DzActiviste.info Publié le sam 6 Avr 2013

Dans notre pays, tout est faux.

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Par Said Radjef

 

escrocDans notre pays, tout est faux. Mais tout le monde fait semblant de ne rien voir. Ce qui caractérise l’Algérie, contrairement aux autres nations secouées par les crises et les fractures sociales, c’est l’absence de l’Etat, de l’école, de l’armée, d’une classe politique, d’une élite intellectuelle. Les seules choses qui n’ont pas encore perdu leur signification, sont la ruse, les faux semblants, les connivences, la traitrise, le mensonge, l’imposture, la cupidité, la soif de s’enrichir à n’importe quel prix…Il n’y a pas un gramme d’authenticité et de dignité dans notre pays. Même l’intelligence et l’idiotie ont perdu leur sens chez nous. Si dans les temps lointains il fallait flatter le roi ou un membre de sa famille pour accéder à un rang social aisé, aujourd’hui il suffit juste d’être un larcin ou un pilleur sans état d’âme pour faire partie des cercles privilégiés du pouvoir occulte. L’art, le talent, le génie et la compétence ne valent plus rien. Un brigand et un trabendiste ont plus de poids et de crédit dans la société que le meilleur des universitaires algériens. Il ne faut pas vous interroger pourquoi tous les jeunes du village rêvent d’être des brigands, des salopards et des mercenaires, parce que dans notre pays il n’y a pas d’avenir dans le savoir, la science et la légalité.

Chez nous, ce sont les loups qui crient aux loups. Sauf qu’en Algérie tout le monde est loup ; il n’y a pas une seule brebis à des milliers de kilomètres à la ronde. Quel meilleur exemple pour illustrer ce que je viens de dire que cette presse bien pensante dont tous les éditeurs sont étroitement liés à des affaires de corruption et de trafic d’influence, qui hurle du fond de sa gorge pour dénoncer le fléau de la corruption ! En Algérie, la seule chose qui est interdite c’est d’être soi même, un citoyen ayant le sens des responsabilités civiques et morales. En dehors de cela, on peut faire tout ce que l’on veut. Et avec ça, il y a encore des âmes aigries qui se plaignent de l’absence de démocratie et de liberté chez nous. Nous sommes le meilleur modèle de démocratie au monde. Sans savoir et sans aptitude, on peut devenir roi et même Dieu de son village !

En Algérie, nous sommes tous égaux. Il est impossible de trouver une ligne de démarcation entre le pouvoir et l’opposition. On chasse de la même manière les suffrages. Plus que cela, on peut être au RND et être un GLD la veille et se retrouver le lendemain sénateur ou maire FFS. Ou le contraire, tout en se déclarant farouche opposant et accepter de figurer dans le tiers présidentiel au Senat ou dans le gouvernement comme ministre de la communication. C’est l’alternance à l’algérienne. Comme on peut être caporal de la gendarmerie française en 1965 et devenir un général « mokh » dépositaire du patriotisme algérien en 2013. La politique est un métier bizarre, en Algérie. Les institutions nous apprennent à nous éloigner de l’histoire, de la philosophie et de la science, à ne plus être des acteurs actifs et constructifs… Nous devons comprendre la véritable anatomie du pillage, comment fonctionne la corruption, la hogra, l’anathème, la razzia contre la pensée libre, l’art et le talent. Elles nous apprennent comment étudier l’anatomie de la conspiration et comment riposter piéger l’autre et l’envoyer à la guillotine politique. Si bien lorsqu’il vient au monde, au premier jour de sa naissance, l’algérien compte déjà trente cinq millions d’ennemis…


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