DzActiviste.info Publié le jeu 19 Sep 2013

Des marocains manifestent pour la libération du journaliste Ali Anouzla

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Ali Anouzla, directeur de Lakome, site à la ligne éditoriale indépendante et critique (dr)

Des dizaines de militants de droits de l’homme, des journalistes, des activistes du mouvement du 20 février ont manifesté, mercredi soir à Casablanca pour dénoncer l’arrestation du journaliste Ali Anouzla, directeur du site électronique lakome.com, et réclamer sa libération. Une autre manifestation est prévue aujourd’hui à Rabat. Les ONG dénoncent le harcèlement et les intimidations contre le journaliste.

L’arrestation d’Ali Anouzla, sous prétexte qu’un article a mis un lien sur une vidéo de propagande d’Aqmi contre la monarchie marocaine, a été condamnée par Reporters Sans frontières et Amnesty International. Les manifestants se sont rassemblés devant les locaux de la police judiciaire où Ali Anouzla est en garde à vue. Son avocate, Me Naïma Guettaf n’a toujours pas pu rencontrer le journaliste qui pourrait être poursuivi dans les prochaines heures dans le cadre de la loi « antiterroriste ». Les manifestants ont conspué certains dirigeants de partis dont Hamid Chabat, Mhand El Anseur ainsi que Younes Medjahed, le président du Syndicat National de la presse marocaine (SNPM) qui a pris implicitement position contre le journaliste emprisonné. Les ministres de la justice (Mustapha Ramid) et de l’information (Mustapha Khalfi) ainsi que le conseiller du roi, Fouad Ali Himma ont été également dénoncés. . « Liberté pour Ali Anouzla », « arrestation abusive », « vive le peuple », ont scandé les manifestants. Une autre manifestation devrait avoir lieu aujourd’hui à Rabat pour dénoncer l’interpellation, mardi matin, du journaliste indépendant devenu au fil du temps une des bêtes noires des autorités. Un communiqué signé par des dizaines de journalistes indépendants a critiqué l’attitude du SNPM en mettant en garde contre « contre l’utilisation de la loi anti-terroriste» contre Ali Anouzla.

Les partis du Makhzen contre Anouzla

Alors que les partis dits du Makhzen chargent violemment Anouzla, l’un d’eux l’accusant de faire partie de la « cinquième colonne », la Coalition marocaine des instances des droits de l’Homme (CMIDM) a rendu public un communiqué de solidarité avec le directeur de la version arabophone du site Lakome. «Le CMIDM condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation du journaliste Ali Anouzla et exprime son inquiétude que la décision de le poursuivre soit dictée par d’anciens calculs contre lui». Le CMDIM qui regroupe 22 ONG des droits de l’homme a demandé la fin de la garde à vue du journaliste «vu qu’il présente toutes les garanties pour être poursuivi en liberté». L’association Al Adl Wa Al Ihssane (AWI) a demandé la libération du journaliste et la restitution des ordinateurs saisis par la police. Et alors que la vidéo d’Aqmi attaquant « le royaume de la corruption et du despotisme » restait largement disponible sur le Net – elle a été bloquée par YouTube -, le ministre de la communication marocain, Mustapha Khalfi, continuait à semer la confusion en laissant entendre qu’Ali Anouzla faisait l’apologie du terrorisme. Il s’agit, a-t-il dit, d’une « incitation claire (…) à la perpétration d’actes terroristes condamnés et refusés par toutes les composantes de la société marocaine ».

Harcèlement et intimidation

L’arrestation d’Ali Anouzla, journaliste respecté qui subit depuis des années un véritable harcèlement judiciaire, a été dénoncée par Reporters Sans Frontières qui a exigé la « libération immédiate de Ali Anouzla qui a publié cette vidéo dans un but purement informatif ». « Il est inadmissible qu’un journaliste soit poursuivi pour son travail d’information et que les ordinateurs de la rédaction de Lakome aient été saisis”, ajoute Reporters sans frontières. Human Rights Watch a demandé la libération d’Ali Anouzla tandis qu’Amnesty International dit craindre « qu’Ali Anouzla soit puni pour la ligne éditoriale indépendante et critique de Lakome ». Amnesty souligne que l’arrestation du directeur de Lakome intervient dans un « un contexte plus large de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des journalistes qui critiquent les autorités », a poursuivi AI.


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Displaying 3 Comments
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  1. Abou Daoud dit :

    La preuve que Benkirane n’est qu’une légume sur couscous. Le Maroc ne changera jamais, tant qu’il demeure un Royaume.

  2. Abou Daoud dit :

    La preuve que Benkirane n’est qu’une légume sur couscous. Le Maroc ne changera jamais, tant qu’il demeure un Royaume. Et puis les partis la plupart sont à la solde de la poussière du Royaume. Chabat n’est pas un ancien juif du maroc ? Chabat veut dire Samedi en hébreux.

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