DzActiviste.info Publié le lun 3 Mar 2014

Congrès de l’UNPA : Le clan et la cagnotte

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L’UNPA (union nationale des paysans algériens) a tenu son 8ème congrès ce 1er mars où la langue de bois, le clientélisme politique, l’allégeance et l’« aplaventrisme » excessif ont fait de l’ombre aux préoccupations réelles du monde agricole.
Connue pour être créée en 1974 comme organisation de masse qui devait permettre au FLN (parti unique à l’époque) de garder dans son giron le monde paysan et monopoliser la rente foncière à travers la redistribution des terres de la Révolution agraire aux caïds et nababs du parti, 40 ans après et c’est le plus affligent, l’UNPA continue d’exceller dans son rôle d’appendice du pouvoir en place.
Les discours tenus lors de ce 8ème congrès, la manière avec laquelle a été reconduit le SG de cette organisation, Mohamed Alioui, et l’appel lancé au nom de tous des paysans algériens pour le soutien de la candidature de Bouteflika pour un 4ème mandat à la présidence de la République, sont plutôt perçus dans les milieux paysans comme de l’insolence à l’égard du monde agricole.

Privilèges

Le premier ministre, le ministre de l’agriculture et autres gros bonnets du FLN ont tous été présents aux assises de l’UNPA. Leur présence se veut un message adressé aux agriculteurs authentiques et leurs familles qui préfèrent travailler concrètement la terre que d’utiliser leur statut d’agriculteur pour se pavaner dans les hôtels de la Capitale ou participer à des rencontres occultes pour faire et/ou défaire des hommes politiques.
En filigrane, le personnel politique présent au congrès de l’UNPA a voulu faire comprendre au monde rural et paysan que le travail de la terre n’est pas la seule clé de réussite.
En d’autres termes, l’agriculteur doit se joindre au « clan » pour espérer avoir accès aux moyens dont il a besoin pour la modernisation de son exploitation, comme les subventions agricoles, l’accès au crédit bancaire sans contrainte, l’importation de machines et équipements agricoles sans droits de douanes même pour les revendre, etc.

Se sucrer avec l’argent des subventions

C’est la réédition du scénario de la période de précampagne électorale pour le 3ème mandat de Bouteflika.
Le monde agricole se rappelle sûrement la fameuse rencontre organisée à Biskra sur le renouveau agricole et rural le 28 février 2009, à l’occasion de laquelle le président Bouteflika annonça devant une foule « sélectionnée » par l’UNPA l’effacement de 41 milliards de dinars de dettes contractées par les agriculteurs.
A ce jour, cette mesure suscite la frustration et le courroux dans les milieux agricoles et la question demeure posée : Qui sont les heureux bénéficiaires de l’effacement des dettes puisque des milliers d’agriculteurs à travers diverses wilayas du pays dénoncent et affirment avoir été exclus de cette mesure ? La cagnotte a dû servir pour récompenser les amis du « clan ».
Pendant ce temps, le ministre de l’agriculture, Abdelwahab Nouri, se réjouit que l’Etat consacre chaque année 200 milliards de dinars pour le secteur agricole.
Mais, comment sont dépensés ses fonds ? Qui sont les courants qui se sucrent avec l’argent des subventions agricoles ?
Il ne faut surtout pas importuner l’UNPA avec des questions de ce genre.

Classé dans:Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Ressources naturelles Tagged: Bouteflika, effacement des dettes, ministre de l’agriculture, Mohamed Alioui, rente agricole, subventions


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