DzActiviste.info Publié le mer 23 Jan 2013

Déclaration: Le secteur National des hydrocarbures aura vécu

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Sans surprise, les membres de la chambre basse du parlement algérien viennent d’avaliser l’amendement de la loi sur les Hydrocarbures ce lundi 21 janvier 2013.

Les députés de la législature 2012-2017, hormis ceux du FFS, prennent ainsi la responsabilité de l’adoption d’une loi attentatoire aux intérêts de la Nation. L’Histoire et le peuple algérien retiendra leurs noms dans la mémoire de la manière la plus négative qui soit.

Cette loi a été taillée sur mesure pour servir les intérêts des multinationales.Tout porte à croire qu’elle a été inspirée par les tenants de la finance internationale.

Les députés qui l’ont voté viennent de confirmer que cette assemblée est un appendice de l’exécutif, une chambre d’enregistrement croupionne d’un régime antipopulaire et antinational, qui se met de plus en plus aux ordres des multinationales.

Le gouvernement a fait un point d’honneur de faire passer son projet sans amendements majeurs. Ce qu’il a obtenu. Certains groupes parlementaires, le FLN entre autre, ont tout simplement retiré les amendements qu’ils avaient soumis à la commission des affaires économiques. Le vote du bloc FLN, RND, PT, et de quelques autres sigles, vient de balancer l’Algérie dans l’inconnu d’un choix énergétique incertain et l’engager dans une option stratégique douteuse.

Le « miracle des gaz de schistes », dans les pays d’Amérique du Nord, risque à terme de s’avérer n’être qu’une bulle spéculative gigantesque. L’Algérie, si elle a été à la marge de la crise des sub-primes de l’immobilière, vient de plonger dans un engrenage qui sera extrêmement couteux. L’Algérie n’a pas les moyens d’encaisser l’explosion d’une bulle spéculative. Le choix introduit par les amendements du gouvernement met en péril les fameuses « réserves en devises du pays ».

Les amendements, que vient d’avaliser l’APN, soumettent la détermination de l’impôt au bon vouloir des entreprises pétrolières. Ils discriminent le groupe national Sonatrach. Le monopole sur les réseaux de transport par conduite fera supporter au groupe national, de façon exclusive, des investissements colossaux dont la rentabilité s’annonce plus qu’incertaine. Ajouter à cela les dispositions LEGALES qui lui font l’obligation d’assurer, aux multinationales, « le libre accès » à ces conduites et surtout de le faire à « un prix raisonnable ». Cela place Sonatrach dans une posture d’infériorité face aux majors pétroliers. Pour finir, cette loi permettra aux pétroliers étrangers de vendre leur production sur le marché national au prix du marché mondial. Mises ensembles, « les innovations » qu’introduit l’exécutif pour permettre l’exploitation des gaz de schistes reproduisent dans le fond la démarche états-unienne de subventions massives de ce secteur atypique.

L’Algérie, totalement néophyte dans le domaine des hydrocarbures non conventionnels, va se retrouver dans une dramatique dépendance technologique. La nouvelle loi, par le biais de ses articles 35 et 36, réintroduit le système de concession au profit des sociétés pétrolières, avec des périodes qui s’étalent sur 30 ou 40 ans. Cela replace l’Algérie dans la situation antérieure au 24 février 1971.

L’ensemble de ces choix gravissimes, avalisés par l’APN, ont été fait dans la plus totale opacité et en l’absence de toute consultation ouverte ou débat national sur le sujet. Le régime adresse un message aux Algériens, il leur signifie une totale dénégation de leur légitime droit à s’intéresser à l’avenir du pays et à la gestion de ses ressources. Le pouvoir actuel étale avec arrogance sa volonté de privatiser l’Etat algérien et ses institutions.

Le projet d’exploitation de gaz de schiste a été décidé dans des cercles occultes en dehors du cadre institutionnel, notamment le Conseil National de l’Energie, en hibernation depuis une décennie, comme d’ailleurs la Cour des Comptes. Ce projet gage les intérêts des générations actuelles et futures. C’est une loi scélérate qu’il faut dénoncer dans tous ses aspects. Que ce soit sur le volet de la politique énergétique, des risques majeurs qu’elle fait peser sur l’environnement et les ressources hydriques, des conséquences qu’elles introduits en matière de santé publique, de ses répercussions néfastes sur le climat, et de l’aliénation de la souveraineté sur nos ressources, sans oublier la non rentabilité économique.

Un autre danger, et pas des moindre, puisqu’il amplifie les risque sur notre souveraineté nationale, est souligné par de nombreux spécialistes. Cette frénésie autours des gaz de schistes cacherait en vérité l’urgente nécessité pour les multinationales de prospecter, en grand, de larges étendues susceptibles de receler des terres rares. Ces terres, obsessions des grandes puissances, sont indispensables aux secteurs des technologies de pointe, et dont la Chine détient les réserves essentielles. Vendre les technologies de forage horizontal et de fracturation hydraulique, prospecter en catimini pour détecter les gisement de terre rares, retarder l’explosion de la bulle financière des gaz de schiste, voilà les objectifs que concrétiseront les pétroliers grâce aux subventions masquées que leur accorde la loi amendée.

La nouvelle loi sur les hydrocarbures trace une ligne tangible qui met d’un côté les forces patriotiques et nationales, attachées dans leur diversité aux intérêts de la Nation ; et de l’autre les forces parasitaires, corrompues et serviles, soumises à des intérêts financiers internationaux. Une fois cette loi définitivement adoptée, le secteur national des hydrocarbures aura vécu.

L’Algérie n’est pas à vendre. Algériens, opposez-vous à ce projet. C’est l’avenir de vos enfants qui est menacé. Tous ensemble, construisons un large front de résistance à la politique de bradage de nos ressources et de notre souveraineté.

Le Collectif National pour les Libertés Citoyennes -CNLC-

Mercredi  23 janvier 2013

www.cnlc-dz.org

cnlcdz@gmail.com


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