DzActiviste.info Publié le lun 4 Juin 2012

Dix ans de fatalité

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Dix ans de fatalité

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Source: EL WATAN du 04.06.12 |

Des deux ou trois choses à retenir de l’intervention d’Ahmed Ouyahia devant les journalistes samedi dernier, outre le constat de l’échec du gouvernement – échec qu’il dit collectif – c’est assurément l’aveu d’impuissance face aux lobbies politico-financiers qui attire l’attention. «L’argent maffieux commande tout», a lâché comme une sentence le Premier ministre, laissant entendre par là qu’il a gangrené jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat. Une sentence accompagnée, elle aussi, de ce sentiment qu’on n’y peut rien, une fatalité en quelque sorte.
Une constatation qui n’est pas sans rappeler celle faite par Abdelaziz Bouteflika, dénonçant, juste après son arrivée au pouvoir, en 1999, la mainmise des «barons de l’import» sur l’économie algérienne. Une décennie plus tard, on sait aujourd’hui ce qu’il est advenu des engagements présidentiels à remettre de l’ordre dans le fonctionnement de l’économie et c’est le Premier ministre qui avoue l’impuissance de l’Etat.

Le président de la République tout comme son actuel Premier ministre ont voulu s’inscrire dans cette même logique qui consiste à faire croire que le pays et son économie seraient la proie de forces maléfiques incontrôlables contre lesquelles ni l’Etat ni le pouvoir politique ne peuvent absolument rien. Une manière comme une autre de se dédouaner et d’écarter toute responsabilité dans la dégradation de la situation. Ahmed Ouyahia va plus loin puisqu’il affirme qu’avec la manière avec laquelle les choses ont été enclenchées en matière de libéralisation économique dans les années 1990, on ne pouvait qu’aboutir à l’échec ; il semble avoir oublié qu’il a été lui-même chef de gouvernement en 1996, qu’il a été l’initiateur des premières privatisations, notamment de la «casse des entreprises locales». On retiendra aussi de cette période la «mise au pas» des cadres des entreprises publiques, dont une bonne partie fut emprisonnée au terme de procès médiatisés dans ce qui s’apparente davantage à une véritable «chasse aux sorcières» contre des gestionnaires publics qu’à une quelconque opération d’assainissement.

Dans de telles conditions, comment s’étonner qu’en moins d’une décennie l’économie informelle allait prendre le dessus sur l’économie réelle et que le «made in Algeria» ne serait plus qu’un vague souvenir devant l’afflux sur le marché algérien de la production d’origine asiatique ? Dès lors, des milliers d’entreprises publiques et privées allaient mettre la clé sous le paillasson et, par la même, des milliers d’emplois détruits… Dix années d’autoritarisme plus tard, la corruption n’a pas été pour autant réduite et le retour à la production nationale tant attendue n’est pas au rendez-vous.

Reda Bekkat
 
VOS RÉACTIONS 7
Mecheri   le 04.06.12 | 16h12
 Vers un avenir plus prometteur !

Je sais à quel point le poids de l’Histoire, les contraintes et besoins brouillent la ccompréhension des évènements.
Toutefois, il ne faut pas laisser place au fatalisme, car la vie de nos enfants en dépendent et celà doit passer par un développement encore plus harmonieux de l’Algérie.
A cet égard, je serais à nouveau ravi de rencontrer les véritables décideurs, car lorsque je vois la CCIAF oser prétendre que le “partenariat économique algéro-français se porte bien” constitue une pure hérésie !
Je sais aussi qu’il est bien plus facile de critiquer que de construire. Toutefois, l’on peut très légitimement se poser certaines questions, lorsque – après plusieurs années d’existence – la CCIAF reconnait d’elle-même qu’il s’agit “d’être plus efficace et plus professionnel !” ( SIC ).
Ancien auditeur, devenu Avocat, je me bats depuis de longues années, y compris à Bruxelles et au sein d’assemblées générales du CAC 40 pour faire reconnaître le bien fondé de partenariats stratégiques avec l’Algérie, porte ouverte sur le continent africain. Néanmoins, je ne dispose malheureusement pas de la structure et des moyens mis à la disposition de la CCIAF … C’est la raison pour laquelle j’invite, très humblement ses dirigeants – si bien évidemment ils n’ont pas peur que l’on fasse de l’ombre -de me contacter, pour effectivement contribuer à donner vie à ces nécessaires jeux gagnant-gagnants pour nos deux grands pays.
Très Cordialement.
François, Omar Mécheri
Mail : mecheri@wanadoo.fr

cadet   le 04.06.12 | 15h49
 dix ans de fatalite.

Monsieur le president et l’eternel 1er ministre savent bien que les mafiosi sont issua de leur parties politique.permettez moi de donner l’exemple de la wilaya de Tebessa ou malheureusent on vote tribalisme.Alors mr Belkhadem a placer un industriel trabendo appartenant a une tribu tres minoritaire qui a a coup de milliards emporter les dernieres elections.

guerza   le 04.06.12 | 15h34
 Les Chinois sont un exemple en economie

@Samourai si les chinois sont champions dans les dessous de table, cela fait de nous les champions du tendre la main comme des mendiants. je tiens donc a préciser que j’ai trouvé plus d’honnêteté chez les chinois que chez les nôtres et ils donnent moins de dessous de table que les Canadiens par exemple…

hadjouti   le 04.06.12 | 13h29
 CAPITALISME SAUVAGE

La corruption et les trafics d’influences ont gangrené toute les institutions,…les forces du mal ont profondément bouleversé nos valeurs,…Cette surdité sciemment voulu risque de rendre l’avenir pire que le passé…Dans mon humble expérience de la vie,…Je n’ai jamais connu un état contre son peuple comme celui de notre patrie,
Pourtant au sein de nos institutions il existe d’éminentes personnalités, sincère, propres, honnête, lumineuses et compétentes, hélas étouffé par la négation qui gravitent au sein et autour de nos
de nos institutions…
En tout cas Bravo à monsieur Réda Bekkat pour son degrés de perspicacité très élevé !!!

mou3iz   le 04.06.12 | 13h24
 OU YA YA ;

SYSTEMATISATION DU SYSTEME Ou ya ya
Subtilement, comme à son accoutumé , exception faite cette fois , point aphorisme populaire de Loubia et homus , point de glorification, l’apologie ou le procès d’intention d’un échec annoncé, dans une déclaration solennelle dont le timing et le contenu Méritent méditation. Quelle mouche auras t’elle pu piquer notre imperturbable premier ministre pour :
Primo : reconnaitre échec de sa politique économique.
Secundo : Parler du système ésotérique et occulte qui disposerait du vrai règne de la cagnotte monétaire nationale, enfin en d’autre terme (Sonatrach).
Tercio : Quelle crânerie suicidaire, Oser défier l’occulte Système criarde en pareilles circonstances ?
Pour le commun des mortels , de part le fait que notre premier ministre , pour une fois , heureux que nous sommes ,nous à épargné ses M’hajiaths de grandes mères , tambourine l’échec de sa politique économique menée depuis plus de deux (2) décennies que nous devons édulcorer à notre tour et à notre manière de couleur tangentielle d’un noir corbeau inimitable et immuable durant la décennie Ouyahyanne .
Ce sentiment incongru d’une culpabilité malsonnante, me semble déconvenue, par contre méritoire quant à l’échec annoncé de sa politique économique, en essayant de nous faire avaler la grosse désinvolture de « s’est pas moi sideswila ».
Comme par hasard, son frère qui, nous ignorant par quel déconvenue, maladroitement l’a déjà livré à la potence en tirant à boulet rouge juste avant les préposés législatives, en invoquant l’échec cuisant de son frère premier Ministre mission, « vaut mieux tard que jamais ».
Hormis son stratagème, qui durant tout la démocratie préférentielle des vingt et un jours, aux quels il s’est êtes attelé sans relâche ou compromission, en sillonnant la totalité des wilayas, meeting après meeting, point de mot quant à votre bilan, sans offense à la langue de bois. Effréné que par les sondages futuristes de certains bureaux d’études payés en monnaie rutilante de son succès électoraliste.
Reconnaissez, Monsieur le premier Ministre que, durant votre prise de crachoir, vous avez menti à tout ceux qui semblaient vous écouter. Aujourd’hui, Il faut admettre, que votre déception après ce réveil cauchemardesque brutal risque fort bien de vous importer à jamais ainsi que votre parti ou gite affairisme et dérision. Heureusement que le ridicule ne tue pas dans notre Bled, Mister the prime minister !….
Mon sondage à m…

samourais   le 04.06.12 | 12h30
 les coupables doivent payer

on ne fait d’un âne un cheval de course

lorsque des bouseux commandent, ça donne cette image piteuse de notre pays

il est temps que ces gueux qui ont détruit le pays, payent de ce qu’ils ont fait endurer aux algériens

les Chinois sont les champions des dessous de table

je le dis haut et fort ,dehors les Chinois !!

lhadi   le 04.06.12 | 11h45
 La volonté politique

Qui peut croire, s’il regarde les choses avec un minimum d’objectivité, qu’il est facile et aisé de diriger un pays composé de deux catégories d’algériens, ceux qui font leur devoir et ceux qui ne le font pas.

Et, pourtant l’Algérie est une, portant la marque de notre diversité. L’Algérie est aussi le résultat d’une histoire faite d’ambitions et d’échecs cruels.

Faut-il, pour autant nier la crise économique et le chômage qui agissent comme des ferments d’une crise identitaire, sur laquelle a pu renaître ce vieil ennemi de l’intérieur : l’affirmation qu’il serait légitime de céder à l’égoïsme, à l’individualisme.

Faut-il nier le dénuement, la désespérance ou la tyrannie qui poussent tant d’Algériennes et d’algériens sur les routes angoissantes et incertaines de l’immigration ?.

Peut-on admettre, que sous couvert de libertés religieuses, une forme d’idéologie antidémocratique et rétrograde puisse se mettre à l’œuvre avec ses objectifs et ses méthodes de provocation ?.

Ne nous laissons pas abuser par les sirènes du passé d’un État providentiel. Ce serait un choix suicidaire et injustifié et les plus Modestes en seraient les premières victimes si nous ne tenions pas compte de la réalité et de la situation économique et sociale.

Nous avons toutes les capacités à donner des réponses à l’analyse de la situation institutionnelle, économique et sociale du pays, à condition, bien sur, de prendre des décisions claires et de nous en donner les moyens.

La chape de plomb conservatrice et pessimiste, fondée sur le postulat que ce qui a été fait hier serait nécessaire meilleur que ce qui pourrait être fait demain, d’une part. Et, d’autre part,l’absence de reforme et l’irresponsabilité individuelle sont un danger qui menace notre cohésion sociale.

Dans le monde qui s’ouvre, plus que jamais tout est possible. A notre jeunesse, qui veut vivre son temps, bâtir son avenir tout en bâtissant l’avenir du pays et aux créateurs d’en être les architectes du rayonnement de l’Algérie qui s’imposera dans les vastes mouvements du monde.

Fraternellement lhadi
(lahdi24@yahoo.fr)


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