DzActiviste.info Publié le ven 3 Mai 2013

Cher Brizidan

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Boutef harrag

Ammi Saïd

 

Cher président,

Nous savons que tu es malade, peut-être très malade, nous le savons depuis ton premier passage à Val De Grace…

Nous le savons, nous avons vu les souffrances que tu endurcissais à chacune de tes apparitions pour recevoir tes hôtes, ceux qui viennent chercher de l’argent, des contrats ou des privilèges que seul toi pouvait leur offrir.

Nous t’avons vu: immobile, le visage triste, les yeux exorbitants qui regardent dans le vide, les bras lourds à porter, le sourire figé presque malheureux ( c’est si rare de voir un sourire triste et fatigué…) et la voix éteinte refusant de s’exprimer. Elle qui aimait séduire, dire, promettre, hurler, donner l’ordre de se taire, imposer sa rigueur et ces certitudes…

Nous avons tout vu. Nous avons su que tu étais dopé pour bouger et continuer à défendre tes intérêts, ceux de tes proches, de ceux et celles qui t’ont placé là ou tu es et de tes protecteurs étrangers. En somme, ceux et celles qui se nourrissent des richesses de ce peuple délaissé, méprisé, appauvri, humilié, persécuté….

Cher président
Le peuple va mal, le pays val mal, les écoles et les universités vont mal, les institutions vont mal, la justice va très très mal, tous les ministères vont mal, la jeunesse va mal, la 3G n’est même pas installée, le sport va mal, la démocratie n’est pas encore né, la tyrannie prospère, la corruption bat tous les records ( champion du monde toute catégorie), l’opposition mange, se sert et dort, l’opposition réelle est traquée comme une bête sauvage, la presse et la télévision raconte la même histoire depuis cinquante ans ( elle dit que tu as fait ou tu cas faire ce que tes prédécesseurs ont fait…il suffit d’ouvrir les anciens journaux pour se rendre compte mais je ne vais pas oublié de te dire que les journalistes qui disaient le contraire étaient tous assassinés, exilés ou isolés…), les chômeurs sont dans la rue et ce qui travaillent aussi, les disparus sont toujours portés disparus et leurs familles sont tabassés par la police dont ton ministre a augmenté les salaires pour qu’ils frappent forts et aux endroits où ça doit faire mal…, les exilés continuent à s’exiler encore profondément dans leurs exils, les moudjahidines il y en a de plus en plus alors que l’indépendance remonte à très loin, l’armée est au service de ceux que son aînée avait combattu pour la dignité et la liberté, les services de sécurité continue à te faire la guerre et toi aussi ( il paraît, c’est ta presse ou sa presse qui le dit), la prostitution est devenue un métier, l’immolation une façon de vous échapper, la harraga un moyen de continuer à espérer, le cannabis et l’alcool des moyens pour continuer à rêver…

Pour ne pas trop m’étaler et pour éviter de vous fatiguer car d’après Votre Docteur il n’y a que ça qui vous manque, j’arrête ici la liste de vos bienfaits et bien sur de vos prédécesseurs: tout le président que personne n’a jamais élu et qui sont tout de même devenus présidents…
Comme d’ailleurs tout le reste…aucun élu n’a été élu, aucun responsable n’a été choisi…car comme vous le savez le peuple n’a pas le droit de choisir ni des élus, ni les coups, ni ce qu’il va manger, ce qu’il va dire, ni ce qu’il va penser…

Cher président,

Le cœur est plein, l’esprit aussi…mais ce n’est pas grave, nous sommes habitués…

Nous sommes habitués à subir, à renoncer et à accepter ce qui nous est imposé.

Nous sommes habitués à offrir nos enfants aux sabres, aux chars, aux matériaux de tortures, aux mitraillettes, aux balles, aux baïonnettes…de nos enfants
Nous sommes habitués aux échecs, aux deuils, aux maladies de toutes sortes, aux maux de plus en plus sophistiqués et de toute nature…

Nous sommes habitués aux mensonges, aux fausses promesses, aux humiliations, aux divisions, aux gâchis, aux horreurs, aux kidnappings, aux bombes, aux crimes, aux injustices, aux misères…

Nous sommes habitués à se quereller, à s’entredéchirer, parfois à s’entretuer et même aller jusqu’au massacre pour se battre pour les miettes que vous ne laissez, l’os que vous jetez de temps à autre, il est happé par ceux et celles qui disent qu’ils feront tout pour vous obligez à céder un peu plus que ce que votre méchante avarice vous laisse nous donner…

Nous sommes habitués à des choses que je ne voudrais pas ici vous d’écrire pour ne pas vous encourager à continuer…

Cher président
Vous connaissez l’état de nos hôpitaux, vous n’avez pas eu le temps de s’y consacrer malgré 1000 milliards de dollars de rente depuis votre arrivé !

Vous le connaissez et vos amis aussi puisque l’un était parti pour arrêter de fumer et vous pour vous reposer dit-on pour un mini avc…un tout petit avc…un avc gentil et mignon…un avc doux et d’aucune gravité…

Reposez et même vous pouvez si vous ne voulez plus de nous rester à l’étranger…

Personne ne vous haïra pour ça, personne ne vous demandera des comptes, personne ne vous en voudra…c’est normal, on peut comprendre…on comprend tout…ce que nous nous comprenons pas ce n’est pas ce que vous nous faites, c’est pourquoi vous continuez à nous le faire…nous faire croire que nous sommes indépendants, que nous sommes une nation, que nous avons des constitutions, une administration…

Restez là vous êtes, reposez vous, jouissez de vos biens, reposez vous, ne vous inquiétez pas, ne vous souciez pas, ils vont trouver quelqu’un comme vous ou meilleur que vous…

D’ailleurs cela fait des années que vous ne communiquez avec nous que par l’intermédiaire de lettres que nous lisent vos conseillers…

Restez là vous êtes, nous allons nous débrouiller comme toujours, les présidents comme vous, il y en a chez nous à gogo, soignez vous, reposez, l’Algérie et son peuple ne se sont jamais plus reposés depuis que vous aviez fait irruption de l’autre des frontières de notre pays…

Ps: pardonnez-moi de vous avoir tutoyer au début de la lettre. J’ai cru un moment que la liberté de s’exprimer est possible et qu’elle existe dans notre pays…
Le vous sied mieux à votre excellence et peut aussi concerner le tout: vous et les autres qui sont comme vous et qui voudrons être comme vous et même ceux qui tendent à devenir comme vous…


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