DzActiviste.info Publié le ven 2 Jan 2015

Des manifestants bloquent l’accès au premier forage de gaz de schiste en Algérie

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Photo via facebook

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Des dizaines de citoyens d’In Salah ont poursuivi vendredi leur mouvement de protestation entamé le 31 décembre. Après quelques heures d’ouverture, la transsaharienne, sur le carrefour des deux Sahla et à 35 Km de la ville, a encore été fermée à la circulation.

Beaucoup de jeunes, des étudiants universitaires qui ne veulent pas quitter leur région en ce moment crucial de son histoire ou son avenir se joue à quelque kilomètres seulement de la zone urbaine et des exploitations agricoles ancestrales et nouvelles mais aussi des membres actifs de la société civile locale se sont postés toute la journée en face du premier forage de gaz de schiste algérien. Le PK 35 de la RN 1 s’étalant d’Alger jusqu’aux frontières sud et au-delà compte la station de gaz conventionnel de Hassi Moumene mais aussi toutes les entreprises d’exploration et d’exploitation du gaz dont Petrofac, qui est la joint-venture British Petroleum et Sonatrach, la plus importante de la région.

Une manif et des slogans

Les banderoles et slogans brandis par les manifestants depuis deux jours sont en arabe et en français. On y lit en gros caractère : « oui au solaire thermique, non au gaz de schiste », « non à l’extermination du sud par le gaz de schiste », « In Salah agonise ». Les jeunes semblent déterminés, la délégation qui s’est entretenue jeudi avec le chef de daïra a expressément demandé que ces doléances soient transmises directement au président de la République. Ce courrier signé par les représentants d’une vingtaine de quartiers de In Salah demande un moratoire contre le gaz de schiste. Prenant la parole à tour de roles, les présidents des associations locales de protection de l’environnement se disent choqués par l’attitude hautaine du ministre de l’énergie à In Salah. « Il est arrivé et il est parti comme un voleur » disent-ils. Il a constaté que le forage fonctionnait et il est reparti. Aucune consultation de la population, aucun contact avec le maire, le chef de daïra ou les élus locaux.

In Salah, à quoi sert le gaz ?

Pour des membres actifs de la société civile, In Salah renaît de ses cendres et compte peser sur cette décision aussi brusque que méprisante de commencer l’exploitation du gaz de schiste avant la date annoncée par le gouvernement l’été dernier, à savoir l’horizon 2020. « Le Tidikelt fait le décompte de ses acquis : rien », écrit une activiste de la région. In Salah c’est le gisement ouvert à toutes sortes de pompage. Le gaz vers l’étranger, l’eau vers Tamanrasset, l’électricité vers d’autres région et rien pour In Salah ou le vent de sable, la canicule et le néant mettent la population dans une situation que personne ne leur envie. Parce que à In Salah, la situation est tellement invivable que les habitants ressentent cette offense gouvernementale comme une humiliation de trop.

Conjuguée à l’oubli et à la négligence des décideurs depuis l’indépendance, la capitale du Tidikelt, cette paume de la main ouverte et hospitalière, l’humiliation donne des idées de tout fermer et d’attendre de voir venir. Les habitants donnent un ultimatum au gouvernement.

Moratoire

Le gouvernement est devant un exercice difficile de communication et de conviction. Les gens d’In Salah veulent de vrais arguments. « Si l’Etat veut forer pour extraire le gaz de schiste, il faudra qu’il nous démontre via des experts au dessus de tout soupçon que cette activité est sans danger pour l’humain, la faune et la flore », disent-ils.

Un député a dit qu’il a voté contre la loi des hydrocarbures mais que les voix des élus restent insignifiantes dans une configuration qui pousse à l’unanimisme. Certains citoyens ont réalisé cette semaine qu’ils travaillaient pour l’entreprise qui compte les assassiner. Quelques intervenants ont été plus radicaux : c’est un non définitif au gaz de schiste, une fermeture immédiate du forage qu’ils exigent.

Et devant l’absence de réaction des autorités, les manifestants occupent toujours la route nationale n° 1 qui reste bloquée.

Houria Alioua
El Watan 02 01 2014


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