DzActiviste.info Publié le dim 27 Avr 2014

Des anciens cadres du FFS et du FIS lancent l’ « Alliance Nationale pour le Changement»

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«… seul un rassemblement de toutes les forces patriotiques, au-delà des clivages idéologiques ou partisans, créera dans notre pays le nouveau rapport de forces qui amènera le changement ».

10297944_694540357258246_2144197317683039537_n« Alliance Nationale pour le Changement (ANC)», est le nouveau né de la scène politique algérienne. L’ANC « est un espace de consultation, de concertation et de coordination pour une action commune qui œuvre pour l’édification de l’État de droit », ont annoncé ses fondateurs dans un appel rendu public ce dimanche.

Ce nouveau cadre politique est « ouvert à tous et toutes sans exclusive, incluant tous les courants idéologiques ou partisans…», lit-on dans cet appel signé par des hommes politiques et des universitaires algériens connus à l’instar de Samir Bouakouir et Karim Tabbou (anciens responsables au FFS), Anouar Heddam (ex-FIS), le professeur Omar Aktouf et l’ancien ministre Ghazi Hidouci.

Les 13 signataires de l’appel se sont dits : « persuadés que seul un rassemblement de toutes les forces patriotiques, au-delà des clivages idéologiques ou partisans, créera dans notre pays le nouveau rapport de forces qui amènera le changement ».

La situation du pays, selon les fondateurs de l’ANC, « s’est encore aggravée ces derniers mois en raison des graves dissensions au sommet du régime et qui mettent en péril l’unité de la Nation ». Ils ont estimé que « l’heure est venue pour agir et dire non à l’État policier, à la corruption et à l’étouffement des libertés ».

L’identité politique de l’ANC est déclinée en 8 points qui traitent essentiellement du respect des libertés, de l’instauration d’un Etat de droit et la lutte pacifique.

Karim Tabbou, fondateur de l’Union Démocratique et Sociale (UDS), a indiqué dans une déclaration à Elwatan.com que l’existence d’autres initiatives qui oeuvrent pour le changement en Algérie « est une bonne chose ». L’esprit de l’appel lancé par l’ANC consiste en la recherche de « convergences entre les différentes initiatives », a-t-il expliqué.

Appel aux Algériens et Algériennes

Cet appel est adressé à tous les Algériens et Algériennes soucieux de l’avenir de leur pays et qui souhaitent prendre part à une action citoyenne indépendante, nationale et visant à instaurer l’État de droit et la démocratie en Algérie.

De crise en crise au sommet des appareils, l’Algérie est entrée dans une phase de régression extraordinairement dangereuse. Replié sur la corruption et la volonté de conserver le pouvoir coûte que coûte, le régime vient d’organiser le 17 avril 2014 une parodie d’élections présidentielles pour donner l’illusion d’un pays disposant d’institutions réelles. En fait, il vient de prouver encore une fois que son souci permanent reste d’assurer la pérennité d’un système à l’agonie, dirigé par des oligarques et une police politique qui n’agissent que pour maintenir le peuple dans une situation d’infantilisme par la terreur, les divisions artificielles et le clientélisme.

La situation s’est encore aggravée ces derniers mois en raison des graves dissensions au sommet du régime et qui mettent en péril l’unité de la Nation. L’heure est venue pour agir et dire non à l’État policier, à la corruption et à l’étouffement des libertés.

Dans ce moment historique, notre société proclame sa volonté d’être démocratique et pacifique. Tout en réaffirmant son attachement à son identité et à son indépendance chèrement acquise, notre société mature et pleinement consciente exprime son ouverture à toutes les pensées et opinions, en protégeant toutes les libertés individuelles et collectives et en valorisant le pluralisme politique.

Sur cette base, nous, citoyens algériens :

• proclamons notre droit inaliénable à l’action politique ;
• proclamons le respect et la défense des droits de l’homme fondamentaux pour tous les citoyens ;
• déclarons vouloir agir et nous rassembler, au-delà des clivages idéologiques, linguistiques ou politiques, en vue d’un un changement global, réel et effectif du système politique en place ;
• rejetons la culture du coup d’État et refusons que l’Armée nationale populaire soit instrumentalisée dans des luttes de clans ou pour museler les citoyens ;
• rejetons toute influence étrangère dans notre pays et réaffirmons qu’il appartient aux citoyens de notre pays, et à eux seuls, de décider de leur futur ;
• nous engageons à mener toutes nos actions dans un cadre pacifique ;
• affirmons notre mobilisation pour mettre fin à la corruption qui mène à la destruction de l’appareil d’État et des services publics ;
• voulons bâtir un État de droit sur la base d’un large consensus entre tous les Algériens et Algériennes.

Nous considérons qu’une Armée nationale populaire forte et unie, ainsi que des services de sécurité performants sont une garantie et une nécessité pour l’État de droit. Ces institutions devront accompagner une période de transition en garantissant l’intégrité du territoire et la sécurité des citoyens mais ne devront en aucun cas imposer des choix politiques ou entraver l’exercice plein et souverain de l’expression populaire.

De nombreuses voix expriment des revendications similaires et notre souhait est que nous puissions tous nous réunir dans un cadre qui nous permettrait d’agir ensemble. Il n’est pas question ici pour quiconque de renier ses principes ou référents ou de légitimer ce qu’a fait ou compte faire « l’autre », mais bien de se mettre d’accord sur une action commune, pour une période définie et avec des objectifs précis pour un changement réel.

Nous sommes ainsi persuadés que seul un rassemblement de toutes les forces patriotiques, au-delà des clivages idéologiques ou partisans, créera dans notre pays le nouveau rapport de forces qui amènera le changement. Nous restons bien entendu disposés à faire ce changement, à travers une période de transition consensuelle, avec la participation du pouvoir actuel. Mais nous le ferons sans lui s’il persiste dans sa fuite en avant.

Riches de notre diversité, de nos convictions, et des luttes que nous avons menées, nous nous rassemblons ce jour en une « Alliance Nationale pour le Changement» (ANC), ouverte à tous et toutes sans exclusive, incluant tous les courants idéologiques ou partisans qui adhèrent aux principes énoncés dans cet appel. L’ANC est un espace de consultation, de concertation et de coordination pour une action commune qui œuvre pour l’édification de l’État de droit.

L’ANC dépasse les divisions politiques, réelles ou suscitées par le pouvoir, entre islamistes, laïques ou nationalistes ou encore les divisions linguistiques ou régionales exploitées par certains pour saper l’union nationale. L’ANC se dotera d’une charte fixant ses objectifs et garantissant aussi bien l’union dans l’action à mener que le respect de la spécificité et des orientations politiques de chacun. L’ANC agira sur le terrain avec les citoyens et pour les citoyens.

Nous appelons tous nos frères et sœurs algériens à participer au lancement de l’ANC et à définir, dans la transparence et la concertation, sa charte et son programme d’action. Les premiers signataires de cet appel ne revendiqueront jamais la paternité de l’ANC et s’engagent à n’être rien de plus que des militants parmi celles et ceux qui renforceront son action. La charte et le programme de l’ANC seront finalisés avant la fin du mois de mai 2014.

Que Dieu protège l’Algérie et le peuple Algérien !

Dimanche 27 avril 2014.

Signataires (ordre alphabétique) :

Omar Aktouf (Professeur, HEC Montréal)
Zineb Azouz (Enseignante, Université de Constantine)
Tahar Belabes
Zehira Houfani Berfas (Universitaire, Montréal)
Samir Bouakouir
Yahia Bounouar
Mourad Dhina (pour le Mouvement Rachad)
Hocine Djidel (Anthropologue)
Anwar N. Haddam (Député-élu à l’APN (FIS, 91) / pour le M L J S)
Ghazi Hidouci (ex-ministre de l’économie)
Abdelmalek Ibek Ag Sahli
Karim Tabou (pour l’Union Démocratique et Sociale)
Abdelkader Zerrou (Ancien responsable FFS-immigration)

Farouk Djouadi


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Displaying 1 Comments
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  1. Abou Daoud dit :

    Je lance mon appel à tous ceux qui sont à l’étranger, d’entrer au pays assister vos frères dans le combat pour la démocratie, la paix et le progressisme. Parler de l’étranger c’est facile, mais être présent sur le terrain c’est le combat sacré. A vous de choisir !

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