défaire des vieux démons qui le poussent insidieusement à l’abîme.


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