DzActiviste.info Publié le lun 9 Juin 2014

Coordination d’une opposition et/ou opposition d’une coordination

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Dib boulitiquehaj kaddur yagubi 

Depuis l’instauration du multipartisme, suite aux événements de1989, l’opposition  en Algérie fait penser aux verbes du troisième groupe de la langue française : des éléments groupés dans un ensemble sans commune mesure. Chaque verbe se conjugue à sa façon ! On dit que le quatrième mandat est une négation du peuple. Car le tapis politique a été soutiré de sous le peuple : le pouvoir en allant contre sa volonté, l’opposition en répondant à ses aspirations par insuffisances enchevêtrées et complaisantes. Les gens sont assez conscients pour s’organiser en dehors de ces deux « formations existantes » pour se frayer une troisième voie qui imposera sa voix. Juste ou non, personne n’aura la possibilité de lui demander des comptes.  L’opposition a dû le comprendre. Elle est en train de regarde ses cartes et s’apprête à les ranger selon les exigences de la phase engendrée par le dernier scrutin. L’Algérie est un tout indivisible. Son avenir est entre les mains des opposants. La trajectoire du pouvoir mène à la catastrophe.
Cependant, normalement-nous sommes en Algérie-, l’opposition est un contre-pouvoir. Tout acteur politique trouve cela dans son abécédaire. Une initiative rassembleuse dans ce sens a vu le jour.  Aura-t-elle les coudées franches dans son action ? Vera-t-on les efforts réellement se concentrer pour constituer ce contrepouvoir ? Pourra-t-il être ? Le terrain de croissance de l’opposition n’est  autre que l’ensemble des défaillances du pouvoir, de ses faiblesses et de ses faux pas.  L’erreur  commise par le pouvoir en poussant M. A. Bouteflika à la présidence est une aubaine inespérée pour l’opposition si elle sait démêler le fil de la pelote.  Bien qu’effacée par la pratique du  pouvoir, diminuée, passive, bégayante, l’espace politique lui est maintenant parfaitement ouvert, il lui suffit de le conquérir. Si le chemin, pour cela, est connu du petit citoyen que je suis, il ne peut échapper aux chefs de l’opposition malgré ses divisions, sa désorganisation et son hétérogénéité. La nécessité de serrer les rangs, d’arrondir les arêtes,  d’aplanir le fossé de la communication qui se dresse souvent entre les êtres et tenter de limiter le biais d’interprétation, de briser les remparts et créer des ponts avec tous les « chourafa’ » même ceux qui sont dans les différentes institutions de l’Etat, est plus que jamais ressentie.
Le remaniement ministériel qui a reconduit M. A. Sellal, rebuté  de l’opposition, a été pour cette dernière un stimulant rassembleur. Le plus grand a été fait : l’impossible  rencontre a été réalisée. Il n’y a que le premier pas qui coute. Maintenant les acteurs de l’opposition sont directement  interconnectés. Ils n’ont plus besoin d’intermédiaires pour se connaitre. L’entente reste à faire pour travailler ensemble. La politique de l’opposition vient d’enregistrer sa date de naissance. Les mécanismes du dialogue inter opposition et ses techniques ne seront pas sans âpreté. Pour la première fois depuis l’indépendance l’Etat ne s’est jamais trouvé  dans une situation aussi inconfortable : l’opposition réunit dans ses rangs des sensibilités qui se rejetaient par principe. En éclipsant la querelle de principes, elle s’ouvre de nouveaux horizons vers la conversation politique lucide. Les partis individualisent les expériences, l’opposition les rassemble. Pour la première fois l’aspiration et le devenir du pays ont été privilégiés par consensus. Libre et éclairé a été le consentement. Reste à prendre en cours d’action les moyens proportionnés et appropriés pour la réalisation et  au-delà du final  respecter les contrats pour assurer les buts fixés.

Pris individuellement les composantes de l’opposition ont toujours été incapables de dynamique, on l’a vu, notamment, lors des différentes élections. Ils n’ont pas su profiter de la déception et du mécontentement vis à vis du gouvernement tellement ils étaient déconnectés des préoccupations des habitants du pays en  donnant  toujours la primauté à leurs positions idéologique.
Le  rassemblement est, je crois, la seule façon par laquelle l’opposition pourrait peser réellement dans un rapport de force qui, en ces moments difficiles, n’est pas tellement en sa faveur. L’enjeu est de rendre crédible aux yeux du citoyen l’éventualité d’une politique alternative de l’opposition et de tisser les convergences pour la mener avec les forces prêtes sur l’échiquier. La cohésion-une cohésion dans la diversité- demeure une force incontournable pour mener la véritable bataille contre un pouvoir pérennement  illégitime cause première de la régression sociale généralisée et programmée et mettre à profit le bénéfice du travail des forces complémentaires. Finis les boucs émissaires, il est temps d’avoir de l’attention pour tous les opposants car la trajectoire n’est pas prête  de toucher sa fin. Tous les partis contre le régime oppresseur  sont  dans cette posture, et cela ne dérange personne si c’est pour faire triompher l’idée d’une opposition qui se dépasserait et remettrait ses composantes dans le rôle de foyer politique indispensable.

Dans les années 1990, pour celui qui s’en souvient, 90% des énergies de l’opposition étaient perdues en luttes intestines. Les médias se sont fait un plaisir de les mettre en exergue.  Seul le message de Sant’Egidio a fait exception et sort du brouillé et de l’inaudible habituel. Ce fut un espoir plein d’optimisme! Bien qu’éphémère, il a, depuis, développé une énergie formidable, une ouverture vraie, un sursis tonique. Cette énergie est aujourd’hui en train de se transformer en dynamique politique. Il s’agit de combiner la stratégie d’autonomie et celle du rassemblement du maximum de forces opposées à la politique du gouvernement.

Sant’Egidio a été,  en dépit des divergences de chacun, le moment de créer une dynamique autour de points d’ancrage qui font consensus. Malheureusement, qualifiée de ‘’non événement’’ par le pouvoir, matraquée sans répit par une certaine presse  et l’état de siège aidant, elle a progressé boiteuse. Mais boiteuse, elle a laissé sa trace. La diversification de l’offre politique observée, bien que maigre, s’est prolongée jusqu’aux présidentielles. L’émergence d’une dynamique rassembleuse n’a été possible que lorsque M. A. Bouteflika s’est porté candidat pour un quatrième mandat alors que son état de santé était défaillant.

Face à l’impasse politique que le pouvoir maintient, l’opposition  n’a d’autres choix que de faire preuve de vigilance : différencier l‘information  de la rumeur. S’assurer de la première et cerner la seconde. De conquérir l’initiative politique pour réhabiliter le politique.
La substitution de la nouvelle raison politique à la raison idéologique  réussie en commun,  va certainement libérer le potentiel des individus et de la société dans son ensemble à saisir l’opportunité de fixer un agenda audacieux pour le changement tant attendu. Ces premiers rassemblements le FNC, la coordination, le pole, l’ANC,… sont  un indice de la mutation politique en cours pour sortir du marasme politique où patauge le pays depuis 1991. Ce sont aussi des initiatives qui reconduisent  la créativité au  fait politique et lui donnent sérieux et vigueur. Semblables aux doigts de la main, chacun est nécessaire mais nul n’est indispensable. C’est autant de flèches dans le carquois de l’opposition. Initialiseront-ils  l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie et instaureront-ils, dans leur participation, le respect des règles du jeu définis d’un commun accord pour la bonne gestion de la vie politique ? Par lui, l’opposition  s’ouvre  sur la diversité de la société, y  renforcera-t-elle ses ressources en compétences intellectuelles et politiques ? Arrivera-t-elle isoler la mafia que le système entretient et lui soustraire les dignes fils de l’Algérie ?  Ces derniers trouveront-ils dans l’opposition l’espace adéquat et les canaux suffisants pour mettre leurs potentialités politiques en valeurs et au service de la nation ?
Le maintien par l’opposition de son union et le renforcement de son unité passe par l’autocritique, une autocritique objective, constructive et périodique afin
a) de mieux se comprendre elle-même
b) de délivrer une meilleure image d’elle à l’instar des deux mains qui se lavent l’une l’autre.
La situation nouvelle de l’opposition  bannit tout zaimisme et ouvre des horizons à la pratique politique responsable pour qu’émerge une élite civile, diversifiée et libre, et qui sache manœuvrer dans le terrain politique miné  par le pouvoir et ses acolytes.

C’est autour d’une table que les gens responsables trouvent les solutions adéquates. Lorsque les canaux entre les antagonistes restent ouverts, une ambiance favorable s’instaure et nourrit la confiance indispensable. Cela l’opposition l’a  compris. J’espère qu’il ne tardera pas à être un acquis.

C’est par le dialogue sincère et sérieux que les questions essentielles seront traitées. S’il est bien conduit, le dialogue réussi, améliore puissamment les relations  entre entités politiques. S’il commence face à face, il ne peut finir que côte à côte.

Pour se faire entendre à l’intérieur du pays et avoir un écho  à l’extérieur, l’opposition a du pain sur la planche comme l’on dit.

Changer de Président ne suffit pas. La révision de la constitution, non plus ! L’alternance, si elle ne crée pas les conditions d’un réel changement, ne sert également à rien.  Ce qu’évoquent les optants déterminés pour le changement radical dans leurs différentes interventions, et qui est au principe de leur engagement, c’est le constat, après analyse, de la faillite d’un système. Ils veulent aller au cœur du problème, pour le résoudre littéralement : améliorer les conditions de vie sous une dictature c’est se complaire dans la soumission. Ce n’est pas de grâce ou de faveur qu’il s’agit de bénéficier mais de droits légitimes à arracher et légaliser.

La crédibilité de l’opposition que le pouvoir combat par tous les moyens au dedans comme au dehors est fonction de sa pratique sur la scène politique. Pour se faire un poids à l’intérieur du pays d’abord, à l’extérieur ensuite, elle doit manifester son existence sur le terrain et doit se faire plus menaçante. La radicalité de la position de l’opposition est une nécessité, certains points de sa doctrine doivent être non négociables. Seule une opposition exigeante permet d’aller à l’essentiel.
On dit« Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ». L’heure est au changement. La créativité politique doit conduire mollement à la démocratie pour éviter un nouveau ‘’ choc des ignorants’’. Il sera dur et sanguinaire- celui de 1992 est encore vif et on subit jusqu’au jour d’aujourd’hui  ses retombées. Lesquelles n’ont  pu empêcher certaines choses qui ont eu le mérite d’exister de servir de base pour construire et édifier.
Dans la foulée, le dialogue que le pouvoir veut engager autour de la révision de la constitution est une manœuvre à découvert du régime.  Aller à la concertation version pouvoir est un suicide politique à la Benflis. Il a participé au scrutin en sachant que toutes les institutions de l’Etat étaient perquisitionnées par son principal concurrent. Les pitoyables défenseurs du pouvoir, membres du gouvernement ou non, essaient, en pure perte, de confondre délibérément légitimité et légalité. Le pouvoir a tourné la page de la légitimité pour donner libre cours à ses fantasmes sécuritaires. Le problème est la légitimité du pouvoir et la manière de gérer les affaires du pays.Le seul programme de l’opposition n’est  autre que le changement de régime. Tout le reste est secondaire car il en découle. Aussi toute discussion avec le régime doit se limiter à la manière dont le pouvoir sera cédé à la volonté populaire. Tout ce remue-ménage se fait dans le seul but du passage du pouvoir militaire maquillé en civil à la démocratie véritable où le peuple sera souverain réel. Ce passage sera une vraie révolution. Il peut avoir des retombées diverses. Il faut s’y préparer. Sans union, sans  se présenter en un front uni, ayant définit ses buts, sa stratégie, et ses tactiques, l’opposition  ne serait que tranches de saucisses qui ferait un bonne bouchée pour le pouvoir.
A ceux-là même qui  reprochent à l’opposition « d’essayer » de prendre de la hauteur, nous leur disons, qu’elle  veut seulement essayer d’avoir une vue d’en haut de l’échiquier. Elle n’y peut rien si cela relativise forcément les positions partisanes et les revoie à leur statut de pions au service de leur’’ gourbi politique’’
Ceux  qui fustigent  tous les gens qui proposent des solutions et «  psychologisent » (je m’excuse de ne pas posséder mieux) ceux qui les suivent, oublient qu’ils se renient  par leur geste même. Que peuvent donner ou proposer les petits activistes rationalistes extrémistes qui ne peuvent se faire une opinion et jalousent ceux qui essaient ou arrivent à fédérer les parties et les personnes. Chacun loue son initiative en axant ses efforts sur les différences. Alors que c’est le moment de miser sur ce qui rapproche. Sur ce qui rassemble. D’aucun n’a confiance qu’en lui-même et se croit indispensablement nécessaire ou nécessairement indispensable au moment M de la rencontre avec le pouvoir.
Si de la bonne volonté, du sérieux dans les engagements, de la foi, de l’espérance, du couragede la prudence, de la tempérance, de la force sont autant de vertus nécessaires pour mener à bien le changement que tout le monde réclame, la force de l’opposition réside dans son action dans la cohésion
Devant la capacité de nuire reconnue au pouvoir sera-t-elle en mesure d’élaborer une stratégie efficace pour initier une dynamique citoyenne unitaire en symbiose avec la proclamation du 1ier novembre 1954 et préservant les libertés fondamentales aussi bien individuelles que collectives ? De déclencher le processus et les mécanismes indispensables à instaurer la confiance en soi, en elle-même d’abord et acquérir la  confiance du peuple si vraiment elle entend le représenter ?  La confiance et le respect ne se distribuent pas, ils s’acquièrent. De proposer des idées pratiques, des voies faciles et des moyens raisonnables pour éradiquer  l’illégitimité et instaurer le règne de la légalité ?

Le paysage politique algérien présente une opposition encore balbutiante qui tente de s’organiser et d’être cohérente,  un pouvoir hagard, qui, évidemment, est numériquement faible en termes d’électorat et le reste, représenté par la rue,  est plus ou moins une masse hésitante, informe et sans boussole, à égale distance de l’opposition et du pouvoir. La rue, c’est tout le monde lésé par la propagation de l’abus de pouvoir, de la langue de bois, de la bureaucratie et de la corruption à tous les niveaux et dans tout secteur. C’est aussi tous les abstentionnistes qui refusent  de se diriger vers les urnes pour dire non au vote biaisé, qui donnent de la valeur à leur voix et la respectent. C’est tous ces gens qui n’ont pas trouvé leurs noms sur les listes électorales car l’autorité avait des doutes quant à leur allégeance. Ce sont les 60% à 70%  de la population que la scène politique n’intéresse plus tellement le jeu est défectueux. C’est cette masse du peuple qui ne fait  plus confiance ni au pouvoir ni à son opposition et qui répond à la sourde oreille du pouvoir par des réflexes divers  incontrôlés et incontrôlables, alarmants se traduisant par des grèves, des manifestations, des attentats, des  bavures de toutes sortes qui animent le quotidien de la vie  sociale et politique algérienne, le plus  en vue c’est le phénomène des émeutes

Attend-on de la population un durcissement de ton plus ferme ? Veut-on qu’elle opte pour d’autres moyens d’expression?

Les ‘’microrévoltes’’ qui parsèment le territoire, la poussée des syndicats et des ONG autonomes sont des défis criants au pouvoir et prouvent que  le mur du silence et le seuil de la  peur sur lesquels tablait les putschistes ont été franchis par les algériens pour un non-retour définitif et que le combat continue jusqu’à la réalisation des objectifs : un pouvoir  aux mains du peuple exécuté par ses représentants véridiques sortis de la transparence des urnes, via une honnêteté sensible, sans fard et une liberté responsable.

Maintenant que la rue s’est élevée contre le quatrième mandat et a boycotté le vote, toute manœuvre de l’opposition qui ne va pas dans le sens de la démarcation du système risque de la discréditer. La rue a imposé le boycott, l’opposition fut dans l’obligation de suivre.Aujourd’hui la responsabilité de l’opposition est encore plus engagée devant les dossiers comme le gaz de schiste et les retombées de son exploitation, la sécurité nationale au sein des développements de la situation régionale

La véritable politique ne se trouve pas là où on la cherche : l’A.P.N, les partis ou le gouvernement. Elle prend sa naissance dans la rue dont pouls en donne la mesure et nécessite attention. Dans sa majorité la rue n’attend de l’opposition qu’un pas vers un compromis, en évitant de singer le pouvoir dans sa pratique et de s’installer dans l’arbitraire.

Devant la  gamme de gens qui portent un intérêt vigoureux à la situation politique et sociale du pays, le champ politique a été hermétiquement verrouillé. Loin des centres de débats et de décisions,  méprisée aussi bien par le pouvoir et ses institutions que par une partie  de l’opposition officielle, elle entend se faire valoir, en tout espace qui se présente et par ses propres moyens. Participer à la vie politique par la confrontation des idées à travers les médias ou par l’organisation de soirées, d’expositions, de colloques dans le cadre d’activités partisanes en respectant les marges étroites de la liberté d’expression, de presse et de réunion, officieusement permises par le pouvoir, s’est avéré insuffisant voire stérile pour faire entendre la voix de ces bannis et, encore moins, que leurs revendications soient prises en considération.

Est engagée une action dégagée de toutes compromissions, pour la complémentarité dynamique entre l’action de la rue et celle des partis. Il est cependant indispensable d’insister sur l’accord stratégique partagé dans ce ralliement. En se tournant vers le peuple et son représentant permanent la rue avec ses associations, ses quartiers, ses cités, ses syndicats, et en leur offrant une alternative politique audible et crédible, l’opposition peut espérer accéder à une situation de responsabilité qui lui permettrait de les mobiliser pour le changement radical où chacun pourrait bénéficier des fruits de cette croissance financière par tous palpable mais qui pour la majorité n’est point  profitable.

Tant qu’il se sent en mesure de la mater, le régime algérien ignore la rue. Beaucoup plus il la méprise. Le risque d’une explosion sociale aux conséquences fâcheuses est imminent. Cependant la bonne volonté, la prise en compte des sacrifices du peuple et les défis qui l’attendent servent motiver les différents acteurs de l’opposition à faire de leur mieux pour avancer et acquérir le soutien de la rue.
La stratégie de la patte blanche n’est plus de saison et ne sera plus.  Elle n’a pas donné de résultat. Il est temps de saisir les choses à pleines mains. Il ne s’agit pas d’une poigne punitive mais d’une poigne constructive car on est en droit d’attendre de l’opposition plus que d’observer et critiquer et attendre l’aumône du pouvoir. L’apparition de syndicats autonomes dénote la détermination de la population à se défendre et arracher ses droits. C’est aussi un espoir de voir naitre le pluralisme syndical et prendre forme. Il est impératif pour l’opposition, pour plus d’efficacité, de ne point lésiner sur les moyens pour raccorder le syndical au politique sur la gamme des revendications

Partant de l’expérience acquise depuis ¼ de siècle de la pratique politique du régime, ce système n’a été, n’est et ne sera que perpétuelle trahison et fausse représentation. Aujourd’hui, le quatrième étant acquis, avec la bénédiction de l’Occident, le pouvoir par sa manœuvre essaye de jouer trois cartes essentielles : la première, celle  de la révision de la constitution pour faire oublier son anti constitutionnalité et compenser le fiasco des élections dernières.  Il exploitera le facteur temps, fera appel à tous ceux qui se disent opposants- ils sont nombreux.Après consultation à la Bensalah,  il annoncera les résultats qui ne seront autres que ce qu’il voulait. Le tour sera joué comme fut joué le tour du vote. De mascarade en mascarade, les intérêts du pays sont compromis au grand dam de la population. En menant les consultations individuelles, à la manière d’un toubib ou d’un guérisseur, sans passer par une séance plénière souveraine où participeraient toutes les sensibilités sans exclusive, autour d’une table  en forme de cercle qui donne la priorité à l’égalité- car il n’y a ni premier ni dernier autour  d’un cercle- , où seraient débattues toutes les questions essentielles et où serait lu le texte final d’approbation, nous n’aurons pas vraiment, pour ne pas dire pas du tout, fait le premier pas vers la démocratie

La révision de la constitution a un seul côté sérieux. Il réside à dévier l’attention publique de ce qui se passe d’important dans le pays et dans la région. Sans recourir au peuple et sans l’informer des nuisances de ces opérations lesquelles auront un impact néfaste irréversible sur le plan écologique et partant humain. Comme si les retombées des essais nucléaires français n’étaient pas suffisantes dans la contamination de régions entières du Sahara algérien. Et  comme si le quart de siècle de ‘’lutte ‘’ contre le ‘’terrorisme’’ n’a pas conduit le pays à une catastrophe multidimensionnelle. L’autorité algérienne a autorisé l’exploitation en Algérie du gaz de schiste par des sociétés françaises   D’aucun n’ignore que la France possède des gisements énormes en gaz de schiste dépassant de loin  ceux de l’Algérie. Mais elle préfère protéger le citoyen français et respecter la décision de son parlement qui en  a refusé l’exploitation  en France. C’est la deuxième carte.

La troisième : la participation de l’Algérie à ‘’la guerre contre le terrorisme’’ en Afrique. Déjà on parle de troupes algériennes en Lybie auprès des américains et des français. Sans doute, l’état-major sera du lot des français et des américains. Les troupes, des algériens. Ce sont-elles qui affronteront les feux ‘’ennemis’’. Les morts seront de notre lot. Ils seront vitement remplacés. C’est la troisième carte. Je me rappelle en 1991, l’hebdomadaire satirique Essah Afah (interdit après le putsch) avait soulevé le problème des détenus algériens au Maroc suite à  la fameuse bataille d’Amgala en 1973 et depuis, totalement oublié par le pouvoir. Les événements de 1991 et le coup d’Etat ne nous ont pas permis de suivre l’affaire. Et nous ne savons pas s’ils ont été libérés ou s’ils croupissent encore dans les prisons royales.

De toute façon la fuite des deniers du peuple continue. Les rumeurs disent que certains hauts responsables ont en profité pour mettre dans leurs comptes à l’étranger de quoi assurer le restant de leurs jours si les choses tournaient au vinaigre dans le pays. Il en est  même qui ont déjà  envoyé leurs familles hors du pays.

Comme on vient de le voir le terrorisme aura une place de choix dans la politique du nouveau(!) gouvernement pour exécuter l’agenda sur lequel table l’Occident pour dominer la région et bénéficier du soutien de cet Occident (toujours) en guise de légitimité.

Que l’on s’en tienne aux objectifs affichés ou aux objectifs implicites, le pouvoir continue dans sa moisissure, par rotation de ses visages de bois, véhiculant les mêmes idées, proposant les mêmes recettes, générant l’injustice et gérant par la violence.

Pour le pouvoir, le changement en lui-même est une menace qui lui fait peur et l’oblige à se protéger. Une peur non  passagère qui fera appel à ses vieux réflexes insidieux : implosion de l’opposition. Même si le quatrième mandat l’a pleinement diminué : des éléments importants de la tête du DRS ont été vidés, l’incapacité du président menace l’unité et l’uniformité de cellule pensante, le groupe gérant ne sera plus à l’abri des divergences. Ce qui avantage énormément l’opposition, même si le pouvoir ayant conscience de ses faiblesses va pousser à la violence et l’utiliser. N’oublions pas que dans l’éthique du pouvoir la politique c’est comme l’espionnage tout est permis
Sur le plan extérieur, le vent du changement n’a pas cessé, il continue de souffler. Entre la crise que connait l’Occident et qui est capable d’y  provoquer des  mues régressives certaines, et les révolutions dans nos pays arabes, label d’une émergence démocratique, le monde est en train de vivre des événements que nous pouvons qualifier sans gêne d’historiques.
Une à une, les dictatures dans le monde, quittent  la scène politique. L’Amérique latine et  l’Europe de l’Est ont précédé les pays arabes. Le Printemps arabe reflète les revendications des gens pour plus de liberté politique certes, mais aussi pour une économie plus égalitaire et plus juste donnant au citoyen accès à l’emploi, à l’éducation et à la santé conformément à la dignité de la personne humaine.
Nos voisins du Maghreb du nord ont tous fait la mue. Chacun à sa manière. Mais mue il y a eu ! Ce qui nous réconforte. Toutes les causes intérieures qui étaient favorables au pouvoir oppresseur ont disparues. Seuls  les souteneurs occidentaux continuent à leur venir en aide par  intérêts. Mais si l’opposition n’est pas en mesure de s’imposer au pouvoir intérieur et si elle ne reflète pas les aspirations populaire, il est dans la natures des choses que l’extérieure ne lui accorde que peu d’attention.
L’Occident a toujours été égal à lui-même : la  primauté de ses intérêts et son esprit colon déterminent le pourquoi et le comment de ses relations avec les autres. Les Valeurs Universelles exaltées par la pensée occidentale sont relativisées et instrumentalisées par leurs gouvernements, selon les enjeux politiques ou/et économiques. Sans le soutien de l’Occident  aux régimes révolus, les peuples accablés se seraient débarrassés de leurs dictatures depuis belle lurette. . La France ne peut faire partie de la  solution,  elle est la source vraie du problème.
Les illuminés, les passionnés, les mercantiles, les opportunistes perdent leurs atouts quand la liberté responsable irrigue la société et veille sur elle. Lorsque les citoyens sont occupés par les idéaux communs dignes de la grandeur humaine et de la Nation, les charlatans et les troubadours de la politique n’ont plus d’emprise du tout.

En œuvrant dans le sens de l’articulation entre la théorie et la réalité pourl’émergence progressive d’un Etat de droit nous percevons la responsabilité d’une opposition politique adulte, mature, en symbiose avec le mouvement social. Les approches sont multidimensionnelles et demandent, en amont, une investigation critique particulièrement intransigeante  ayant pour but l’amélioration physique, intellectuelle et morale du sort de tout citoyen.

Pour rendre possible l’existence d’une conscience citoyenne et d’une société civile vivante et efficace pour défendre et promouvoir  ses droits, l’opposition s’est dressée unie contre le pouvoir et proposer une alternative sérieuse pour la promotion de l’algérien afin de lui permettre de vivre en homme libre et responsable. Si l’humanité, l’égalité, la charité,…sont pour le pouvoir monnaie étrangère, l’opposition doit investir au contraire sur nos valeurs humaines et raffermir son sens du devoir et durcir son mépris des petites gloires. La course au pouvoir demande plus d’intelligence, de finesse et surtout du génie. La liberté inconditionnelle, fondamentale et responsable, toutes les institutions de l’Etat doivent la défendre et garantir. Le citoyen en a besoin pour découvrir sa dimension humaine, s’y épanouir et vivre sa particularité humaine.
Née coordination de l’opposition, en peu de temps, la pratique du pouvoir s’est heurtée à l’opposition de la coordination. Cette lutte pour le triomphe de la justice va bouleverser de fond en comble l’existence dans le pays. Le regard fasciné jadis par l’avoir sans le devoir va se trouver  aujourdh’hui séduit par la vie : il faut que  ce rebut d’homme qu’est le pauvre démuni puisse devenir un homme.

Une dose  d’optimisme s’annonce nécessaire car l’optimisme pousse les choses dans le bon sens.  Les pessimistes versent souvent dans la pusillanimité et n’osent rien entreprendre. Car le pessimisme est en même temps cause et conséquence. Avec ses propres moyens, l’opposition à tous les atouts pour réussir à convaincre une quantité critique de personnes qui engendrera l’effet de masse exceptionnel escompté. Optimiste ? Utopiste ? Qu’importe ! Le présent qui nous entoure est une utopie du passé. Tout futur est une création d’utopistes ;  Pour changer, il faut y croire ; croire est la première manche, il faut faire confiance en la potentielle bonté et abnégation humaine.

 

 


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