DzActiviste.info Publié le dim 15 Sep 2013

De Novembre 1954 A Septembre 2013 Le temps des sacrifices

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Par : Mohamed Ibn Khaldoun

120Le premier document par lequel l’ONU, officiellement prend connaissance du déclenchement de la Révolution du peuple algérien, est signé par Assad El Faqih le représentant de l’Arabie Saoudite à l’ONU.

Le document historique est une lettre au conseil de Sécurité. Dans cette lettre, « d’ordre de son gouvernement », le représentant Saoudien attire l’attention du Conseil sur « la grave situation qui règne en Algérie », situation qui, de l’avis de son gouvernement écrit-il, « semble devoir menacer la paix et la Sécurité internationales ». Nous sommes le 5 janvier 1955, donc deux mois à peine après le 1er Novembre. Et pourtant, le « mémoire explicatif » que le délégué saoudien joint, à sa lettre est d’une étonnante précision et, surtout, d’une remarquable détermination. M. Al Faqih rappelle les massacres de mai 1945, cite les dirigeants français et les rapports de presse notamment le « New-York Times » et le » Monde » qui décrivent la situation du moment, il énumère les caractéristiques nationales de ce peuple qui se soulève et conclut, sans détour : » le gouvernement français tente d’accomplir une œuvre répugnante : effacer de la face du monde un pays arabe musulman sous le couvert d’un régime qu’il lui a imposé »

Le document est distribué aux membres du Conseil de Sécurité, fait le tour des délégations mais la tentative pour le moment, s’arrête là. Pas pour longtemps Le 29 juillet de la même année, 14 pays demandent l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour, cette fois, de l’Assemblée générale. Mais ici rapidement, un mot sur cette institution bâtie sur le lit de la Société des Nations Unies. En 1955, l’ONU n’a que 10 ans. Elle n’est pas encore, surtout aux yeux de certains de ses membres fondateurs, ce que l’on dénommera dédaigneusement un peu plus tard sous le vocable méprisant de « machin » ni, comme aujourd’hui, sous celui de « nid de la majorité automatique » Cette ONU-là, en effet, cristallise de manière très claire à la fois les grandes contradictions de l’époque mais aussi les espérances des peuples bâillonnés. Elle est celle de la période où culmine la guerre froide, donc la méfiance absolue. Elle est celle où toute question débattue, surtout si elle est nouvelle, est automatiquement perçue, analysée et par conséquent soutenue ou combattue-sous l’angle de la vision bipolaire dominante. Mais il est vrai aussi que le monde a changé, mais l’ONU, le Conseil de Sécurité, la Maison Blanche, le Congrès et la CIA, demeurent sous influence du lobby sioniste :

L’Algérie … l’après Novembre

Il est certain que ce n’est pas à travers ce prisme que nous devrions voir la révolution de notre cher Novembre. Nous l’avions déjà dit : au moment où déferlaient tumultueusement les périls, les appétits malsains, les opportunismes médiocres sur un pays jeune à peine la cinquantaine, c’est elle qui, sans gesticulation ni discours incantatoire, au plus profond de la conscience et de la démarche disciplinée de la base militante de tout un peuple qui a tant souffert durant 132 ans et que toutes les résistances venaient de lui, jusqu’à celle de novembre 1954.
60 années déjà, que le temps passe vite, c’était hier, un peuple, une communauté bien déterminée à vaincre, à se défendre grâce à sa cohésion, à ses valeurs propres, à ses sacrifices. Il s’agissait là, à l’origine, d’une constatation accompagnée d’un encouragement par lesquels la petite communauté Algérienne de moins de sept millions d’âmes éparpillés à travers toutes les régions de cette Algérie, à leur tête la Kabylie, avait juré de récupérer sa souveraineté.
Que n’a-t-on pas dit dans les premiers temps de l’indépendance, au sein même d’un groupe d’idéologues proche du pouvoir, pour, nier l’impact profond de cette révolution sur le peuple et sa façon à lui de l’adopter selon sa propre vision du monde, maladroitement sans doute mais en l’accordant avec ses épreuves passées et ses luttes récentes ! Par connaissance de la situation sociologique de leurs pays, certains de ces théoriciens algériens, dans leur hâte d’appliquer une recette uniforme, standard, passe-partout, à un ensemble de faits issus pourtant d’une autre sensibilité, d’une expérience vécue différemment, loin de lieux communs de l’imagerie coloniale, se mirent à appeler à l’aide les plus engagés d’entre les progressistes d’Europe qui étaient nos amis et avaient participé à notre lutte de libération nationale mais que leurs employeurs « naïfs , eux-mêmes ignorants de la complexité de l’enjeu, ne se soucièrent pas d’initier à la réalité algérienne, compromettant ainsi leur effort de bonne volonté et rendant illusoire toute coopération efficace de leur part dans un secteur purement technique. Cette ignorance du pays et de gens ; de la géopolitique et des motivations objectives des acteurs de l’histoire et également une constante bien algérienne qu’on ne déplorera jamais assez.
51 années d’indépendance passées pour un pays comme l’Algérie, qui déjà les signes de rupture entre gouvernant et gouvernés se montraient de plus en plus. Tous cela relevait et relève toujours de la perte des relais éprouvés de jadis, des points de repère et antécédents évoqués déjà, c’est-à-dire d’une grave rupture avec l’algérianité séculaire et moderne à la fois qui s’était affirmée contre vents et marées comme une discipline sociale, une culture et un facteur d’évolution, et cela malgré, bon gré.

Cette rupture, avec d’autres brèches sans cesse élargies, était synonyme aussi d’un tri invraisemblable s’opérant dans la classification des choix qui faisaient moins de cas de certains périls immédiats ou susceptibles de compromettre l’équilibre de l’économie et de porter atteinte à la cohésion nationale pour le long terme, que de ‘’menaces’’ présumées visant des valeurs et abstractions vénérables certes, mais dont la personnalité algérienne retrempée par les souffrances

Depuis quelques années, les Algériens ont commencé de se sentir divisés entre les Algériens privilégiés et les Algériens laissés pour compte. Alors que presque la totalité de ces Algériens ont tant souffert durant l’occupation colonialiste de la France en Algérie. Ces presque les 7 millions qui ont votés OUI le 3 juillet 1962, ont tous milités pour l’indépendance, ce qui veut dire ils sont tous moudjahidine, avec ou sans la fameuse fiche communale. Ils ont milité chacun en ce qui le concerne, et surtout celui qui connaissait et observer les fidais , se rendaient chez son voisin ou dans le quartier et a tenu sa ‘’greule fermée’’, celui là méritait toute la considération et l’hommage. S’il avait ‘’geulé’’ il aurait soustrait des dizaines de fidais de la circulation. Il y a celui qui renseignait les maquisards dans la campagne, il leur indique le mouvement de l’occupant, il explique la situation, il fournit aussi le café et le repas. Ceux qui cotisaient mensuellement et son obligés malgré leur pauvreté à verser le prix du mouton chaque Aïd. Ces Algériens aujourd’hui ne sont pas pris en compte dans le fameux registre des noms des fameux libérateurs auprès du ministère des moudjahidine. Avant on les appelaient les anciens moudjahidine, mais puisque les circonstances ont voulu, on a soustrait le mot anciens, pour qu’ils demeurent toujours moudjahidine dans plusieurs fronts, du privilège, des coopératives de construction, des licences d’importation, des licences de débit de boisson, des licences de taxi, le tarif réduit en avion ou en bateau, réduction aussi des assurances, des licences d’achat de véhicule détaxés etc etc.

L’autre pauvre militant sans titre, il continu d’observer, il observe depuis cinquante et une années, sa situation sociale se dégradée d’année en année, il recoit le coup de grâce après la campagne ‘’sauvage’’ de la privatisation de son gagne pain. Ce qui s’est c’est améliorée pour lui c’est le départ du colonialiste, le reste pour lui est inchangeable. Il demeure toujours misérable dégradé d’année en année, il court, il court la longueur de la journée derrière El Khobza. Ces enfants en chômage, son toit se rétréci chaque année, à chaque réception de factures des charges il s’énerve, parce qu’il ne peut pas faire face à toutes les dépenses. Il vit précairement, misérablement comme il était indigène avant 1962. Il réfléchi, il continu de réfléchir, parfois pris de colère, il regrette beaucoup de chose, parce qu’il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Il n’ oriente pas ses enfants à la harga, peut être dira t-il ils, un changement voit le jour, il l’éduque au raisonnement, au civisme, à la passivité et au calme, parce que ce bonhomme croit à la terre où il a vu le jour, il attend avec un espoir indéterminé ce jour. Mais cette dernière semaine il a piqué une crise de colère, quant il a lu dans un quotidien algérien, une information relative à une autre augmentation dans les indemnités de ‘’ la famille Révolutionnaire’’. Il n’est jamais contre, mais il a crié : « Ouehna wach ! harka ! traitres ! ? Nous avons tous milités pour cette patrie ! Pourquoi cette différence ? Si nous ne faisons pas partie de cette famille
Révolutionnaire, il nous semblait que notre place n’est plus en Algérie, donc on demeure toujours indigène de 3ème zone » Mais non, rétorqua son voisin et ami d’enfance : « Eux ils étaient armés fel djebel beslah, ouenta bach ? » « Ana kane ândi El Imane Thawri ou ma zal ». Tout le monde sait qu’en Algérie, les faux maquisards et les faux militants ont depuis bénéficient à vie d’avantages, de subventions et autres « business », en vertu d’une loi destinée à rendre hommage aux Moudjahidines qui ont risqué leur vie ou l’ont perdue en combattant le colonialisme Français. Mais cette gratitude s’est désormais muée en colère nationale. Les Algériens ont en effet appris que des centaines de milliers d’entre eux avaient obtenu le « certificat de révolutionnaire » et les confortables privilèges qui y sont attachés grâce à une mafia qui s’enrichit en fournissant le faux témoignage. C’est ainsi que des Algériens qui n’avaient jamais participé à la Révolution de 1954, figurent aujourd’hui sur les listes de révolutionnaires pensionnés.
« Beaucoup d’opportunistes ou ceux qui avaient pris le train au dernier quart d’heure ont tiré parti des événements sanglants entre le 19 mars et septembre 1962 « , souligne les personnes qui avaient vécus cette période, « On les appelait les ‘’19 mars’’ ou la force locale, c’étaient des militaires appelés et engagés dans l’armée d’occupation, parmi eux les traitres qui se sont infiltrés. Des membres identifiés comme appartenant à « la force locale », la plupart des collaborateurs de l’autorité d’occupation, n’ont jamais été démasqués», Parmi les martyrs de la liberté figurent donc d’anciens policiers et collaborateurs, ou encore des prisonniers de droit commun qui étaient en prison durant l’occupation, des fonctionnaires qui au lieu de lutter contre le colonialisme l’ont servie, des citoyens qui fermaient les yeux sur des anciens collabos. Mais les authentiques révolutionnaires et ceux qui ont fait de la prison, politique ne se sont pas battu pour exiger l’abolition de ces privilèges.

Contrainte à la rigueur budgétaire, l’Algérie doit depuis plusieurs années réduire, voire supprimer, ces subventions aux faux révolutionnaires, qui atteignent près des milliards de dinars par mois, à la charge du contribuable. Le gouvernement également doit démanteler une mafia ayant des complicités au sein de l’administration et une influence politique non négligeable.

Pour la majorité des Algériens, il n’existe que trois catégories de révolutionnaire authentique : les morts en martyrs, les blessés et les révolutionnaires authentiques et ceux sans certificat


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