DzActiviste.info Publié le mar 26 Mar 2013

Corruption en Algérie : Lettre ouverte de Saïd Aït Abdallah à Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU

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Aït AbdallahMonsieur BAN KI MOON,  le Secrétaire Général de l’ONU,

Avec copies adressées à :

Mr OBAMA, président des Etats Unis d’Amérique.

Mr HOLLANDE, président de la République Française.

Messieurs les Présidents et chefs de gouvernement de l’Union Européenne.

Messieurs les Présidents et chefs de gouvernement de l’Union Africaine.

Mr le Pape FRANCOIS.

Organismes mondiaux de lutte contre la corruption.

Presse nationale et internationale.

 

Objet : Lutte contre la corruption en Algérie

 

Dans le cadre de la lutte mondiale contre la corruption et en vertu de la Charte des Nations Unies qui consacre les principes universels des Droits de l’Homme, j’ai l’honneur et le devoir de vous interpeller.

Comme tout le monde le sait et, vous beaucoup plus Monsieur le Secrétaire Général, combien ce fléau a été dévastateur pour bon nombre de pays dont les peuples ont été affamés et poussés à la révolte, entrainant des conflits sanglants.

Les exemples très récents des révolutions arabes, qui n’ont pas manqué d’éveiller toute la conscience de l’Humanité prouvent, si besoin est, toute l’étendue et la tragédie de ce terrible fléau qui risque encore d’endeuiller le monde si des mesures efficaces et urgentes ne sont pas entreprises.

Toutes les femmes et les hommes qui mènent ce combat tant au sein d’organisations Etatiques ou non gouvernementales, connaissent combien l’aventure est longue, difficile, extrêmement périlleuse, très souvent le sacrifice de la vie lorsqu’il s’agit des  corruptions d’Etats.

J’ai abordé les révolutions arabes, qui sont intéressantes à plus d’un titre car c’est les pays les moins corrompus qui se sont effondrés face aux révoltes, alors que l’Algérie classée parmi les pays les plus corrompus au monde, et bien que soumise à des révoltes quasi permanentes depuis plus de 50 ans se donne l’image et l’exemple de bonne gouvernance et de démocratie.

J’ai mené un combat de plus de 35 ans contre cette corruption d’Etat, et je suis extrêmement frustré lorsque je prononce le mot Etat, car en réalité, on ne peut pas comparer une association de brigands et bandits de grands chemins à un Etat et ses institutions.

Je ne tiens nullement à encombrer votre organisation avec tous les éléments de preuve amassés durant toutes ces années, je me limiterai seulement à quelques éléments de preuves qui ne manqueront pas de marquer l’esprit des experts mondiaux et qui relève de la plus haute trahison dirigée contre la jeune nation algérienne.

Le 15 Juin 1978, dans le cadre de mes fonctions, j’avais interpellé le ministre du tourisme, membre du gouvernement sur une grave affaire de corruption en liaison avec la société espagnole Levantinas qui activait dans le secteur, ce qu’il confirme dans sa mise au point parue dans le quotidien Le Matin du 02 février 1993 et déclarait  en ces termes :

<<  Monsieur AIT ABDALLAH m’a posé le problème Levantinas et j’ai pris bonne note>>. (Pièce n°1)

Lien :

http://www.facebook.com/said.aitabdellah/photos#!/photo.php?fbid=108669722546512&set=a.108669395879878.17692.100002104548864&type=3&theater

 

 

 

Le 19 Février 1979, le directeur financier du ministère interpellé également dans cette affaire, me répond en ces termes : <<concernant les contrats passés avec la société Levantinas, vous tenez des propos diffamatoires graves>>.  (Pièce n°2)

Lien: http://www.facebook.com/#!/photo.php?fbid=388590567887758&set=a.142793279134156.37621.100002104548864&type=3&theater

Le 20 Mai 1979, j’avisais le nouveau ministre du tourisme également membre du gouvernement Abdelmadjid ALLAHOUM sur cette grave affaire. (Voir mise au point paru dans l’Hebdo Libéré du 23 Janvier 1991). (Pièce n°3)

Lien : http://www.facebook.com/home.php#!/photo.php?fbid=448662848547196&set=a.448662695213878.1073741825.100002104548864&type=1&theater

Le silence entretenu par ce dernier dans cette affaire, compte tenu du fait que celle-ci  se déroulait dans un département sous ma responsabilité, je ne pouvais laisser libre court à des agissements d’une telle gravité, dès lors, cette affaire sera portée à la connaissance des plus hautes autorités relevant de la présidence de la république, en l’occurrence le haut conseil de sécurité en date du 25 Novembre 1979.

Juste après cette intervention, le 29 Novembre 1979 une expédition punitive me visait, ainsi que mon foyer, cette action avait couté la vie d’un bébé.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=rnGz5QlRnOo

Cette action venait de renforcer de manière absolument certaine que tous les enfants de l’Algérie étaient en danger et  je considérais que ma mission de combattre le système était une question de vie ou de mort. Quoiqu’écarté du secteur touristique, le travail de sape que j’avais mené ne pouvait qu’aboutir au scandale de l’affaire Levantinas.

Toutes les réalisations concernant la société Levantinas ont été bloquées et un procès s’en ait suivit. (Voir El Moudjahid du 27 janvier 1982 relatant le dénouement de l’affaire Levantinas, sabotage économique, châteaux en Espagne).

Lien :

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.108670249213126.17693.100002104548864&type=3#!/photo.php?fbid=388590414554440&set=a.142793279134156.37621.100002104548864&type=1&theaters

En plus d’une dizaine de projets complétement paralysés, des dizaines de milliards furent dilapidés à l’Etat Algérien.

 

Ce n’est qu’à travers une lutte sans merci que deux années plus tard, le ministère du tourisme était contraint de déposé plainte contre la société Levantinas par l’intermédiaire de son avocat Maitre Kobtan qui avait jugé que cette affaire relevait d’une exceptionnelle gravité. (Voir dépôt de plainte en date du 3 Avril 1983    ). (Pièce n°4).

Ces mises en scène qui frisent le cynisme et qui dépassent toutes les limites du ridicule demeurent les procédés fétiches du régime dans toutes les grandes affaires de corruption: «  conclure des contrats bidons, transférer des milliards vers des banques étrangères et souvent vers des paradis fiscaux, pour ensuite s’alarmer et constituer des avocats bien rémunérés pour couvrir leurs rapines. » (Voir à ce sujet l’affaire de l’Institut Pasteur d’Algérie, de l’affaire Aletti, de Khalifa et de plusieurs autres).Il est clair qu’on a permis à une société étrangère dont les dirigeants étaient en réalité des agents du cabinet noir de liquider les patriotes algériens et de détruire les infrastructures économiques du pays.

Dans un pays digne de ce nom, un tel engagement patriotique au service de la nation, ne peut susciter qu’admiration et respect voir le tapis rouge, ce n’est malheureusement pas le cas dans un pays assiégé par des traîtres. La mission assignée à cette secte, était d’anéantir tous sens de dignité et d’honneur chez l’algérien et de le réduire à un pitoyable déchet humain vil et soumis.

Face au venin de la trahison, je n’avais pas d’autres choix que de m’adresser à la justice de mon pays. Malgré toutes les pressions qui vont s’exercer sur elle, elle tenait nullement à s’associer à un océan de boue et me rendra justice.

Le  ministre de la justice demande au ministre du tourisme de connaître les raisons de la non-exécution d’une décision de réintégration à mon poste de travail bien que celle-ci soit revêtue de la forme exécutoire. (Pièce n°5)

Lien :

http://www.facebook.com/home.php#!/media/set/?set=a.108670249213126.17693.100002104548864&type=3

Durant 15 années, toutes les décisions de justice seront confirmées par la cour suprême.

De  1985 à 1994, toutes les institutions Algériennes seront mobilisées, la justice, l’assemblée nationale, les partis politiques, la presse dans sa majorité, poussant même le ministre de la justice à demander le concours de la force publique, avant de buter sur le cabinet noir représentant le pouvoir militaire. Voir la réquisition de la force publique en date du 27 Mars  1994 (pièce n°6).

Lien :

http://www.facebook.com/home.php#!/photo.php?fbid=108670659213085&set=a.108670249213126.17693.100002104548864&type=3&theater

Je ne manquerai pas également de mentionner cette mobilisation de la presse qui a relaté fidèlement ce combat qu’elle avait qualifié d’extrêmement violent et des plus titanesques. (Voir article pièce n°7)

Lien : http://www.facebook.com/photo.php?fbid=108670049213146&set=a.108669395879878.17692.100002104548864&type=3&theater#!/photo.php?fbid=113929322020552&set=pb.100002104548864.-2207520000.1364047079&type=3&theater

Le président Bouteflika sera interpellé le 23 Mars 2000 sur la quotidien Liberté pour arbitrer cette affaire avant de s’avérer lui et son équipe des adeptes les plus entreprenants dans l’expansion du terrible fléau de la corruption.

Lien :

http://lequotidienalgerie.org/2011/12/25/le-combat-dait-abdellah-une-lettre-ouverte-restee-sans-reponse/

 

Son silence et celui de son gouvernement s’inscrit dans une piteuse indignité.

En 2009, la presse internationale notamment l’hebdomadaire Marianne prend le relais avant que  Maître Bourdon, avocat au barreau de Paris, ne se saisisse de l’affaire et adresse une requête à l’instance onusienne.

Lien :

http://www.kassaman.com/article-lettre-de-l-avocat-de-m-ait-abdallah-victime-du-systeme-mafieux-74097060.html

 

A travers ce résumé succinct, c’est l’exemple vivant d’un fonctionnaire Algérien qui met à nu le caractère violent, arrogant, traître , sanguinaire du régime d’Alger dans sa politique manifeste et absolument délibérée de briser toute volonté s’inscrivant dans la construction et le développement de la jeune nation Algérienne.

Mr le secrétaire général, voilà quatre années que cette affaire a été soumise aux rapporteurs spéciaux de l’ONU, et à ce jour il n’y a eu malheureusement aucune suite.

Ce fait est très intéressant à signaler pour rappeler à tous ceux qui combattent ce fléau, de mesurer le chemin à parcourir et le prix à payer. Depuis 1979, avant même de renter dans l’arène face à la machine de la mort, j’avais parfaitement mesuré ce prix, et face aux terribles enjeux auxquels était confrontée la jeune nation Algérienne, j’étais prêt à tous les sacrifices et d’aller jusqu’au bout.

Malgré toutes les violences et les tragédies vécues presque quotidiennement et qui réclamait vengeance, j’avais tenu à garder la tête froide car profondément convaincu que de telles pratiques n’avaient  pas d’issue et qu’un jour ou l’autre, ces suceurs de sang seront rattrapés par le temps et l’histoire et répondront de leurs crimes.

Face à cette mort programmée, beaucoup de mes compatriotes y ont  laissé leur vie, d’autres fauchés à la fleur de l’âge par les chars, certains vont sombrer dans le suicide et la folie, d’autres dans la violence des armes, si ce n’est s’offrir aux requins des mers, alors que d’autres miraculés survivants, après avoir traversés le triangle des Bermudes arrivent à l’ONU pour demander justice et raconter les horreurs de la mort.

Tout au long de ce périple infernal qui s’étalera sur plus de 35 ans, marqué par tant de crimes, d’injustices, ponctué de cynisme, je ne pouvais me résigner à ce devoir sacré de combattre jusqu’au-delà des limites humaines pour ne point faillir.

Des traces indélébiles de mon sang et celui de mes enfants constituent des repères forts, plantés tout au long de ce périple, pour que celui-ci ne soit jamais travesti.

Jamais il ne le sera, grâce au génie des hommes et l’avènement prodigieux d’internet.

Comme ce message, en guise de testament de BENOIT XVI adressé à la conscience humaine, extrêmement éprouvé par la souffrance des peuples et la corruption.

Mr la secrétaire Général, jamais au grand jamais, un seul de mes concitoyens ne serait tenté par un tel périple sans avoir ressenti ces terribles et atroces souffrances, cette arrogance, ce mépris, ces étreintes mortelles qui cernent son destin.

Ce témoignage qui s’inscrit dans la défense et la sauvegarde des valeurs universelles constitue un éclairage parfait à toute la communauté mondiale pour mieux comprendre la tragédie du peuple Algérien.

Aujourd’hui Mr le Secrétaire Général, le régime d’Alger qui caracole à la tête des pays les plus corrompus du monde et qui vient d’être éclaboussé par d’énormes scandales de résonnance planétaire est le signe le plus évident de sa fin de règne.

Même lorsque la conscience collective faillit, il y a des combattants Mr le Secrétaire Général, guidés par de profondes convictions, n’ont jamais forcés le destin pour provoquer des rendez-vous sacrés avec l’histoire.

Le Temps et l’Histoire ont été de tout temps des JUGEMENTS INFAILLIBLES.

Veuillez croire Mr le Secrétaire Général en ma très haute considération.

Le 25 Mars 2013

Saïd AIT ABDALLAH.

Email : s.aitabdallah@laposte.net

 


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