DzActiviste.info Publié le jeu 2 Fév 2012

CONTRIBUTION A UN DEBAT SUR LES ECHEANCES ELECTORALES

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                              CONTRIBUTION A UN DEBAT SUR LES ECHEANCES ELECTORALES

Dans un contexte international paradoxal, marqué par un aiguisement de la crise du système financier international générateur de probables dépressions dont les responsables ne mesurent la gravité et que l’Algérie sera inéluctablement impactée par la crise et les espoirs de liberté et de démocratie nés dans le printemps arabe et consacrés par le changement des pouvoirs totalitaires, les alternatives au changement radical  dans notre pays tardent à se manifester, en particulier après les expériences non abouties de la CNCD (ou une ébauche de la construction de l’union) de former le large front des démocrates.  

Les citoyens et patriotes s’interrogent : pourquoi l’Algérie n’a pas suivie les changements des révolutions du printemps du monde arabe ? En exprimant, sur le terrain des luttes quotidiennes, une volonté de sortie du statut quo et de l’impasse dans laquelle se trouve la société algérienne.

L’Algérie est à la veille d’un changement radical. Tous les signes  avant-coureurs rappellent la période d’avant octobre 1988. En témoigne le décalage, voire la rupture de confiance entre l’état et la société. Le classement de l’Algérie par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en matière de développement humain, à la 96eme place (sur 187 pays), en 2011, à lui seul résume la condition humaine de la société algérienne.

De légitimes questionnements, souvent contradictoires, surgissent dans le débat sur les élections, sur leur portée, les objectifs définis préalablement, les risques encourus et le minimum de conditions à réunir : quelles est la nature des changements ou réformes proposés par le pouvoir despotique ? Faut-il participer activement aux prochaines échéances électorales, et quels en sont les risques politiques ? Partant de l’expérience collective, ne seront-elles pas, comme les précédentes, entachées d’irrégularités et de fraudes et donc au service exclusif du renouvellement des « institutions » bureaucratiques du système ? Existe-t-il aujourd’hui une menace de remise en cause du caractère républicain de l’état ? Qu’est-ce qui explique les difficultés de construction du rassemblement des démocrates ? Enfin, quelles alternatives, quelles pistes, quelle plate-forme concrète proposées à la société ?

Quelles leçons tirées des dernières élections dans le monde arabe dont l’expérience nous amène à conclure que le formidable potentiel de combat de la jeunesse, en particulier, et des couches populaires, ont vus leurs sacrifices et espoirs, détournés par les partis islamistes, consacrés dans une position majoritaire par l’exercice électoral que certains, par prudence, l’identifie à un vote sanction ?

Face à ces sincères interrogations, Il faut reconnaitre que la démarche de la commission du dialogue national ainsi que la série de textes adoptés et propositions de réformes institutionnelles n’ont produits que l’inverse des objectifs annoncés officiellement, puisque qu’elles non consacrés ni les sacrifices ni les attentes des forces démocratiques, encore moins les nouvelles exigences nées des changements dans le monde arabe.

La question centrale qui mérité d’être abordée, soumise au débat, est celle de savoir en quoi les résultats de ces élections peuvent être une étape vers le règlement de la crise politique profonde qui traverse toute la société et qui exprime, en dernière analyse, le grand besoin du changement radical dans la nature de l’état lui-même. Dans tous les cas de figure, les forces démocratiques ne devront jouer un rôle d’accompagnement d’une reproduction adaptée des forces du système despotique et mafieux.

Durant cette dernière période, le pouvoir a agit par des calculs étroits et tactiques, pour se permettre une hégémonie sur la société et arracher l’initiative aux partisans d’une société démocratique et de justice sociale, tentant d’anticiper sur les évènements, en arrosant les couches et organisations sociales protestataires de la rente pétrolière dans l’unique objectif de construire sa « paix sociale », quitte à ne pas tenir compte des principes et défis de la relance économique et des exigences de la compétitivité industrielle. Le pouvoir ira même jusqu'à exploiter, à ses desseins, les sincères sentiments de paix et de sécurité des citoyens après les traumatisants évènements des 20 années de terrorisme islamiste.

La question demeure posée et soumise au débat : quelle alternative proposée à la société, en attente d’une solution concrète et réaliste.

Scénarios possibles vers lesquels la situation politique pourrait évoluer.

  1. Un scénario catastrophe qui peut survenir dans un contexte politique régional (ou interne) de catastrophe nationale : conflit régional, guerre ou une grave crise économique.  Ce qui exige de poser la nécessité du front intérieur.
  2. Des élections totalement contrôlées par le pouvoir : ces élections ne visent qu’à la reproduction du pouvoir.  La question de la participation ou du boycott est tranchée par les militants et les citoyens. A la seule condition d’une participation effective sur le terrain des luttes. Cette approche se justifie par la nécessité d’une accumulation des forces (construction des organisations) que se soit dans l’option du boycott ou de la participation aux élections.
  3. Une élection de rupture : On peut envisager des changements dans la nature de l’état. Nous devons mieux nous organiser, choisir nos alliés et nous battre pour le changement du système. Ce qui nécessite un rassemblement du camp démocratique.

Dans le cadre de ce scénario, une étape de transition ou un gouvernement de technocrates sont également des possibilités d’évolution et le début de règlement de la situation de crise politique. A notre avis, dans te tels scénarios, toutes les possibilités sont envisageables, même celle d’un référendum  par exemple.

Dans ce travail d’anticipation et de projection des éventuelles hypothèses d’évolution, une autre variable, un taux d’abstention important (ce qui a caractérisé toutes élections passées à l’exception de celle à l’époque de Zéroual), est également envisageable.

Une des questions clés qui reste un point commun à ces trois scénarios est la capacité des forces démocratiques à mener dans les meilleures conditions possible la bataille des élections.

En tirant les leçons des expériences accumulées, l’unique garantie politique réside dans la construction d’un large rassemblement des forces démocratiques, loin des querelles de chapelles, des préjugés et des divisions artificielles. Dans cette perspective, la concertation avec les forces démocratiques, les organisations sociales et les personnalités nationales  devrait être une orientation prioritaire.

Sans attendre le moment des échéances électorales, les démocrates devraient exigés, en premier lieu, le respect des libertés fondamentales qui constituent le socle de la société moderne, l’ouverture des espaces de libertés, la garantie de participation dans les médias lourds et se doter de cadres démocratiques de dénonciation de toutes les injustices et dérives du système despotique.

A la veille du cinquantième anniversaire de l’indépendance nationale, la société algérienne qui aspire à la paix, la justice sociale, la liberté et la démocratie, se prépare à un autre rendez-vous de l’histoire. Elle rejette radicalement le pouvoir despotique, comme elle a rejeté, hier, le système colonial. Il n’y aura pas de miracle et les dictatures ne sont pas une fatalité de l’histoire. Si certaines conditions sont réunies, parmi lesquelles le déverrouillage des champs politique et médiatique, ces élections peuvent créer les possibilités d’une rupture et d’une transition vers une société démocratique et sociale.


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