DzActiviste.info Publié le ven 8 Mar 2013

Des affaires « banales » et l’enfer de notre quotidien

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La police qui établit des procès- verbaux sélectivement, les procureurs qu’on arrive jamais à voir durant les journées de réception du public, et des convocations qui arrivent par l’intermédiaire des huissiers , pour des parodies de « justice ».

tribunal-tizi-ouzouVoilà ce que j’ai retenu de mon expérience dans les tribunaux algériens en Kabylie, lorsque j’ai déposé plainte contre mon agresseur, qui s’en est sorti juste avec quelques dinars d’amende malgré les immenses préjudices que j’ai subis avec lui, après presque une année de va-et-vient, du tribunal de Dra –el- Mizan à la cour de Tizi-Ouzou.

Je suis de nouveau convoqué pour le 2/04/2013 au tribunal de Dra-el-Mizan, cette fois ci pour plainte de mon agresseur. Une histoire bizarre où l’agresseur, se prend aujourd’hui pour l’agressé.

Si après presque une année, la justice algérienne n’a condamné mon agresseur, qui avait entre-temps déposé plainte au commissariat de police de Boghni, qu’à presque quarante euros d’amende alors qu’il m’avait agressé devant toute ma famille bestialement, le triste sir avait fini enfin par s’éloigner de moi après des années et des années de harcèlement : si quelques uns de mes concitoyens de mon entourage, ne sont pas des modèles de courtoisie, ils ont tout de même le sens et le mérite de ne pas s’acharner, sur les autres et finissent rapidement par comprendre lorsqu’on les remet intelligemment en place, alors que l’énergumène plaignant d’aujourd’hui n’avait jamais cessé ses agressions dans le but d’avoir un ascendant sur moi : dans les rues , dans les administrations, tout le temps et à chaque occasion , il n’a jamais cessé de me lancer des mots blessants, des insultes jusqu’aux menaces de mort. J’en avais parlé et parlé autour de moi et je ne sais pas pourquoi, j’ai tant attendu autant pour porter plainte. Était ce à cause du lien de parenté avec lui ou simplement par ignorance longtemps de mes « droits », ou simplement par conditionnement de ce qu’en pense la société algérienne de la « justice en Algérie ». Je sais qu’au tribunal dans ce climat d’angoisse et de mépris je n’aurai pas le temps de dire beaucoup de choses aux juges certainement la plupart du temps débordés. Alors je me suis exercé, afin de conjurer mes révoltes, à coucher sur du papier mes propos dans l’espoir d’alerter les autorités, une fois que peut être, tomberaient sur ces lignes quelques épris de justice :

Maintenant que j’ai reçu cette convocation, je me demande ce qu’il faut faire ?

Si j’ignore le rendez-vous, je serai condamné par défaut pour une amende qui pèsera sur mon budget étant donné que depuis 2005, je n’ai point de salaire. Si je me rends au tribunal, cela traînera longtemps sans qu’on prenne en compte mes considérations.

Pourquoi la police de Boghni n’établit pas des procès verbaux lorsque je me plains et pourquoi cette célérité à me créer des problèmes alors qu’ils sous entendent que je suis malade. Je les avais déjà saisis pour une autre affaire lorsqu’une fabrique, ne respectant pas la réglementation s’était installé dans le quartier, les bruits des transformateurs de leur usine nuisant à notre quiétude jour et nuit, ainsi que les bruits de leurs fourgons qui stationnent juste devant nos maisons. J’avais alerté l’APC où travaille le plaignant d’aujourd’hui, les services de la daïra, la police, au courant de tout cela mais laissant le bafoue ment de la réglementation : Une zone industrielle a été prévue depuis longtemps en dehors de la ville pour les investisseurs. DIR MA FIK m’avait rétorqué le petit patron lorsque j’avais demandé de solutionner ces problèmes de nuisance .Des proches m’avaient laissé entendre que saisir la justice pour mettre fin à ces agissements, c’est perdre son temps car le pot de terre ne triomphe jamais du pot de fer ; l’argent permet tout, achète tout. Je les avais encore saisi lorsque des ivrognes viennent picoler devant notre maison et me lancer des insultes (notre maison est attenante pourtant du celibatorium de la police de Boghni). J’aurai déménagé si j’avais les moyens, le dossier pour l’attribution de logement social sollicité auprès des services de la daïra dort là bas depuis 1994.

On nous agresse, on nous nuit dans le silence impuissant et méprisant de ceux payés–nous l’avons cru pendant très longtemps– pour agir et pour soulager la détresse des plus vulnérables.

Des intouchables revendiquent des augmentations salariales qu’ils obtiennent pour mieux vivre, alors que le « mauvais sort » s’acharne sur les malades et les démunis.

De tels agissements n’auraient jamais existé dans un pays développé. C’est vrai que les autorités ne peuvent pas faire face seuls à tous ces dépassements. Mais leur devoir n’est il point d’écouter au moins les doléances des gens comme nous ?

De Boghni le 8/03.2013
Amokrane Nourdine


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