DzActiviste.info Publié le mar 27 Mai 2014

Crise Berberiste de 1949 par Maitre Rachid Ali Yahia

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Crise Berberiste de 1949 par Maitre Rachid Ali Yahia

Le Modèle d'Algérie Arabo Musulmane de Messali en conflit avec le Modèle de l'Algérie Algérienne des Berbéristes. Messali Hadj, patron du PPA au caractère centralisateur, portait en lui l'organisation nationaliste en luttant pour l'indépendance. Mais il tend à gommer tous les particularismes, en puisant ses thèses et ses idées d'un mouvement baathiste (de Baath : Renaissance en arabe), parti politique au pouvoir en Irak et Syrie depuis les années 1960. Il fut créé à Damas dans les années 40 par le chrétien Michel Aflak et le Musulman sunnite Salah Al Din Bitar. Le Baath devient lune des principales expressions du nationalisme Arabe révolutionnaire. L'unité Arabe avant tout, dans sa doctrine. Que les peuples arabes forment une seule nation aspirant à constituer un Etat et à jouer un rôle spécial dans le monde. De sensibilité laïque, le Baath admet cependant le rôle que l'Islam a joué dans l'arabisme et encourage le socialisme. Il est aussi en faveur dune démocratie pluraliste et délections libres. Toutefois, le père du mouvement nationaliste algérien, na retenu ni les principes de laïcité, ni les sensibilités populaires, telle la berbérité, la démocratie pluraliste et moins encore les élections libres. Messali était aussi sous la houlette de Chekib Arslane, un émir oriental qui s'imposera comme son tuteur et l'entraînera vers l'identitarisme religieux. En considérant l'arabisme et l'islamisme de l'époque comme des ferments nationalistes. Ce mouvement nationaliste est responsable de la réorientation du nationalisme radical de lENA, vers un nationalisme moins marqué par les philosophies des Lumières, et par les esprits libéraux, qui fondèrent les déclarations des droits de la citoyenneté depuis le XVIIIe siècle. L'Algérie Algérienne Ceci étant, la négation de la dimension berbère : identité, culture, langue se fait au profit dune définition arabo-Islamique de la nation algérienne, socle dune idéologie à caractère national, populiste, dont les fondements se situent dans le panarabisme. La régression s'accélère et s'approfondie avec la montée de cette idéologie, synonyme d'apartheid, fascisme et racisme. Aujourd'hui, on peut l'affermir et sans crainte de se tromper que l'Arabo-Islamisme fait le lit du terrorisme. La prédominance exclusive de la vulgate Arabo-Islamiste exclue l'entité Amazighe sur le terrain politique et social. On reproche à la thèse Algérie algérienne qui remet en cause le concept de l'Arabo- Islamisme par le fait quelle a éclaté en France, chez les cadres de l'immigration, et qui na pas touché les militants d'Algérie, pas même en Kabylie, région pourtant particulièrement concernée. Car en France, il y a l'hypothèse des effets d'influence de la société F++rançaise (laïcité, position des jeunes intellectuels berbères en France, en rupture avec les coutumes religieuses et les traditions familiales, volonté de sortir d'un nationalisme jugé trop étroit pour l'intégration plus grande aux luttes sociales en France). Peu importe, après la défaite politique des auteurs de la thèse Algérie algérienne devant la direction du PPA, qui n'est pas d'ailleurs la conséquence de la faiblesse de leur proposition, mais celle de la fragilité dune Algérie colonisée, désorganisée, aliénée, pauvre culturellement, incapable de vivre pour elle-même et de se doter dune identité structurante propre. En tout état de cause, l'Algérie Algérienne était et demeure une élaboration généreuse, authentique, incarnant totalement la dimension quelle veut porter. La Crise Berbériste éclate En 1949 : Ali Yahia Cid dit Rachid, étudiant en droit à Paris et membre du Comité directeur de la Fédération de France du PPA/MTLD, réussit à faire voter une motion dénonçant le mythe dune Algérie arabo-islamique et défend la thèse de l'Algérie algérienne. Elle est acceptée à une majorité écrasante : 28 voix sur 32.« A la fédération de France du MTLD, il y avait 32 membres dont 28 à l'initiative de Rachid Ali Yahia, étudiant, et sous l'impulsion de militants Berbères notamment Benaï Ouali, Ferah Ali, Oubouzar et d'autres, disaient « nous nous battons pour la démocratie, la laïcité, l''indépendance et pour une Algérie algérienne ». Messali et ses partisans, y compris ceux du comité central, disaient « l'Algérie est un pays arabe. Elle doit se tourner vers les pays du proche orient, devenir une composante de la nation arabe. L'Algérie est un pays musulman, il faut promouvoir la religion musulmane ». Et les responsables kabyles même ceux faisant partie de l'O.S, disaient « oui, aux revendications berbères mais pas de façon prématuré, il faut d'abord obtenir l'indépendance avant de poser le problème berbère ». )


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