DzActiviste.info Publié le sam 5 Jan 2013

Consulat de Lyon: La grande débandade.

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En fin de compte, le Consulat de Lyon n’a rien à envier aux autres représentations algériennes à l’étranger, du point de vue de l’incompétence de ses responsables, et du mépris qui est généreusement témoigné à nos compatriotes qui s’y rendent. Tout bien pesé, il n’est ni meilleur, ni pire que les autres. Il est à l’image du régime qu’il représente, et de l’Ambassadeur qui est censé en assurer le bon fonctionnement. C’est du Missoum Sbih tout cru.

C’est la troisième fois que je m’y rends, depuis que je réside à Lyon. Et j’avoue que je suis assez dubitatif. Le sentiment de grande débandade qui semble y régner, est quelque peu tempéré, par la présence, et le dévouement, de certains employés, dont on voit bien qu’ils font ce qu’ils peuvent, pour soulager, un tant soit peu, la détresse de leurs compatriotes qui viennent régler leurs affaires.Ils sont les piliers solides et silencieux de cette grosse machine, qui tourne à grand bruit, en ne produisant que du vent. Un peu comme une vache qu’on alimente à grandes fournées de foin, et qui donne du lait au compte-goutte. On voit bien que les rares employés qui y activent voient bien dans quelle catastrophe ils évoluent, mais ils se taisent, de peur d’être renvoyés au bled, en enfer.

Dès l’entrée, j’ai été un peu surpris qu’un appariteur crie à haute voix le noms des gens qui attendaient de se faire enfin remettre leur passeport. Un peu comme à la foire, comme dans toutes les administrations algériennes, où la discrétion et le sens de la réserve ne veulent plus rien dire. 
Et ainsi, au lieu de trouver une méthode moins sonore, le préposé hurle le nom des gens, qui se bousculent face à lui, comme s’ils allaient rater le train fatidique. Ils sont serrés les uns aux autres, comme des sardines en boite, alors qu’ils auraient très bien pu s’asseoir, et attendre d’être appelés. A croire qu’ils aiment bien se rabaisser, se mettre au niveau de leurs méprisants officiants. 
Ce qui m’a fait rire, jaune, était que le préposé, vraisemblablement un beur qui ne parle ni l’arabe ni le berbère, à moins qu’il ne se sente obligé de faire son petit Français qui interpelle les indigènes de là-bas, prononçait les noms qu’il vociférait comme s’ils lui écorchaient la langue. Il ne disait pas Mohammed, mais Mo’amed, non pas Sahli, en prononçant le « h », mais Sali. Il ne disait pas Fatiha, mais fati’a, et ainsi de suite. Dans un consulat algérien où les employés sont censés être des Algériens, au service de leurs propres compatriotes, j’avoue que j’ai trouvé cette façon de prononcer sa propre langue un peu ridicule. 
Sinon, pour le reste, même topo que partout ailleurs, où diplomates et employés des représentations à l’étranger, ne sont pas désignés en fonction de leurs compétences, mais selon la sacrosainte cooptation du régime, où le cousin, le client, la maîtresse ou celui qui s’est acquitté de la tchippa passe en priorité. Oui, c’est comme ça que ça se passe chez Mac Dolma. Ce pays est leur propriété, ils en font ce qu’ils veulent. 
En tout cas, au Consulat algérien de Lyon, qui est pourtant un immeuble très récent, doté de tout le nécessaire à un bon fonctionnement, l’incompétence est hurlante, et crie ya lil, coucou, je suis là ! 
Mais  le plus déplorable à mon avis, est ce sempiternel phénomène que nous pouvons observer partout où le régime sévit, sous le prétexte de nous servir. C’est la docilité de nos compatriotes, face au mépris et à la pagaille dont ils sont les non moins sempiternelles victimes. Ils ne bronchent pas. Ils se bousculent, se marchent dessus, et marmonnent leurs protestations à voix basse, comme s’ils avaient peur qu’on les tabasse. Cette peur du fonctionnaire colon, qui ne nous a jamais quitté, et qui fait se rengorger les minables et les prétentieux. 
Mais ce jour là, un compatriote, ulcéré par les attitudes de ceux qui étaient censés être à son service,  a voulu déchirer son passeport, en guise de doléance.  Un jeune, qui était avec moi, à attendre depuis plusieurs heures qu’on veuille bien lui mettre un cachet sur une procuration, m’a juré qu’il ne remettrait jamais les pieds au bled, après ce que les douaniers lui ont fait subir au port d’Alger. Pauvres de nous, qui continuons à subir la médiocrité et le mépris de nos administrations et de nos commis. Mais c’est dans l’ordre des choses. Nous méritons ce que nous endurons. Un peuple a toujours les dirigeants qu’il mérite.


DB


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