DzActiviste.info Publié le lun 3 Juin 2013

Cinquième jour de grève de la faim à Hassi R’mel 14 grévistes évacués vers l’hôpital

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Les travailleurs des trois sociétés de prestations de services (catering) en contrat avec le groupe Sonatrach à Hassi R’mel, dans la wilaya de Laghouat, sont à leur cinquième jour de grève de la faim.
Malgré les mises en demeure, les menaces et autres pressions, « les 1 161 grévistes de la faim sont décidés à aller jusqu’au bout de leur revendications qu’ils jugent plus que légitimes», c’est ce que nous a affirmé hier Fouad Djida, délégué des travailleurs des trois sociétés, Cieptal, Bayat Catering et Saha Catering. Joint hier par téléphone, le délégué a indiqué : «Nous avons épuisé tous les recours possibles et avons fait trop de concessions mais, au bout, rien de concret. Nous n’avons jamais fermé les portes du dialogue mais personne n’est venu discuter avec les grévistes», explique-t-il. Ce dernier nous a indiqué que l’état des grévistes se détériore de jour en jour, d’ailleurs, parmi eux, 14 ont été évacués vers l’hôpital par les éléments de la Protection civile, dont deux dans un état jugé très critique. Jusqu’à maintenant, ces derniers sont toujours à l’hôpital.
Les travailleurs des trois sociétés de catering ont décidé d’entamer une grève de la faim illimitée à cause des «promesses non tenues par les employeurs et le refus par ces derniers d’appliquer les instructions données en ce sens par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal». Selon les dires de certains délégués, les grévistes de la faim sont victimes d’un véritable esclavagisme, ils revendiquent le «relèvement de 80 % de leurs salaires, un effet rétroactif du salaire de base depuis 2009, un planning du travail 4X4 au lieu du 6X2 ayant cours actuellement, le droit de s’organiser en syndicats ainsi que plusieurs autres revendications à caractère socio-économique, comme les conditions d’hébergement, de nourriture, de travail et de transport».
Et d’ajouter que le « recours à une grève de la faim, comme décision extrême, fait suite au refus des responsables de recevoir les représentants des travailleurs. Nous nous sommes rendus à plusieurs reprises à Ouargla pour rencontrer le wali mais il a refusé de nous recevoir. La seule personne, qui nous a reçu, c’est le président du bureau local de l’UGTA. «Mais il n’a aucun pouvoir de décision», selon les dires de ce délégué. Le représentant des grévistes de la faim se dit déterminé à aller jusqu’au bout des revendications.  M. Fouad Djida a affirmé que «des mises en demeure et autres appels à la reprise du travail ont été brandis comme menaces par les sociétés de catering qui somment les travailleurs à reprendre leurs postes à partir de vendredi dernier, en vue d’éviter l’application des mesures contenues dans le règlement intérieur qui peuvent aboutir à des licenciements». Mais, indique-t-il, «ces menaces ne nous font pas peur, d’ailleurs, nous les avons rejetées catégoriquement tout en poursuivant notre mouvement de façon pacifique devant la Direction Production de Sonatrach».
D’autre part, et dans le but de combler le vide laissé par les grévistes de la faim, les trois sociétés de catering ont fait appel à d’autres travailleurs dépêchés de Hassi Messaoud pour les remplacer, mais ces derniers, une fois qu’ils se sont rendu compte qu’ils sont là pour remplacer leurs camarades grévistes de la faim pour revendiquer l’amélioration des conditions de travail, ont refusé de rester et ils ont quitté les lieux en guise de solidarité avec leurs collègues, a expliqué notre interlocuteur. La genèse remonte en fait au 20 mars dernier. En protestation depuis, les travailleurs ont enclenché, le 20 avril, leur premier mouvement de grève. Le même jour, ils entament des négociations avec leurs employeurs au siège de la daïra de Hassi R’mel, en présence des autorités locales, des représentants de l’inspection du travail et signent, au bout de ces négociations, un PV qui reconnaît la légitimité de leurs revendications. Les employeurs ont promis de répondre favorablement aux revendications des travailleurs dans un délai d’un mois. Mais à ce jour, rien n’a été fait, a affirmé notre interlocuteur.

Mohammed Zerrouki Algérie-News


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