DzActiviste.info Publié le ven 4 Jan 2013

Développement des territoires : la Kabylie, la perversion et le tribalisme

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L’ordre économique mondial basé sur la globalisation et l’ouverture démesurée sur le libre échange, incarné par l’OMC ces deux dernières décennies, est de plus en plus remis en cause.
Les nouvelles mutations qui en découlent ont entraîné l’intégration de nouveaux paramètres dans la conception des politiques de développement qui tiennent compte de l’approche territoriale.
Bien d’auteurs et autres spécialistes des questions du développement territorial et des espaces ruraux s’y penchent. Pour ne citer que Bernard Pecqueur, Omar Bessaoud ou Marc Dedeir.
Dès lors, les programmes de développement habituellement planifiés au niveau central et parachutés d’en haut par les différents gouvernements sont successivement remis en cause pour laisser place à des projets, plutôt, conçus en fonction des spécificités géographiques, sociales, économiques et culturelles de chaque territoire.
Avec ces nouvelles règles de jeu, les forces représentatives de la société civile, comme le mouvement associatif, les syndicats ou la classe politique, jouent évidemment un rôle capital, étant une force de proposition et espace de débat chaque fois une nouvelle initiative est en gestation. C’est alors l’ère de la démocratie locale.
En Algérie, les pouvoirs publics autant que la société civile, tentent de se projeter dans cette nouvelle dynamique.
Mais, au-delà de la problématique des ressources à mobiliser, naturelles ou financières, c’est la compétence des acteurs qui fait défaut.

L’ère de l’imposture

Avec son potentiel en ressources naturelles, (hydriques, végétales, paysagères, géographiques, climatiques, etc.), ses spécificités culturelles, le patrimoine artisanal ayant accompagné les mutations historiques de la région et le débat politique qui s’y est incrusté, la région de Kabylie est un terrain idéal pour la mise en œuvre d’une politique de développement tenant compte de l’approche territoriale.
C’est d’ailleurs ce que les pouvoirs publics, au niveau central ou local, tente de faire admettre ces dernières années, depuis au moins l’avènement de la politique de renouveau rural.
Cependant, ayant hérité des stigmates des événements tragiques de 2001 qui n’ont contribué finalement qu’à l’apparition de aarouchya (le tribalisme au sens linguistique du terme), la région est aujourd’hui otage d’une forme de perversion ayant ouvert la voie à des indus qui s’improvisent dans tous les domaines au nom de la légitimité aarouchiste (tribaliste) qu’ils brandissent sans gêne.
On a vu des militants associatifs qui ont transformé leurs associations en boites à but lucratif, des chefs de bandes dans les cités populaires autoproclamés représentants de la société civile. On a vu aussi des amateurs de la communication, de la blogosphère ou de la photo-vidéo qui se font passer pour des journalistes, des avocats qui se font une réputation grâce à leurs accointances avec les meneurs du mouvement aarouch malgré leur compétence qui laisse à désirer. Bref, des professions dont il y a ceux qui les exercent et ceux qui en parlent trop.
La victimisation et la critique tous azimuts (critiquer juste pour critiquer), voire le dénigrement, sont les seules pratiques que ces derniers excellent, tout en ayant une motivation commune qui est la course au gain facile.
On a vu même des tentatives de manipulation lorsqu’un proche de ces courants a des démêlés avec la justice pour des affaires qui relèvent du droit commun.
Les conséquences de ces impostures ne sont pas moins lourdes sur la région : La véritable classe politique et le mouvement associatif étant mis à l’écart, ces nouveaux comportements rendent difficile l’identification des acteurs locaux et les compétences capables de mener des programmes de développement avec une approche territoriale comme le suggèrent les nouveaux paradigmes de l’économie de développement, sans aller dans les dédales de la rapine, la corruption, le banditisme et tant d’autres fléaux qui s’y développent.
La Kabylie mérite mieux.

Classé dans:Ressources naturelles Tagged: approche territoriale, Kabylie


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