DzActiviste.info Publié le mer 13 Mar 2013

Déclaration : Chômage et corruption, des assises nationales après la marche du 14 mars

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Dans sa volonté de pervertir le débat sur la contestation soulevée par des chômeurs des régions du sud, et dans sa politique à décréditer tout mouvement revendiquant ses droits, le pouvoir algérien use de tous les subterfuges pour induire en erreur l’opinion publique. Pris de panique, les discours véhiculés depuis une semaine par l’administration, ses relais dans les partis politiques et dans la presse inféodée, ne doivent pas nous faire occulter le débat de fond, qui est celui du droit fondamental de l’accès à l’emploi, de l’égalité des chances, et du rejet de l’exclusion et de la discrimination.
Les pouvoirs publics algériens sont responsables. Responsables quant à la faillite de la politique de l’emploi. Hier, comme aujourd’hui, il est utile de rappeler que cette politique a échoué. Corruption, clientélisme, népotisme, régionalisme, sont des pratiques maintenues par le régime pour se pérenniser et pérenniser son sérail, tout en continuant à dilapider les richesses du pays, à garantir l’impunité aux corrompus et aux corrupteurs, et à laisser pour compte des pans entiers de la population.
Présentement, seule les luttes républicaines peuvent changer le rapport de force. Le mouvement des chômeurs, dont les membres sont issus du Sud ou du Nord du pays, donc d’une seule Nation, a commencé à revendiquer une politique d’embauche efficace à partir de 2004. Ce mouvement a décidé d’organiser une marche le jeudi 14 mars 2013 à Ouargla. Le Collectif National pour les Libertés Citoyennes (CNLC), qui inscrit dans son programme la liberté de l’exercice citoyen sous ses diverses formes pacifiques, soutient les revendications des citoyens algériens qui aspirent à une vie et un travail dignes et décents. Le CNLC qui inscrit également dans son programme la consécration des idéaux progressistes, pour l’émergence d’un Etat de droit garant des libertés citoyennes, la justice, l’équité et l’égalité, pour l’émergence d’une Algérie forte, républicaine et moderne, souveraine, une et indivisible, soutient les chômeurs qui partagent ces convictions.

 

La problématique du chômage est réelle. Le chômage est lié au contexte politique et au choix économique. Il faut une volonté politique pour encourager l’investissement générateur de richesses, donc d’emplois, et un choix économique respectueux du code de travail, de même qu’il doit contrôlé et régulé par l’Etat. La régulation et le contrôle se traduit par la prise en charge de droits sociaux et économiques. Il faut assurer sur ce point une bonne gestion des agences d’emploi, leur rationalisation et l’optimisation des chances d’emploi à travers ces mêmes agences. Il faut bannir dans ce sens la politisation du problème de l’emploi, qui sert au final à atténuer la grogne populaire. Les agences de l’emploi doivent être dotées, d’autre part, de moyens performants et d’un personnel compétent. En outre, il devient évident que la politique de distribution de salaires dérisoires doit cesser, mécanisme révolu qui conduit à rendre les entreprises publiques en situation de sureffectif, engendrant ainsi leur faillite et leur fermeture.
La perte de la valeur du travail s’ajoute, pour des considérations politiciennes et népotiques, à la mentalité des passe-droits, des recrutements via les réseaux de connaissances, et des embauches après versement de pot de vins. Autant de pratiques qui pénalisent des milliers de nouveaux diplômés et ceux sortis de centres de formation professionnelle. Dans le Sud, ces dérives sont palpables. Les sociétés de sous-traitance gérées pour la plupart par les relais des barons du régime, discriminent des jeunes porteurs d’une seule doléance : Travailler dans leur pays et ce, tout en refusant d’utiliser la violence pour exprimer ce souhait.
Le CNLC pense que l’organisation d’assises nationales de l’emploi est plus que nécessaire. Elles regrouperaient d’un côté des cadres compétents et intègres, avec des représentants des chômeurs de toutes les wilayas d’Algérie pour aborder tous les volets. Le CNLC estime que la préservation des sources d’énergie pour le développement d’une industrie locale, d’une agriculture ayant des objectifs d’exportation des surplus, d’un artisanat épargné d’impôts, et d’un secteur tertiaire moderne et renforcé, sont là des premières mesures à débattre.

P/CNLC
Mercredi 13 mars 2013


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