DzActiviste.info Publié le mer 9 Mar 2016

Chakib Khelil dans quelques jours à Alger

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par Mahdi Boukhalfa, Le Quotidien d’Oran, 8 mars 2016

CHAKIB-KHELIL-1Le retour, en Algérie, de Chakib Khelil, l’ex-ministre de l’Energie, et patron de Sonatrach éclaboussé, mais non officiellement accusé, dans les scandales de corruption avérée qui ont terni l’image du groupe pétrolier, serait-il en train d’être préparé ?

La question mérite d’être posée, au regard d’un faisceau d’éléments qui ont fait irruption, dans l’actualité économique et politique, tant nationale qu’internationale. Et selon certaines indiscrétions, Chakib Khelil est attendu, dans les tous prochains jours, à Alger.

Selon l’enquête menée par le parquet de Milan sur des pots-de vin versés par la pétrogazière italienne Saipem, filiale du géant ENI, à des responsables de Sonatrach, pour l’obtention de contrats, à partir de 2007, d’une valeur globale de 8 milliards de dollars, contre une commission de 198 millions de dollars, le nom de l’ex-ministre algérien de l’Energie est cité, sans qu’il soit, cependant, directement accusé, contrairement à Farid Bedjaoui.

Certes, dans la dernière audience du Tribunal de Milan, qui a annulé la décision de la juge Alessandra Clemente de « blanchir » Paolo Scaroni, ex-président d’ENI, le nom de Chakib Khelil revient, mais au détour d’une rencontre à Paris, avec Scaroni, que le magistrat italien en charge de l’affaire veut éclaircir.

La justice italienne ne l’a, en fait, ni accusé, ni cité comme témoin, jugeant, au stade actuel de la procédure, qu’il est au-delà des faits incriminés aux protagonistes de cette affaire. Fin février et après un accord russo-saoudien de gel de leur production, au niveau de janvier, une décision qui a fait remonter les cours, Chakib Khelil a été invité par la chaîne financière «Bloomberg», qui appartient à l’ex-maire de New York, à donner son point de vue sur ce deal. Sur le plateau de la chaîne, il a été présenté comme ex-président de l’OPEP.

Et c’est, en tant que tel, habillé d’un complet gris, chemise bleue rayée de blanc et cravate rouge et blanc, qu’il a fait une « excellente » et brève analyse du marché et de sa réaction, par rapport à cet accord, entre la Russie et l’Arabie Saoudite, cosigné, également, par le Venezuela et le Qatar. L’intervention sur «Bloomberg» donne à penser logiquement qu’aux Etats-Unis, M. Khelil jouit non seulement de toute sa liberté, mais de toute son audience en tant qu’expert pétrolier et ancien président de l’OPEP, qui met sur le marché 40% des besoins mondiaux de brut.

Chakib Khelil était, avant de revenir en Algérie, après le plébiscite du Président Bouteflika, en 1999, déjà expert auprès de la Banque mondiale, à Washington.

Pour autant, et par rapport aux derniers développements, sur la scène nationale, en particulier, la dernière sortie du ministre du Tourisme et de l’Artisanat et patron’ du Parti TAJ, Amar Ghoul, il est évident de se poser des questions sur les raisons profondes de ces déclarations, et tout, particulièrement, une autre montée au front contre l’ex-DRS, qui aurait, selon lui, manipulé certains dossiers liés à la corruption. Amar Ghoul a, ces derniers jours, accusé, tout simplement, l’ex-DRS d’avoir mené une guerre ouverte pour déstabiliser le Président Bouteflika.

Des articles renifleurs

Dans une interview à «Ennahar?», il a expliqué que c’est « le Président Abdelaziz Bouteflika qui était visé par ces dossiers, montés de toutes pièces, contre ses proches pour le déstabiliser et entraver sa mission de développement du pays ». « Il va plus loin, en tentant de réhabiliter, sinon de défendre Chakib Khelil, victime, selon lui, des même attaques. « Dans le cas où on lui reproche quelque chose, qu’il soit jugé, sinon, il a le droit de revenir et réussir dans son pays. » Avant lui, au mois de décembre dernier, le n°1 du FLN, Amar Saadani s’était, quant à lui, extasié sur les qualités du ministre de l’Energie Chakib Khelil. Pour Saadani, l’ex-ministre de l’Energie, « est le meilleur ministre de l’histoire de l’Algérie. » Il a estimé, dans une interview à «Ennahar» qu’il était « innocent », et qu’il n’est impliqué dans aucun scandale de corruption, dénonçant, lui, également, « de faux rapports de certains colonels du DRS », qui auraient « saboté le travail accompli » par Chakib Khelil. « Il connaît les rouages du marché pétrolier. Durant sa gestion, l’économie du pays avait connu un grand essor », ajoute le patron du FLN, selon lequel les officiers de l’ex-DRS avaient planifié le sabotage de la carrière de Khelil. Un brin narcissique, il ajoute: « c’est d’ailleurs, ce qu’ils ont essayé de faire avec moi pour mettre fin à ma carrière politique.» Mais, l’emphase de Saadani est vite douchée par un communiqué de l’ex-ministre de la Justice, Mohamed Sahar. Celui-ci a annoncé, dans un communiqué, que Saadani l’avait menacé de perdre son poste de ministre de la Justice, s’il ne consentait pas à dédouaner l’ex-ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, des accusations portées à son encontre, dans le cadre de Sonatrach 2. « N’est-ce pas, Si Amar, vous qui êtes venu, le jour même de votre installation, à la tête du FLN, me proposer, amicalement, de préserver mon poste de ministre de la Justice, en m’engageant à extirper Chakib Khelil de l’affaire Sonatrach 2, comme on extirpe un cheveu de la pâte (selon votre expression). Ma réponse fut, vous le savez, de fermer mon portable jusqu’après la fête de l’Aïd El-Adha, c’est-à-dire bien longtemps après le remaniement ministériel. » C’était en 2014. Bref, dans cette affaire, l’essentiel ne semble pas, pour le moment, avoir été divulgué.

Par aucune partie, comme dans un combat de boxe où chaque protagoniste réserve le meilleur, pour la fin. En attendant, le mandat d’arrêt lancé contre Chakib Khelil, en 2013, était non valide, car n’obéissant pas au code de procédure pénal, et qu’Interpol n’a aucun document, lui demandant de procéder à l’arrestation de l’ex-ministre algérien. Pourquoi? Tout simplement parce que le mandat d’arrêt lancé à l’été 2013, enfreignait les articles 158 et surtout le 573 du code de procédure pénale. Cet article (573) du code de procédure pénale stipule, en fait, que « lorsqu’un membre du gouvernement, un magistrat de la Cour suprême, un wali, un président de Cour ou un procureur général près une Cour est susceptible d’être inculpé d’un crime ou d’un délit, commis dans l’exercice ou par l’exercice de ses fonctions, le procureur de la République, saisi de l’affaire, transmet le dossier par voie hiérarchique au procureur général près la Cour suprême qui désigne un membre de cette Cour, aux fins de procéder à une information. » Or, ce n’est pas cette procédure qui avait été suivie, lorsqu’un mandat d’arrêt a été lancé, dans la précipitation contre un ministre de la République. L’affaire avait été prise en charge par le parquet et instruite par un magistrat instructeur, près le Tribunal de Sidi M’hamed, alors que le statut de M. Khelil imposait une procédure autre, et devait être prise en charge par les organes de la Cour suprême.


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