DzActiviste.info Publié le jeu 27 Déc 2012

Djurdjura : Alors que la délinquance s’enfle de jour en jour. Jusqu’à quand l’absence de bibliothèques communales ?

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Amar Cheballah

Photo: Boghni bibliothèque communale transformée en parc de stationnement

Photo: Boghni bibliothèque communale transformée en parc de stationnement

Comment peut-on lutter contre la délinquance, construire et renforcer au même temps la citoyenneté et la démocratie lorsqu’à travers tout le Djurdjura, il n’existe pas une seule bibliothèque communale ? Comment empêcher les jeunes lycéennes et lycéens d’être la proie facile des mililieux de la delinquance ? Pourtant, dans leurs études sur les bibliothèques, les spécialistes estiment que chaque centime qui entre dans les bibliothèques est un investissement qui diminue largement les charges de l’Etat.

Dans le cadre de la lutte contre la délinquance et la marginalisation de la jeunesse, de nombreux pays ont investi dans la politique des bibliothèques publiques. Dans certains pays par exemple, après un programme d’investissement intensif dans de nouvelles bibliothèques publiques au cours des années 1980, on a commencé, depuis quelques années, à construire des « médiathèques de proximité ». Dans les régions rurales et les banlieues sensibles des grandes villes en particulier, celles réputées pour leurs violences, plusieurs lieux de culture et d’accès à l’information, d’échange et de citoyenneté ont été en partie créés au cours de ces dix dernières années, avec un accent mis sur une architecture adéquate et une ambiance agréable.

La bibliothèque est par excellence un lieu de socialisation qui traduit la liberté de penser, brode l’imaginaire collectif, ressoude les fragments de la mémoire collective par des liens de solidarité et assure le soutien à la lecture, à l’alphabétisation, à la formation et à la mobilisation autour des valeurs citoyennes. Même si le sujet est méconnu à Tizi-ouzou, Bouira et Bejaia, il n’en reste pas moins que nos interlocuteurs n’ignorent rien de l’importance de la question. A ce titre, on est unanimes à dire que « la construction d’une bibliothèque communale coûte moins chère qu’une maison d’arrêt, une maison de rééducation ou encore une prison. » Et d’ajouter : « Une bibliothèque est un investissement sur pour peu qu’elle soit entre les mains de vrais connaisseurs. » Or, l’Etat au fait de l’importance de la question, a lancé dés 1980 la première université en bibliothéconomie à Delly Brahim. Depuis, des milliers de licenciés ont été formés sans que des bibliothèques voient le jour à travers le pays.

Quoi de plus sur que le savoir pour lutter contre la délinquance et les fléaux sociaux ? Ce n’est pas sans raison qu’un auteur français avait déclaré en son temps « qu’il voudrait que chaque habitant aille chercher son livre comme il irait chercher une baguette de pain ». La bibliothèque nourriture est une métaphore que l’on rencontre régulièrement. Mais la baguette n’est-elle pas une image particulièrement parlante pour ces bibliothèques ? Ce n’est pas seulement en raison de leur succès qu’elles ont été très vite appelées « ruches ». La vie sociale locale y bourdonne et y résonne.

De même, dans certaines banlieues difficiles en Europe, c’est à la demande de psychopédagogues, pédagogues, psycholinguistiques et autres sociologues et psychanalystes que les autorités ont procédé à un tout nouveau concept de bibliothèque en vue de faciliter l’intégration des jeunes en difficulté. Là aussi, il s’agit surtout de réunir une multitude d’importantes fonctions sociales dans une ambiance agréable : des jeunes peuvent s’y faire conseiller sur des questions d’emplois ; ils peuvent aussi y suivre des cours de perfection ou d’autres matières dans des laboratoires d’apprentissage intégrés, emprunter des documents qui cadrent avec leurs ambitions personnelles ou leur culture d’origine, surfer sur internet, rencontrer des amis et surtout : boire un café pour expurger ses angoisses.

Ces nouvelles bibliothèques de proximité portent un nouveau nom, bien qu’elles remplissent toutes les anciennes fonctions de la bibliothèque comme espace social, en tant lieux de thérapie pour promouvoir le savoir et les valeurs citoyennes et lutter contre toutes les formes de délinquances et d’ignorance.


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Displaying 1 Comments
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  1. radjef said dit :

    Tout récemment, un ami journaliste, dans une enquête sur les cybers en Kabylie, a estimé que sur 22 internautes, 20 consultent sans arrêt les sites pornos. Comment l’Etat peut-il changer de conduite lorsque dans les serviettes d’enseignants à l’université, il y a plus de p^préservatifs que de livres et de manuscrits à lire?

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