DzActiviste.info Publié le jeu 9 Fév 2012

Débat sur l’agriculture algérienne : Critique mais sans rancune*

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L’agriculture algérienne connaît certainement un essor inespéré et enthousiasme les plus jeunes producteurs! Attention, danger: l’agriculture productiviste dégrade profondément les terres et leur sous-sol…L’agriculture française, soutenue à bouts de bras par les subventions européennes, s’est ainsi fourvoyée dans l’effondrement des coûts de production et beaucoup d’exploitations connaissent de graves difficultés, les prix proposés par les grandes coopératives de transformation ne permettant pas aux exploitants de vivre dignement, mais seulement de survivre!!
Aujourd’hui, il existe une petite agriculture (exploitations de 35-40ha) de polyculture qui permet aux repreneurs de fonder de réels espoirs de bien vivre et de fonder une famille prospère, et même permet aux parents à la retraite, d’améliorer leur maigre pension (300-400€/mois) en participant à l’activité secondaire de l’exploitation.
La transformation des productions en produits prêts à la consommation et leur vente via des réseaux coopératifs locaux. Ainsi, le blé est moulu localement et transformé en pain ou ensaché par le producteur, voire une coopérative meunière commune à plusieurs producteurs, vendu ensuite par le producteur lui-même ou une structure commerciale commune.
Voilà le véritable avenir de l’agriculture algérienne, française, espagnole, et autre: produire, transformer et vendre soi-même. Pour [avoir une idée] sans faille sur la question, regardez un reportage intitulé « Voyage entre ciel et terre », qui présente les nouvelles techniques agricoles des exploitations de polyculture élaborées par un couple d’ingénieurs agronomes français, ayant résolument tourné le dos aux méthodes productivistes des années 60, en France, ayant mené de nombreuses exploitations à la faillite : Les prix proposés par les grandes coopératives étant minimales, si ce n’est inférieures aux coûts de revient.
Ces agronomes, en retraite depuis quelques années ont laissé la place à leur fils qui a continué les recherches en laboratoire et leur application en production. [Ce travail est accessible] sur le site :www.lams-21.com.
La principale destination de ce laboratoire est de remettre en l’état des terres polluées par des engrais chimiques et des pesticides pendant des années, et qui a conduit à l’effet contraire recherché.
En effet, les doses conseillées par l’industrie brûlent les sols et les rendent progressivement incultes. Auquel cas, pour tenter de contourner le problème, l’exploitant augmente considérablement les doses et stérilisent infailliblement ses terres, plombant les comptes de son exploitation par les achats d’engrais et de pesticides pour tenter de réaliser des rendements qui déclinent quoi qu’il en soit…
Randolet Michel

Intervenant en réponse à ce point de vue, le commentaire qui suit apporte des éclairages sur les capacités de l’agriculture algérienne à s’inscrire dans l’approche qui vient d’être développée.

Je partage globalement votre approche de l’agriculture mais je ne suis pas en accord avec toutes vos convictions ! L’agriculture algérienne n’est pas l’agriculture française et loin de là, tout y est différent : taille des exploitations, modèle de subvention, disponibilité des intrants, etc. et je ne parle pas de la compétence.
Le ministre de l’agriculture, même s’il est beaucoup critiqué, a développé une stratégie globale qui est pertinente et qui était censée apporter des réponses aux agriculteurs.
Néanmoins, il commet une erreur et pas des moindres qui est celle de vouloir copier les modèles agricoles des pays industrialisés qui ont conduit à une situation de non sens !
Engrais, pesticides, importations de races de bestiaux inadaptées aux climats, semences…. L’agriculture algérienne reste une agriculture pilotée d’en haut, comme dans un lointain passé socialiste; on a juste remplacé l’agriculteur fonctionnaire, par un agriculteur privé sous concession.
A cela il faut ajouter une administration bancale, beaucoup plus occupée à plaire au ministre qu’à se préoccuper des vrais problèmes d’agriculteurs et des agriculteurs assistés à qui tout est fourni.
Le céréalier reçoit les intrants et livre la production ; entre temps la CCLS (coopérative d’Etat), lui aura labouré son champ et aura moissonné ses récoltes.
Idem pour l’éleveur qui, incapable de supporter le coût des aliments pour son bétail, bénéficiera de rations fournies par le ministère ; c’est presque du gardiennage de bétail.
A cela, il faut également intégrer que l’agriculteur algérien est un opportuniste. Il ne cultive que ce qui peut rapporter, au moindre doute il passe à autre chose et surtout dans le moindre effort.
Bien sur je ne généralise pas, car au milieu de tout ça on trouve de vrais agriculteurs qui aiment ce métier et qui font avancer les choses.
Un dernier point sur la vidéo dont vous faites état, le titre ce n’est pas celui que vous indiquez, mais « voyage entre sol et terre » ; une très bonne vidéo, voici le lien : http://www.dailymotion.com/video/xiqvai_voyage-entre-sol-et-terre-1-3_news

Je vous recommande cette vidéo également qui permet de comprendre quels sont les risques pour l’Algérie à entrer dans une agriculture intensément chimique, en sachant que l’effet sera au moins dix fois pire, compte tenu du climat algérien (force du soleil, faible pluviométrie et érosion galopante) : http://www.dailymotion.com/video/xidwoq_small-is-beautiful-1-6_news#
erod39

(*) Nous avons décidé de mettre en avant les deux textes ci-dessus, commentant l’article «ce que le bilan officiel ne dit pas», pour mieux illustrer le type de ton que PAYSANS D’ALGERIE souhaite donner au débat mené dans cet espace sur l’agriculture algérienne et les défis de la sécurité alimentaire.
Si notre regard sur la question agricole dans notre pays paraît critique, c’est parce que nous sommes convaincus que critiquer n’est pas nuire, la complaisance est contreproductive.

Classé dans:Financement et investissement dans l’agriculture, Marché agricole et régulation, Productions animales et végétales, Ressources naturelles


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