DzActiviste.info Publié le dim 12 Août 2012

Dans une Algérie amère confrontée à l’échec L’or de Makhloufi appartient d’abord à Makhloufi

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L’or des JO de Londres peut‑il effacer, ne serait‑ce qu’un temps, les errements de l’Algérie ? C’est l’une des questions que l’échec de la participation algérienne aux JO pose depuis quelques jours au travers des prises de position sur le sens à donner à la victoire de Taoufik Makhloufi, lors de la finale du 1 500 m, et l’échec de tous les autres athlètes.

Taoufik Makhloufi ne portait pas uniquement le drapeau algérien sur ses épaules à Londres, quelques minutes après sa victoire. Il avait, sans le savoir, par son coup d’éclat, endossé  le fardeau de l’échec général et cinglant du sport algérien aux JO de Londres. Il était, toujours sans le savoir, devenu un héros pour un pays en manque de leaders ces dernières années. Enfin, il devenait un symbole d’exemplarité dans un pays qui en manque d’une façon dramatique.
 
L’absence de résultats des athlètes algériens est en ce sens naturel. Leur demander de respecter des critères de performances sportives – voire de moralité – élevés, est une aberration dans une Algérie en manque de repères et d’exemplarité à tous les niveaux. À commencer par la politique. Le pays est depuis les dernières élections législatives dans une situation délicate. Le gouvernement en place attend un éventuel remaniement qu’un président de la République invisible n’a toujours pas officialisé.
 
Il est vrai que les périodes de flou dans la gestion d’un pays existent partout dans le monde et l’exemple récent de la Belgique le montre. En Algérie, ces quelques mois d’hésitation pourraient être absorbés dans la marche globale d’une nation s’ils n’étaient l’implacable miroir d’une société qui se contorsionne dans un désordre grandissant, en manque de valeurs et d’un but que tous ces acteurs pourraient partager.
 
Dans tous les domaines, les exemples de nos échecs sont nombreux. Il est délicat de critiquer dans ces conditions le manque de résultats, voire d’ambition des athlètes algériens aux JO de Londres alors que l’Algérie elle‑même ne parvient pas à donner un sens clair et commun à son avenir social, économique, politique et culturel.
 
Taoufik Makhloufi avait un but : l’or olympique. Il a atteint ce but en suivant les mêmes règles que les autres coureurs du 1 500 m. Et là s’arrêtent à la fois son mérite et sa responsabilité. Ce jeune homme a exprimé sa fierté après cette belle victoire et sans doute d’autres Algériens ont‑ils ressenti une fierté identique. Mais l’or olympique de Makhloufi appartient d’abord à Makhloufi.
 
L’Algérie de l’échec économique industriel, l’Algérie de l’amertume sociale, l’Algérie dont la représentation politique est en déclin, ne peut rehausser son image en montant sur les épaules d’un seul homme. La médaille d’or du 1 500 m des JO de Londres n’a pas vocation à gommer pour quelques jours ou quelques semaines les échecs de l’Algérie. Et pourtant, une médaille d’or à des jeux olympiques montre une capacité à définir des objectifs, à déterminer des moyens, à affronter des difficultés et à les surmonter.
 


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