DzActiviste.info Publié le jeu 22 Août 2013

Culpabiliser les victimes en détournant notre attention des vrais responsables de la gabegie généralisée.

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Corruption1El Houssine Agour

La proposition de M. Belkacem Sahli, secrétaire d’Etat auprès du ministre algérien des Affaires étrangères (*), en faveur de la création d’une banque au profit des ressortissants algériens établis à l’étranger, est une vraie fumisterie, comme toutes celles initiées par le pouvoir illégitime qu’il représente.

Il exhorte la communauté à « s’impliquer davantage dans les efforts visant à la protection de l’économie nationale. »

Ce discours est bien connu : il s’agit de culpabiliser les victimes en détournant notre attention des vrais responsables de la gabegie généralisée.

La gangrène de la corruption a contaminé tous les secteurs de l’économie algérienne : banque, infrastructures autoroutières, hydrocarbures, produits pharmaceutiques, télécommunications, pêche, … Est-il nécessaire de rappeler certaines « têtes d’affiche » tristement célèbres dans la rapine de haut vol : Abdelmoumène Khalifa, Naguib Sawiris, Chakib Khelil, Farid Bedjaoui, Bouguerra Soltani, … Sans omettre le domaine très opaque des contrats d’armement qui relève directement de la haute hiérarchie militaire et, de par sa spécificité, échappe totalement au dispositif de contrôle parlementaire supposé valider les engagements budgétaires de l’Etat.

Les nombreuses affaires liées aux marchés publics (souvent révélées par la presse et la justice des pays partenaires) ne constituent qu’une partie émergée des subtils montages mafieux dont la vocation n’est pas d’assurer « la protection de l’économie nationale » comme semble l’insinuer M. Sahli.

La proposition de M. Sahli procède d’une manœuvre bien connue qui consiste à nous faire passer les vessies des « décideurs » pour des lanternes. Pendant ce temps-là, la rapine progresse, la corruption est érigée en mode de gouvernance, et M. Sahli est chargé, comme tous les zélateurs du Système, d’en assurer le service après-vente.

De qui se moque-t-on quand on exhorte les algériens (résidant sur le territoire national ou à l’étranger) à plus d’efforts quand ces « décideurs » disposent à loisir des deniers de l’Etat algérien : au mieux ils accordent 5 milliards de dollars au FMI pour financer les plans de sortie de crise, au pire ils alimentent leurs comptes off-shore.

Au passage, on continue  à « plumer » nos ressortissants en siphonnant leurs maigres ressources.

Supposé chargé, entre autres missions, de  «l’amélioration des conditions d’accueil de la communauté nationale établie à l’étranger», M. Sahli ferait mieux de se préoccuper des réelles attentes de ladite communauté ; il serait bien inspiré de commencer par intervenir en faveur d’une réduction du prix du billet d’avion qui culmine à des sommets inaccessibles pour les familles de conditions modestes.

Après plus de cinquante années d’errance, le régime est devenu moribond, à l’image de celui qui l’incarne à sa tête depuis trois mandats (voire prolongation, si affinité !)

Cependant l’espoir d’une probable éclaircie est toujours permis. Encore faudrait-il que l’on veuille prendre la voie du changement, du changement pacifique, bien entendu. On pourra s’inspirer raisonnablement des transformations qui s’opèrent actuellement sous nos yeux.

A titre anecdotique, on pourra se souvenir de cette campagne de publicité visible sur les murs du métro parisien à la fin des années 80. La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), celle-là même en charge également de l’exploitation de l’actuel métro d’Alger, faisait sa propre promotion à travers une campagne d’affichage vantant son savoir-faire et ses compétences en matière d’organisation. Le message non subliminal, était accompagné d’un dessin représentant un magnifique félin, seigneur de la savane, dans une posture triomphale. Le croquis était accompagné d’un commentaire où l’on pouvait lire en substance : « L’espace appartient à celui qui l’organise …»

Slogan à méditer ! Tout particulièrement, en ce moment précis où les algériens commémorent le  57ème anniversaire du Congrès de la Soummam et rendent hommage aux martyrs de la Révolution, ceux qui avaient entamé dignement et dans la clandestinité la lourde tâche d’organiser le nouvel Etat algérien !

 

(*) Voir article publié le 20-08-2013 dans le journal El Moujahid  http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/45134

 


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