DzActiviste.info Publié le lun 6 Jan 2014

Conflit entre Chaambas et Mozabites : l’incurie du pouvoir FLN depuis 1962 !

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Conflit entre Chaambas et Mozabites : l’incurie du pouvoir FLN depuis 1962 !

Par Le Matin

Ce conflit entre deux communautés voisines mais différentes est très ancien. Un rappel de quelques points fondamentaux est nécessaire pour pouvoir envisager sereinement un mouvement vers une coexistence apaisée :

L'incurie du pouvoir algérien a produit la situation explosive actuelle dans la vallée du M'zab.

Les Mozabites sont Amazighs, amazighophones et musulmans ibadites. Ils sont installés dans la vallée du Mzab depuis le 11ème siècle, lorsqu’ils avaient quitté Tiaret (Tahert) suite à sa prise par les Fatimides. Les Chaambas sont Arabes. Ils font partie de la tribu de Banu Hilal, émigrée d’Arabie au 14ème siècle. Ils sont musulmans sunnites.

Pendant la colonisation française :

Les Chaambas ont constitué le réservoir de supplétifs indigènes pour l’armée française pour contrôler le Sahara et contenir la résistance Touareg.

Pendant la guerre de libération nationale, les Mozabites ont fortement contribué à l’effort de guerre pour le FLN, principalement dans le domaine financier. Il était impensable d’envisager une guérilla sur les plateaux rocailleux autour de Ghardaïa et des autres villages mozabites.

Après l’indépendance, les Chaambas avaient investi le nouveau FLN pour la prise du pouvoir dans la vallée du Mzab, tandis que les Mozabites continuaient leurs activités commerciales et industrielles pour le développement du pays.

Les conflits multiformes entre les deux communautés, relancés avec violence dès le début des années 1980, sont principalement dus à la pression démographique, la rareté des terres cultivables dans les palmeraies et des surfaces constructibles. Il est actuellement exacerbé par la montée de l’islamo-intégrisme.

Dans un Etat de droit, ces conflits auraient pu trouver des solutions et surtout la mise en œuvre de processus de prévention et d’arbitrages permanent. Ce n’est pas impossible.

En leur temps, les responsables de ces deux communautés avaient trouvé des solutions : en 1317 déjà, "pour arrêter la guerre, les deux communautés décident de sceller un accord en envoyant chacune un groupe de familles dans l’autre communauté : c’est ainsi que des familles de Melika s’installent dans une partie du Ksar Delbouna à Metlili et des Chaambas envoient des familles à Melika".

Ces conflits, aujourd’hui ouverts à Metlili et Ghardaïa et ceux encore latents dans d’autres régions du pays ont été produits par les options politiques et la gestion désastreuse du FLN depuis 1962. La politique aventureuse de l’arabo-islamisme, la négation de la réalité historique, sociale et linguistique du pays a été engagée par Ben Bella depuis le discours de Tunis («nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes»), avec la bénédiction de Gamal Abdel Nasser.

En 2014, l’évolution de la situation internationale ne favorise pas un climat d’apaisement :

La montée de l’islamo-intégrisme dans la plupart des pays musulmans distille un climat d’intolérance et de violence. Ainsi, pour les jeunes Chaambis, ils sont les soldats de Okba Ibn Nafaa en pays conquis et « les Mozabites ne sont pas arabes, ne sont pas musulmans, ne sont pas algériens » . La suite logique de ce délire : donc une espèce à exterminer, avec la bénédiction de la police de l’Etat algérien. Malheureusement, ce pas a été franchi récemment à Ghardaïa.

La résolution du conflit Chaambis-Mozabites ne saurait se limiter à quelques manipulations et replâtrages par l’intermédiaire de notables locaux corrompus. La résolution du conflit nécessite, dans l’urgence, le renouvellement de tous les cadres de l’Etat et de traduire en justice tous les responsables impliqués dans ces dérives de partialité, ceci afin d’instaurer une confiance mutuelle dans les deux communautés.

La solution de fond pour l’état est simple : assurer le respect du droit dans tous les rouages de l’Etat et particulièrement dans cette région et enseigner aux enfants Chaambis et Mozabites, ainsi qu’aux autres enfants alégriens, l’Histoire de l’Algérie, la vraie, depuis bien avant l’antiquité jusqu’à nos jours.

Cependant, ce serait trop demander au pouvoir actuel, agglomérat de ministres truands, de députés FLN/RND chasseurs de primes et de militaires affairistes. Quant à ceux qui proposent une alternative démocratique et citoyenne, leur silence est plus qu’inquiétant. L’un des candidats à l’élection présidentielle, originaire de la communauté Chaamba, est inaudible sur les perspectives de résolution de ce conflit. Avant les discours sur le «think global and act local» et la mise en œuvre de la révolution internet, il devrait commencer par s’impliquer dans sa communauté avant de prétendre gérer l’Algérie.

Toutes les tentatives actuelles pour gagner du temps par des manipulations politiciennes et des effets d’annonces ne feront qu’accélérer le mouvement du pays vers sa dislocation. L’embuscade El Qaïda, les ingérences pernicieuses des Saouds, Qatar et Koweït réunis ne sont pas une utopie. Le danger est bien réel.

Aumer U Lamara

Physicien


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