DzActiviste.info Publié le dim 1 Juil 2012

Contribution par Said Radjef (Tizi-OUzou)

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Said Radjef – Tizi Ouzou Le 30 06 2012

En lisant les journaux qui ont consacré ce wek- end l’essentiel de leurs pages à la commémoration de l’assassinat du défunt président du HCE, Mohamed Boudiaf, je me posais la question si notre presse n’est pas aussi autiste que le pouvoir (civil) qu’elle tente de mettre en cause. D’ailleurs, on se demande à qui écrit la presse, tant il est vrai qu’on ignore s’il y a réellement une opinion publique en Algérie. Bien sur, comme tout le reste du peuple algérien, nous souhaitons que les autorités concernées fassent la lumière sur ce crime d’Etat qui a couté la vie à l’un des principaux membres du CRUA. Cependant, l’approche avec laquelle la presse a évoqué « l’affaire Boudiaf » nous laisse perplexes. On se demande à juste titre s’il y avait un Mohamed Boudiaf avant le 29 juin 1992.

Nous ignorons comment Boudiaf qui était méconnu par la majorité du peuple avant janvier 1992, était devenu en l’espace de quelques jours seulement la star politique de la jeunesse. De même, nous ignorons pourquoi Boudiaf qui connait la nature militariste du régime d’Alger, a-t-il accepté l’offre des généraux putschistes, pour présider aux plus hautes destinées du pays. Il ne pouvait pas ignorer que sa marge de manœuvre serait extrêmement réduite face à des généraux prêts a marcher sur des millions de cadavres d’algériennes et d’algériens pour ne pas perdre le pouvoir qu’ils détiennent depuis plus d’un demi siècle. Nous savons par la suite comment l’armée s’est servi e de Boudiaf pour justifier sa sale guerre, en tuant sommairement des dizaines de milliers d’algériennes et d’algériens , en déportant et en ouvrant des camps d’internements… Mais passons.

Il est certain qu’on ne peut pas parler de Boudiaf tant que de nombreuses zones d’ombre continuent de voiler le 1er novembre 1954. Toutefois, il n’est pas interdit de se poser quelques questions.
Pourquoi Boudiaf qui n’a jamais écrit la proclamation du 1er novembre (qui ne fut en réalité qu’un large extrait d’un discours de Messali contre les Centralistes), n’a jamais rien dit au peuple à ce sujet ? Comment donc Boudiaf dont on dit qu’il fut le rassembleur du peuple au 1er novembre 1954, était incapable de rassembler un chat et demi au lendemain de la proclamation de l’indépendance du pays, pour empêcher l’armée composée d’illustres inconnus d’exproprier le peuple de sa souveraineté ?

Pourquoi Boudiaf, coordinateur du CRUA, a-t-il rejoint la délégation du Caire le 28 octobre 1954 ? L’a-t-il fait de son propre chef ou bien le lui a-t-on ordonné ? Dans ce cas, a quelle tutelle politique le coordinateur du CRUA qui détenait la décision et le destin de la révolutions entre ses mains, a-t-il obéi ? Pourquoi l’a-t-on mis sous tutelle, lui et ses trois compagnons du Caire, du Dr Mohamed Lamine Debagnine dés l’été 1955 ? Est-ce que Boudiaf n’aurait pas ou ne savait pas mener à bien la mission pour laquelle ses compagnons l’avaient investi ?

Pourquoi son assassinat le 29 juin 1992 à Annaba, sur ordre de la junte au pouvoir, soutenue il est vrai par les maitres de la haute finance internationale et de la grosse industrie militaire, n’a pas provoqué un soulèvement populaire ?

Ce n’est pas en brodant la conscience collective avec un tas de mensonges qu’on pourra réaliser le changement. Bouteflika, tout comme Boudiaf, est un serviteur zélé et discipliné du vrai pouvoir entretenu par les injonctions internationales.


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