DzActiviste.info Publié le jeu 28 Nov 2013

CONFESSION D’UN TRANSFUGE ALGERIEN. Quand le Bachagha Bouâlem, critique la France.

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Moh .Ibn Khaldoun

1958 Le Bachaga BOUALEM Président de l'Assemblée Nationale

1958
Le Bachaga BOUALEM
Président de l’Assemblée Nationale

A Quelques jours de la célébration de l’anniversaire des événements du 11 décembre 1960 en Algérie.

Le Président François Hollande, comme tous ses prédécesseurs, a depuis son accession à la Présidence de la République, refusé de discuter de la repentance de la France, sur une occupation à feu et à sangs de l’Algérie durant 132 ans. Un vrai crime de guerre et crime contre l’humanité perpétré au nom de la République Française en Algérie. Reconnaitre ce tord et présenter un Pardon aux Algériens, aurait fait ouvrir les voies vers un avenir prospère entre les deux peuples. Malheureusement Le premier homme de l’Elysée, ne semble pas entendre ces appels de la bonne oreille. Plus encore lors de sa campagne présidentielle, il a côtoyé les harkis et les anciens traitre algériens, non pas pour gagner leur sympathie et voix, mais pour encore enfoncer plus le clou du colonialisme d’hier dans la plaie qui demeure encore ouverte. A cet effet, nous rappelons aux amnésiques, l’histoire du plus célèbre algérien retourné par le colonialisme français, qui est le Bachagha Bouâlem. Et c’est avec amertume que le Bachagha Bouâlem, nous donna un récit de sa collaboration avec le colonialisme français, un récit qui doit être enregistré et consigné dans l’histoire de l’occupation de l’Algérie.

Le Bachagha Bouâlem, est le plus célèbre des traitres Algériens, et des familles les plus dévouées à la cause Française en Algérie. ( voir le livre d’Or d’Algérie 1937) Il était plus agressif envers les Algériens plus dangereux que les harkis, plus hostile à l’indépendance que l’OAS et les autres vendus. Au retour de la souveraineté Algérienne en 1962, Bouâlem et sa suite, ont plié bagage pour suivre leurs maîtres colonisateurs et fuir l’Algérie. Arrivé en débâcle en France, croyant que ses services rendus au colonialisme durant des années, lui ouvriront les portes du pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité pour lui et sa famille « demeurés Français ». Quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, alors qu’il se trouvait sur le sol Français, Le grand Bachagha Bouâlem, reçoit du tribunal un commandement, pour régler en espèce, les frais de sa déclaration de nationalité Française et celle de sa suite. Nous lui laissons les soins de commenter cet événement « burlesque ». Tout en lui rappelant qu’avant lui à Oran le colonel de l’armée Française Bendaoud et malgré son grade supérieur pour son époque, s’est tiré une balle dans la tête en plein réunion de l’état-major. Tout simplement parce qu’il n’a jamais été considéré comme un officier militaire dans l’armée d’occupation. En effet lors des réunions de l’Etat major, on ne lui a jamais donné la parole. En se tirant une balle dans la tempe, il a déclaré devant les membres de l’état-major : « Un Indigène demeure indigène, même s’il est le colonel Bendaoud »

Le Bachagha Bouâlem dira tout simplement :

« Le 17 mai 1963, la Justice de Paix d’Arles m’adressait, par voie légale, le commandement ci-dessous: »
Monsieur le Bachaga, J’ai l’avantage de vous adresser la liste des déclarations de nationalité que j’ai établie pour vous et les vôtres ainsi que vous me l’avez demandé.
Vous pourrez constater qu’il a été établi 102 déclarations.
En conséquence, il m’est dû, à raison de 10 F par déclaration, la somme de 1020 F
Le Greffier

Ainsi, le 25 mai 1963, j’achetais, pour mes hommes et moi-même, en acquittant la somme de 1020 francs lourds, le droit de devenir des citoyens français à part entière, nous qui pensions, par notre loyalisme et nos sacrifices, avoir mérité, gagné, le titre de Français à part entière.
Mon fils Ali, lui, mettait en demeure le Tribunal d’Instance d’Arles, de lui reconnaître la qualité de Français, qualité qui m’était refusée, à moi, son père. Et pourtant…

Je suis Français, je l’ai prouvé, je crois. Pendant vingt et une années j’ai servi dans les rangs de l’armée française. Je suis capitaine de réserve. Les Algériens m’ont élu député à l’Assemblée Nationale française. J’ai même été porté quatre fois à la vice-présidence de cette même Assemblée Nationale, à l’unanimité.
Des Boualam, il en est mort aux quatre coins du monde pour y défendre la France et après cela on ose dire que nous ne sommes pas français. Ma famille est d’origine arabe, sans nul doute, et elle a pris naissance lors de la première invasion hilalienne, il y a neuf ou dix siècles. Ensuite, elle s’est mélangée aux Berbères de l’Algérie. Du temps des Turcs déjà, c’était une famille de « caïdat » très ancienne. J’avais des aïeux « agha » du temps des Turcs.
Au moment de la conquête, mes ancêtres ont combattu la France sous les ordres de l’émir Abd-el-Kader.
Nous l’avions d’ailleurs servi fidèlement, car la tradition veut que ce soient des « Souhalias », tribu dont ma famille est originaire, surtout par l’habitat, qui aient tué l’ « agha » Mustapha Ben Ismaïl. Cet « agha » était le chef des tribus des Semlah et des Douers au service de la France. Très estimé par les Français, il avait lui, rang de général de brigade de l’armée française.
Avec l’émir Abd-el-Kader, les Beni Boudouanes ont participé à plusieurs combats contre les troupes françaises. En 1843, la Médina de Beni-Boudouane a été rasée après un combat qui a duré trois jours contre la colonne Changarnier. Il existe encore dans le douar, la trace d’une tombe d’un capitaine de l’armée française tué à cette époque dans la fraction de mon douar des Taguerboust près de l’oued de Sidi-Bouziane.
Bons guerriers, fidèles à la parole donnée, après la reddition, les Beni-Boudouanes n’ont pris part à aucune sédition.
Après l’arrestation de l’émir Abd-el-Kader, mes parents ont fait leur soumission à la France à Orléansville devant le général Bugeaud. A l’époque, mon arrière grand- père, Aïssa Boualam devait avoir 7 ou 8 ans.
Il fut vite nommé par la France caïd, puis agha. Mon grand-père, Yahia Boualam fut à son tour nommé agha au service de la France et plusieurs de mes oncles étaient caïds. Tous titulaires de la Légion d’Honneur et de nombreuses décorations acquises au feu contre l’ennemi de la France.
Mon grand-père avait reçu de grands honneurs pour avoir maté en 1871 l’insurrection des Beni-M’nasser. C’était l’époque où l’artillerie de marine allemande tirait sur les côtes algériennes pour susciter une rébellion. Même avant 1870, plusieurs membres de ma famille avaient déjà combattu pour la France à Solférino, Magenta…

Il y a eu des Boualam au Mexique, au Tonkin, en Indochine, en Syrie, au Maroc, en Tunisie. Enfin partout où la France portait ses couleurs, des Boualam sont morts pour elle.
Notre entente ne date pas de moi, elle remonte à de longues années.
C’est le 2 octobre 1906 que j’ai vu le jour à Souk-Ahras près de Constantine. Mon père était un engagé volontaire au 1er Régiment de Tirailleurs Algériens. Ensuite, il servit pendant trente-deux ans dans la gendarmerie à cheval. Après être resté treize années auprès de ma mère, j’ai été placé à l’école des enfants de troupe à Saint Hippolyte-du-Fort et à Montreuil-sur-Mer de 1919 à 1924. Un certificat a sanctionné la fin de mes études militaires. La même année, le 2 octobre, je m’engageais à Blida au 1er Régiment de Tirailleurs Algériens. Je suis resté vingt-et-un ans dans les rangs de l’Armée française d’où je suis sorti avec le grade de capitaine de réserve en 1946.
Ma mère et ma famille sont originaires de Ténès. C’est dans cette région que nous possédions le plus de terres provenant d’héritages ou d’achats, dans les Souhalias, les Taouïra, les Seinflta notamment. De mes parents, j’ai eu deux frères. L’un Abdelkader a fait carrière dans l’Armée. Il est mort, il y a quelques années. Le second, Alexandre, dit « Si Lahssen », a été assassiné par les rebelles le 21juillet1956 à Taouïra. Quant à ma sœur, veuve, elle est ici avec moi au Mas Fondu.
Le maire de Ténès m’a marié en 1927. De cette union, j’ai eu trois enfants : Ali et Mohamed. Le troisième, Abdelkader, a été assassiné par les fellaghas le 28 janvier 1958. Le pauvre enfant venait d’être libéré huit jours plus tôt de son service militaire. En juillet 1951, mon épouse est décédée. De mon deuxième mariage, j’ai eu trois enfants également : un fils Djamel et deux filles Anissa et Yasmina.
J’ai choisi « Mon pays la France » pour témoigner de l’Algérie et au bout de ces lignes écrites avec mon cœur, j’ai peur de n’avoir pas su trouver les mots pour convaincre mais j’espère avoir servi ma terre algérienne. Mon épreuve ne sera pas inutile si les Français se penchent sur ces feuilles dans lesquelles j’ai tant mis de ce qui fut l’Algérie française, sur ce témoignage d’un coin de terre d’Algérie qui peut inscrire sur son monument des deux guerres deux mille noms de musulmans morts à part entière pour la France.

Pour ceux qui ont préféré les assassins, ceux qui se sont tus et se taisent, je leur demande une dernière fois s’ils pensent avoir agi vraiment pour le plus grand honneur de la France?
Si oui, je les plains, moi qui sais que chaque soir l’oued qui coule près de ma maison charrie de l’eau rougeoyante et que ce n’est pas dû aux reflets du soleil…


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