DzActiviste.info Publié le ven 25 Mai 2012

Comment retourner à soi

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Par Tahar Gaïd in LQA 23/05/2012

Mon intention n’est pas de décrire l’état de l’Algérie actuelle. Je ne cherche pas à élucider les problèmes qui ne sont que l’iceberg qui cache des vérités profondes. Mon analyse, probablement quelque peu prétentieuse – mais n’a rien celui qui ne prend pas de risque – tente de fouiller les véritables et primordiaux maux qui rongent la structure et l’infrastructure de notre pays. Ce sont ceux qui gîtent dans les profondeurs de notre société et dont il convient de ramener à la surface. Mes propos seront peut-être durs et sévères, apparemment, peut-être même, en dehors de la vérité et de la réalité. De toute façon, ce ne sont que des impressions bonnes ou mauvaises.

L’Algérie n’a jamais fonctionné avec un projet de société aux contours précis et aux horizons lointains. La charte de Tripoli n’a été que du papier noirci parce que les dirigeants n’étaient préoccupés que par la prise du pouvoir avec ses avantages matériels, ainsi que par le prestige et la renommée qui l’accompagnaient ; ils étaient plutôt préoccupés par la force de l’autorité à laquelle ils tenaient, par n’importe quels moyens, que par le fond et le contenu des perspectives d’avenir de cette charte. Le premier congrès du F.L.N, après l’indépendance, avait bien pensé un nouveau document appelé « la Charte d’Alger » mais il y avait comme un conflit entre la théorie et la pratique car ni la plupart des dirigeants politiques, ni les fonctionnaires chargés de son application dans leur secteur respectif, ne croyaient, au fond d’eux-mêmes, aux valeurs socialistes qu’elle véhiculait. Autant dire que la pensée de chacun auxquels s’ajoutaient leurs intérêts personnels, l’emportaient sur celui de la collectivité et de son devenir. En outre, en ce qui concerne un autre courant, prétendre résoudre les problèmes de la société en proclamant seulement que l’islâm est la religion d’Etat et que la sharîa, constituaient la seule constitution, avec des applications pratiques immédiates et lointaines, et qu’elles étaient aussi une vision d’avenir inéluctable, c’était tout simplement se gargariser de mots pour anesthésier le peuple et, ensuite, en jouant sur ses sentiments religieux, le manipuler selon le bon vouloir des « commandeurs en chef ».

En vérité, notre société a été façonnée et modelée par des doctrines étrangères non seule-ment mal assimilées et défigurées selon des circonstances momentanées mais inadaptables aux contextes et aux réalités algériennes. Ce n’était rien d’autres que du « couper-coller » sans discernement ni intelligence. Certes, des idées nationales ne manquaient pas de se manifester dans chacune de nos conjonctures édificatrices mais elles étaient souvent importées par différentes catégories de personnalités allant du religieux, aux idées figées, parce que détachées des réalités présentes jusqu’à l’intellectuel laïc, aux idéologies incompatibles avec le vécu de notre société. Les oreilles des dirigeants politiques, d’un côté comme de l’autre, étaient à l’écoute de l’homme de la rue, plus contestataire que constructif, et à celle d’une élite souvent allergique à une formation politique, compatible avec les besoins de la société. Chaque courant politique avait ses domaines de prédilection et sa terminologie propre, forgée selon les circonstances. Cela leur permettait peut-être de se comprendre entre eux, mais sans se soucier, quelque peu, si le peuple, assoiffé de compréhension, était capable d’associer ces beaux discours à leurs aspirations immédiates et futures.

Dans une époque où le temps presse les gens et les compresse, nous devons nous faire entendre par la société et nous faire comprendre par elle. Or, nous ne sommes pas encore parvenus, au niveau de l’Etat, à définir un courant de pensée politico-religieux, une ligne politique claire et de choisir un modèle stable et d’envergure qui nous permettra de nous inscrire dans une mouvance de développement déterminé. Certes, nous entendons certains poser des questions d’ordre politiques ou religieuses, accompagnées de réponses appropriées. Cependant, non seulement, elles sont partielles et ne concernent que des aspects immédiats qui touchent généralement la sphère sociale à laquelle ils se rattachent, recherchant essentiellement l’assentiment de leurs partisans et attendant d’eux un soutien plus électoraliste que réaliste. Il va de soi que ce n’est pas avec des mots mielleux, parfois prometteurs que se construisent les Etats.

Pourtant, les gens sont disposés à écouter, soutenir et à suivre aisément l’homme religieux ou non qui aura exprimé des idées qui répondent à leurs profondes aspirations parce qu’ils les comprennent plus facilement dès lors qu’elles répondent au besoin de leur plus profond être.

Malheureusement, nous vivons actuellement dans une société ou l’intellectuel, quand une question est abordée, ne comprend pas le langage du religieux et inversement, bien que tous les deux se réclament de l’islam même s’ils ne sont pas pratiquants. Pire encore, ils se condamnent les uns les autres, sans raisonnement fructueux, comme s’ils appartenaient à deux sociétés différentes et antagonistes. Ils se confrontent et se court-circuitent comme s’ils étaient des étrangers appartenant à des cultures diamétralement opposées, sans lien commun avec leur passé, comme si Massinissa, Ibn Toummert , l’Emir Abdelkader ou Amirouche et Benboulaid leur étaient des figures historiques inconnues. Lorsque les gens du peuple les écoutent, ils ne comprennent pas tout à fait leurs discours et ne se sentent pas tout à fait incarner par l’un ou par l’autre courant, sinon par opportunité, sentiment ou affection. Ils ne sont pas en mesure de déclarer clairement et surtout d’une manière raisonnée qu’ils sont des partisans convaincus de la tendance politico-religieuse à laquelle ils apportent leur appui ou plus exactement parce qu’ils n’ont pas une solide base politique pour être à même d’en saisir correctement le sens. En effet, la raison est simple : la formation et la connaissance politiques et religieuses de ces personnes sont enclavées dans des niveaux élémentaires. La raison à toutes ces insuffisances incombe au fait que l’Algérie évolue à l’intérieur d’un vide politique tant il est vrai que la propagande remplace le discours pédagogique et formateur.

Dans le domaine de la religion, les plus avancés des Algériens, tout en se réclamant favo-rables et ouverts aux idées contemporaines, s’inclinent devant le discours des tenants de cette religion traditionnelle, apte à anesthésier l’esprit que sujette à faire avancer la pensée féconde. C’est qu’ils ont vécu pendant des années dans des situations marquées par des facteurs de décadence culturelle et dans des états où les slogans prenaient le pas sur l’explication pédagogique. Aussi, ce retard culturel et social est-il enraciné dans le comportement de la plupart des gens et dans leur vision du présent. C’est comme s’ils entendent des discours qui les séparent des autres nations de plusieurs siècles et ne sont pas encore prêts à les arracher de leur stagnation. Toutes les belles paroles leur semblent être plutôt des silences incapables de réveiller le mouvement de la pensée émancipatrice. Dans l’immédiat, ils ne voient pas poindre, à travers leur découragement, ce qui peut les inciter à espérer une dynamique de progrès qui établirait l’égalité des chances et leur marche en avant.

Pourquoi tant d’incompréhension ? Il est paradoxal que la religion prenne une grande im-portante dans une société musulmane au moment où la corruption et les pots de vin s’amplifient d’rune manière considérable, voire institutionnelle. Il semble que la religiosité de la plupart des gens n’est qu’une habitude, une apparence qui contredit le fond des cœurs accaparés par la confusion et l’ignorance de la dimension spirituelle des préceptes coraniques. Certes, la foi innée bat dans les veines de chaque individu. Cependant, elle ne peut être agissante que si elle est accompagnée d’une plus grande liberté qui doit être réveillée de son assoupissement et d’une nécessité d’un mouvement vers un mieux vivre, actuellement embaumé dans de beaux discours démagogiques.

Nous avions cru, d’une manière globale, que l’état servile répandu à l’époque de la colonisation s’est volatilisé. Par contre, il reste une certaine élite qui s’est couverte d’un masque qui cache sa servilité à la matérialité des problèmes et contamine la jeunesse presque dans son ensemble. Certes, notre vieille génération et les plus récentes se sont hissées au niveau de l’homme libre des contraintes coloniales, mais elles n’ont pas pris pleinement conscience de leur responsabilité devant Dieu et les hommes. C’est pourquoi, leur volonté et leur détermination réelles sont laissées pour morts dans des cœurs noyés dans les marécages de l’individualisme négatif.

Il manque aux membres de la génération montante, pourtant forts et vigoureux, un esprit à même de souffler fortement dans leurs entrailles, de sorte à briser le cadre rigide qui les emprisonne dans ce manque de confiance en soi et qui les transforme en des individus évoluant dans un contexte de perversité et de dévergondage morales. Le souffle dont ils ont besoin est celui qui met en branle le mouvement susceptible d’étouffer cette mortification de la saine pensée et de susciter des centres de vie capables de calmer leur angoisse des incertitudes du lendemain et d’apaiser l’agitation de leur pensée, conséquente aux ambiguïtés d’une politique aux démarches brouillantes

A cet effet, il convient de produire un facteur d’éveil déterminant, persuadant et engageant. Toutefois, le réveil de cette conscience, qui manque à la dite génération, ne doit être ni importé de l’extérieur, ni conçu au moyen de décrets aux applications de courtes durées. Les impulsions de ce réveil ne doivent pas représenter des modes de vie destinés à une consommation électorale ou, à la rigueur, à des produits comestibles pour les seules personnes détenant de hautes ou de moyennes responsabilités étatiques. Il est plutôt question du réveil au moyen de la lumière de notre histoire dont les événements s’enfoncent et s’enracinent dans les profondeurs des passés les plus lointains, sachant, dit-on, que le passé explique le présent et prépare l’avenir. Cette histoire doit être acceptée avec ses facteurs de décadence et de grandeur. C’est ainsi que chaque Algérien, pris individuellement, tout en évoluant dans la vie en portant dans son cœur la lumière à la historique et divine, puisse la mettre à la disposition de la collectivité. Chacun d’eux portera en lui cette graine qui fera éclore les efforts de la raison et de l’intelligence.

Malheureusement, nous avons perdu le sens du dialogue et des critiques constructives au point que nos personnalités politiques, voire nos intellectuels confondent débats positifs avec dia-tribes et dénigrements. Aucun ne reconnaît son égarement verbal devant un monde qui nous ob-serve et nous considère, au fond de lui-même, comme un peuple encore sous le joug colonial où la propagande et les slogans l’emportaient sur les analyses pertinentes du présent et de l’avenir. Il nous manque ce sursaut qui ensemence en nous les germes de la fierté de notre passé et la force morale dynamique, celle que le Sceau des prophètes (s) était venu parachever. Au lieu d’enraciner en nous cette éthique, nous avons miné nos relations politiques et sociales d’une graine venimeuse qui a assombri notre vie courante et a donné naissance, depuis des dizaines d’années, à une mal vie si fortement établie qu’elle a entretenu le départ planifié de nos jeunes vers l’étranger et a engagé la fuite des cerveaux vers des horizons où ils trouvaient de meilleures conditions de travail et de vie. Comment condamner objectivement ces gens qui vivaient dans un pourrissement de relations bureaucratiques au point de demeurer pétrifiés dans des moules façonnés par l’inertie culturelle qui brisait les vies les plus vaillantes, alimentait la mort morale dans les cœurs vieillis par le désespoir et substituait l’immobilisme statique au mouvement dynamique.

L’indépendance de l’Algérie avait fait naître de grands espoirs à tout homme intellectuel ou non qui se disposait à combattre les solutions superficielles atteintes par le virus de l’échec certain, à celui qui croyait à la possibilité de hisser le pays au niveau des nations prospères malgré la confusion et le délabrement causés par la guerre de libération. Cet homme, plein de force, d’énergie, était disposé à construire l’avenir du peuple dont il fait partie intégrante. Au lieu de cette espérance, il se noya dans une société humaine qui broya son bonheur et ne parvenait pas à voir se dessiner ni dans son environnement immédiat ni dans un horizon lointain, ces propos de Frantz Fanon qui prévoyaient que la société dans laquelle il allait vivre allait lui apporter de nouvelles perspectives, de nouveaux fondements et une nouvelle pensée. Bien au contraire, Il s’était engouffré dans les habitudes orientales que de médiocres et de nuls enseignants Egyptiens de l’école primaire avaient contribué à répandre, sans être, pour autant, les seuls responsables de cette situation.

L’Algérien, fier de son indépendance et rempli d’espoir, s’était, au contraire retrouvé dans cette situation malencontreusement ainsi décrite par Ernest Renan : « Les Occidentaux appartien-nent à la catégorie des patrons et les Orientaux à celle des ouvriers car la nature vous prépare plus à être ouvriers et moins à être patron. » Siegfried avait ajouté de son côté : « l’Occidental a une mentalité d’industriel et de gestionnaire, et est créateur de civilisation. Quant à l’Oriental, il a une mentalité sentimentale moyenne, et est incapable de réfléchir et de tirer profit du modernisme. » C’est comme si ces oiseaux de mauvaises augures avaient commenté cette débile parole de Maurice Thorez, alors secrétaire général du Parti Communiste Français : « Le peuple algérien, les peuples d’Afrique du Nord et tous les peuples d’Afrique ne sont pas un peuple. Ils sont encore en voie de devenir un peuple »En d’autres termes, nous sommes un ghachi » selon la formule de Boukrouh.

Aujourd’hui encore, notre inaptitude réfléchie, comme si elle avait été planifiée par des personnes malveillantes, est donc voulue et intentionnelle. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner qu’elle nous conduise vers cette politique de mondialisation conçue par les nations occidentales pour elles-mêmes. Celles-ci veulent nous faire croire, en raison de la conjoncture politique, sociale et culturelle dans laquelle sombre le pays que si des peules, comme le nôtre, veulent entrer dans la sphère de la nouvelle civilisation et s’insérer dans le mouvement de la modernité, il leur appartient d’être formés sous la tutelle du matérialisme perçue à travers leur contrôle des richesses pétrolières. Autrement dit, nous devons perdre notre identité et notre personnalité et nous devons nous comporter comme si nous n’avions pas appartenu à une civilisation qui avait illuminé le monde de ses connaissances et de son savoir. Il est vrai que notre état intellectuel nous a ramené à l’ère des meddahîne, ces sortes de troubadours qui avaient sillonné, si je ne me trompe pas, le sud de la France.

Du plus humble algérien jusqu’à l’intellectuel le plus diplômé pensaient, après avoir subi tant de privations, de désinformations et d’imperfections culturelles à l’époque de la colonisation, allait se transformer en une machine génératrice de ces libertés qui ensemenceraient la renaissance à la fois spirituelle et morale de l’âge d’or de notre ancienne civilisation musulmane et qui feraient germer des révolutions dans tous les domaines de la vie humaine de sorte à devenir le phare de tout le monde islamique. Tous pensaient faire fleurir des écoles qui formeraient de futurs hommes dont la conscience enfin libérée imprimerait de son impact les relations politiques nationales et internationales fondées sur la liberté, l’égalité, la justice sociale et la dignité humaine. Ils croyaient, dans leur grande majorité, retourner à eux-mêmes, c’est-à-dire à cet islam ouvert, appliqué avec lucidité, celui de l’homme qui, combien même n‘aurait-il pas de sentiments religieux, prendrait les valeurs de l’islam comme appui dans ses activités socio-politiques. Il n’y a pas, à mon avis un autre moyen, car que nous le voulions ou non, nous avons été tous été brassés, même inconsciemment pour certains, dans le même pétrin de la foi et dans le même moule de la responsabilité sociale et militante.

Aujourd’hui, il nous appartient de préciser quel sens voulons-nous auréoler cette foi et cette responsabilité, de définir clairement le rôle politique et social consentis par l’ensemble des Algériens sans se laisser choir dans les méandres de l’opportunisme, de l’esprit clanique et des objectifs électoraux. Plutôt que de copier nos voisins au-delà de la méditerranée, il est de notre devoir de faire émerger une société fondée sur sa propre culture et sa propre histoire. C’est à l’intellectuel que revient cette charge et ce message qui se résument en trois points la culture, l’histoire et le discours le plus près possible du langage populaire. C’est un retour vers nos origines avec des portes et des fenêtres largement ouvertes sur l’avenir et le monde. C’est bien ce qu’avait été le souci des intellectuels comme Frantz Fanon et Aimé Césaire et des hommes politiques à l’instar de Julius Niéréré en Tanzanie et Djibo Bakari au Niger. Je ne sais pas s’ils étaient religieux mais il est certain qu’ils représentaient les emblèmes du réveil intellectuel et du combat contre l’impérialisme culturel.
En Algérie, nos élites doivent comprendre que le retour à soi, consiste à une connaissance de nous-mêmes et, partant, à prôner une orientation basée sur les valeurs de l’islam, celui-ci étant le guide de la politique de la nation et non pas le moyen démagogique pour assouvir des ambitions politiques. J’insiste sur les valeurs de l’islam car ce sont elles, plus que tout autre facteur, qui nous ont permis de résister à la colonisation. Ce sont celles de notre société qui nous soude autour des mêmes principes. Ce sont des valeurs islamiques ancrées en nous depuis notre enfance. Il ne s’agit pas bien sûr de cet islam représenté par une tradition surannée, un héritage dépourvu de critique constructive ou une organisation qui rappelle une lointaine époque inadaptable au XXI ième siècle et encore moins cet islam vidé de sa spiritualité qui nous étreint aujourd’hui. Il doit plutôt revenir à ses sources que sont le Coran et la Sunna, tout en s’enracinant dans les réalités objectives du présent. C’est donc un second et un nouveau souffle que nous injecterons dans nos croyances des relations humaines de sorte à susciter dans notre société un « miracle » qui n’aura rien d’utopique.

La tache n’est pas aisée car nous sommes confrontés à un Occident dominant et dominateur. Ainsi que le souligne Ali Sharati « L’Occident cherche, depuis le XVIII ième siècle, avec l’aide de ses sociologues, de ses historiens, de ses écrivains, de ses artistes et même ses révolutionnaires, à imposer au monde la théorie suivante : la civilisation est une, et elle est telle que l’Occident l’a édifiée et l’a offerte au monde… » D’ailleurs, nous remarquons que ces aspirations ont déjà donné quelques succès appréciables dans notre société. « C’est (d’ailleurs) la raison, nous dit Ali Sharati, pour laquelle nous constatons dans notre société, l’homme est considéré comme cultivé et moderne, selon son niveau de consommation et non selon ses capacités d’entendement et d’éveil ».

Les résultats seront encore plus probants à l’avenir face au vide culturel auquel nous a as-treint une politique d’un demi-siècle de tâtonnement. Nous nous comportons comme si nous don-nions raison à ceux qui nient la pluralité des cultures. Ils ne reconnaissent, en réalité, que les cadres et les formes qu’ils composent pour eux-mêmes et que les autres doivent reprendre à leur compte. En effet « L’Occident affirme que la culture est une. Il s’agit en fait de la culture occidentale : celui qui doit avoir une culture au XXI ième siècle doit l’acheter à l’Occident, exactement comme n’importe quelle autre marchandise ! » C’est dire, pour ces faux directeurs de conscience, que notre société est incapable de produire ce dont elle a besoin et doit, dès lors, ne consommer que ses seuls productions intellectuelles. Il se comporte comme si nous n’avions jamais eu des génies de la trempe d’un Ibn Khaldoun ou encore comme si l’Espagne n’était pas un modèle de civilisation pour l’Europe, civilisation reçue pourtant du Maghreb musulman.

BIOGRAPHIE: Tahar Gaïd

Tahar Gaïd est né le 22 octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux médersas de Constantine et d’Alger, il exerce la fonction d’enseignant à Tighanif, près de Mascara, puis à Alger.

Militant du PPA/MTLD, il participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l’initiative d’organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai 1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les camps d’internements en Algérie.

Dès 1963, il opte pour la carrière diplomatique en qualité d’ambassadeur dans plusieurs pays africains. En 1978, il cesse toute activité administrative.

A partir de 1980, il se consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l’Islam. Il se signale par la publication du Dictionnaire élémentaires de l’Islam (OPU). Il est aussi l’auteur d’autres livres dont Réalités universselles de l’Islam( OPU ) et Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchene)

Parallèlement à ces écrits, il publie à L’OPU un lexique philosophique arabe-français et français-arabe.


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  1. Je reste profondément convaincu que le racisme de l’occident et son mépris des peuples non-blanc prend ses racines avec le déclin de la civilisation musulmane en Andalousie, ce racisme et ce mépris qui avaient pour conséquences l’apparition de mouvances barbares et sanguinaires en Europe tel que le nazisme et le fascisme bien après les vagues de colonisations des peuples, continuent aujourd’hui à ce nourrir de nos échecs et de nos agissements qui ne peuvent êtres qualifies que de primitifs dans un monde sans merci, se qui dénotent à mon sens notre perte de repères ainsi que de nos assises intellectuelles bien enracinées dans notre histoire ancestrale en tant que nation productrice de renouveau et de bienfaits pour l’humanité entière.
    C’est justement la récupération de ces valeurs qui nous ont permis jadis de régner sur le monde, qui nous permettrons aujourd’hui de reexister de nouveau.

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