DzActiviste.info Publié le ven 25 Juil 2014

Diwane Es-Salihine. La tête pensante

Partager

Le-Ramadhan-à-Dechra-Ghir-Hak« aux déportés à la Nouvelle Calédonie »
De notre envoyé spécial Si Ramdane à Dechra Ghir Hak
Scénario : Abdelkader BENBRIK

Si Makhlouf a décidé de nous parler ce soir du chantre Cheikh Abdelkader Bouras. Contrairement à beaucoup, à l’époque, qui se moquaient ouvertement de ce type musical, car modal et non tonal, Bela Bortok, célèbre jazman américain en fut extrêmement touché lors d’un voyage en Algérie de deux ans (1913-1915). Cela lui inspirera quelques morceaux. Il a fait son premier enregistrement en 1920 et, par la suite, il a continué à enregistrer des disques en Algérie, à Paris et Berlin, jusqu’à sa mort. Le barde de la contestation lyrique détient toujours le record des qacidas avec plus de trois cents poèmes. Il entre dans la cour des initiés pour entrevoir une démarche militante dans la chanson algérienne. L’Algérie en particulier, et le Maghreb en général lui doivent des interprétations et adaptations inoubliables d’œuvres prisées dans le vécu de la société. Il en sera pour preuve la déportation en série des Algériens vers la Nouvelle Calédonie, thème sur lesquels le cheikh axa toute sa philosophie pour exprimer là l’enfer vert de Cayenne, ce crime contre l’humanité. C’est dans ce créneau précis que l’administration coloniale découvre les balbutiements d’une révolte par le son de la Gasba et le génie d’un élève arrachant un CEP à la barbe et au nez de l’école communale française. Dans ‘’Bia Dak El Mor’’, Cheikh Abdelkader Bouras chanta la nostalgie des centaines d’Algériens enchaînés dans les cales de bateaux à vapeur Français, en partance vers le terrible bagne de Cayenne. Cheikh Bouras sera aussi un maître pour les jeunes générations. Il édifia plusieurs artistes, leur expliquant, parfois, pendant de longues heures, une tonalité, une strophe, le sens caché d’un mot, d’un vers, d’une qacida. Il a fait connaître cette musique basée sur des poésies bédouines ancestrales et une influence judéo-arabe harmonique en rapprochant la campagne de la ville. Il a ainsi élargi le mouvement à toute l’Algérie et au-delà des frontières.

On aura bien aimé que ces poètes et chantres sont encore en vie à fin de nous écrire ces paroles qui touchent la réalité de la société algérienne actuelle. Slimane Azem, Ahmed Saber étaient très connu par leur succès dans les années 60, leurs paroles avaient une certaine touche politique et révolutionnaire, tout le monde écoutait ces chansons sur les disques 45 tours, en particulier deux célèbres chansons ‘’El Khedma – Bouh Bouhn’’ d’Ahmed Saber et ‘’Tqcit Aboum Qorqor’’ de Slimane Azem, n’oublions pas que dans les années 60 l’Algérie n’était pas encore guérie du colonialisme français, malgré la pauvreté et l’analphabétisme le peuple algérien a réussi d’éliminé tout ces obstacles en créant des activités artistiques et composant des chansons similaires à celles des chantres d’avant. Malheureusement c’est impossible de trouver des chanteurs pareilles aujourd’hui car le meilleure ne reste jamais et Aujourd’hui, concernant l’art, l’Algérie se recule jour après jour sans se méfier de ce recul. L’exemple de notre Dar Et-Thakafa elle est gérée par Allouche par décision d’en haut, moi je n’y peux rien, on m’a fait ‘’Khodra Fouk Taâm’’ comme tous ceux qui combattaient le fassad.

Ces poètes et chantres, la tête dans les nuages, mais les pieds bien ancrés sur une terre. Qui s’appelle bien ALGERIE. Ils vivent chaque souffle, chaque pulsation, chaque frémissement de leur peuple. Ces poètes algériens que nous évoquons aujourd’hui auraient aimé écrire le chant des rossignols d’une aube heureuse, le souffle de la brise sur la chevelure de l’amante, le ressac de la méditerranée où le son cristallin d’un rire d’enfant, mais ils n’avaient ni le loisir ni le temps. On est loin, très loin ici, du poète et chanteur emmuré dans sa tour d’ivoire et qui ne daigne en descendre que cycliquement le temps de chanter son maître el Hakem. On ne s’embarrasse pas non plus de cette « esthétique pure » et puante qui sort des caves intellectuelles des plumitifs « poétiquement corrects.»

A demain


Nombre de lectures: 1819 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>