DzActiviste.info Publié le lun 28 Jan 2013

Cette presse qui refuse de voir les choses en face.

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Par Amar Cheballah

singesL’Algérie va mal, et même très mal. Chaque jour- de In Amenas à la faillite de l’école en passant par la débâcle du sport national- est un autre signe sur le malaise qui ronge et menace la survie du pays en tant qu’Etat et Nation. En dépit de cette situation plus qu’alarmante, le président se retranche volontairement dans un silence qui crève les yeux pour désavouer son armée, alors que les militaires algériens « hachakoum » recourent au service de petits bandits pour faire porter le chapeau de la faillite à Bouteflika. Dans ses parties les plus sensibles, l’Algérie à très mal. Mais au lieu de regarder les choses en face, notre presse bien pensante nous sort d’autres chapelets de mensonges grotesques pour justifier l’injustifiable. Jamais, dans l’histoire de l’Algérie, la participation des moyens d’information à la corruption de l’imaginaire collectif et à « l’imbécilisation » de la conscience nationale n’a été aussi directe. Les médias algériens jouent consciemment un rôle majeur dans la folklorisas ion de la pensée intelligente et l’aliénation de l’imaginaire collectif. Outre leur soutien et leur attachement indéfectible aux milieux de la pègre, ces medias encouragent ouvertement le mensonge et la manipulation de la foule.

Dans la vallée du Djudjura et précisément dans l’axe St Egidio qui s’étend des Ait Yenni jusqu’à Tizi Ghennif, habituellement chaud et réputé être un bastion de l’opposition, les citoyens ont boudé hier matin la presse écrite. Non pas à cause de la défaite, synonyme de l’élimination de l’EN dés le premier tour de la CAN, mais à cause de la coupure d’électricité qui a plongé des milliers de foyers dans l’obscurité et privé les centaines de milliers de férus de suivre la rencontre. La une de la presse nationale qui est revenue largement sur la débâcle de l’EN face à la modeste équipe togolaise, n’a pas suscité outre mesure la curiosité des populations locales. La journée d’hier qui alternait entre quelques moments de pluie et de soleil ardent s’est déroulée dans une ambiance plutôt monotone et triste. Alors que quatre grandes circonscriptions de la Kabylie étaient privées d’électricité, la presse est revenue longuement, comme à son habitude, dans des histoires de chiens écrasés écrites dans le style de la Pravda, occultant sciemment les attentes et le désarroi de milliers de personnes. Mais il est vrai que la Sonelgaz n’est pas un parti politique, c’est un poste avancé du DRS, au même titre que la Sonatrach, la presse et les banques. Le malheur dans cette histoire, la majorité des informations rapportées dans le but de discréditer les élus locaux, et donc les partis politiques, ne reflètent pas la réalité. A l’instar de cette municipalité devenue depuis de longues années le théâtre de règlements de comptes entre les membres d’une même famille qui bloquent sans arrêt le service de l’état civil. D’ailleurs, à cause de ses fermetures fréquentes par les membres d’une même famille dont les membres sont tous des élus municipaux, cette mairie est devenue la risée des citoyens en Kabylie. On raconte que les membres de cette famille ont été furieux lorsqu’ils ont découvert que le CNAPEST a fermé cette municipalité en dehors de leur autorité. « Personne n’a le droit de fermer la mairie de Tizi Ghennif en dehors de notre autorité », ont-ils expliqué. Ah ! Le communautarisme quand tu nous tiens ! Mais la presse ne s’est jamais posée la question comment tout une Daira est à la merci d’un même douar.

Dans les quartiers populaires de Boghni, de Maâtkas, de Souk El Tniyene ou ailleurs dans les localités reculées du Djurdjura, on pouvait apercevoir le même sentiment : le dégoût. Cela dit, la déroute prématurée des Fennecs en Afrique du Sud devenue presque une affaire politique, a provoqué un tollé de réactions et des débats houleux sur les places publiques. De chaque bourgade, les réactions affluent pour évoquer la faillite du sport algérien. Entre moqueries genre « de Rabah l’altitude à la platitude de Halilhodzic », déceptions, vengeances et dérisions contre le régime, les débats qui ont animé hier matin les grandes places au Djurdjura, illustrent le malaise qui entoure le sport en général et le foot en particulier. Sans toutefois diminuer de la responsabilité de l’entraineur national dans la deroute des fennecs face au Togo, le pouvoir militaire est néanmoins vu comme le principal de la faillite du sport en Algérie. On évoque l’attitude pathétique de l’inamovible Raouraoua. Un petit trabendiste devenu par la grâce des généraux et de Boutefliak l’homme fort du foot en Algérie. Pour beaucoup, la chute désastreuse de l’équipe de l’Algérie n’est pas une surprise. « Lorsque une équipe nationale n’a pas de stade et d’infrastructures pour s’entrainer et que les clubs d’élites comme le NAHD, le MCO, la JSK …sont entre les mains de petits brigands sans la moindre relation avec le sport, il faut s’attendre à tout », explique un citoyen à Maâtkas.

Ce sont des scènes et des paroles qui reviennent un peu partout dans chaque village en Kabylie. « On est si habitué à de tels résultats que voir aujourd’hui nos autorités se remettre en cause relèverait du miracle. Les joueurs ont leur part de responsabilité dans la faillite de l’EN, mais cela n’absout en rien l’Etat de ses bêtises et de son entêtement à persévérer dans la politique du bricolage et du populisme », ajoute avec dépit un autre citoyen à Mechtras. Après de nombreux tours dans les petites bourgades et communes de l’arrière Djurdjura, les citoyens se réjouissent que la Sonelgaz les ait privés d’électricité lors de la retransmission du Match. « Dieu merci ! », s’exclame un chauvin des verts à Assi Youcef. Et d’ajouter avec ironie: « Avec les autorités actuelles, le sport, l’école et l’Algérie n’ont aucun avenir ».


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