DzActiviste.info Publié le sam 13 Juil 2013

Djurdjura : Drâa El Mizan, l’urbanisation par l’ignorance.

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Par Said Radjef

stop_ignoranceAu delà de la corruption qui ravage le foncier, c’est à une urbanisation anarchique défiant toutes les normes en vigueur que nous assistons au Djurdjura. Les cités dortoirs s’y multiplient notamment dans la vallée du Djurdjura où les populations touchées par le terrorisme et les catastrophes naturelles sont venues s’établir en masses. Des cités construites à la va vite par des trabendistes reconvertis en architectes, avec la complicité des autorités nationales et locales. A ce titre, le cas de la ville de Drâa El Mizan située à quelques 40 KMS de Boumerdes est édifiant. De nouvelles bâtisses poussent chaque jour, le plus souvent dans l’anarchie, sans que pour autant les infrastructures urbaines et les installations nécessaires à un confort, ne serait-ce que rudimentaire, soient présentes. Outre le manque d’eau, d’électricité et un réseau routier défaillant réalisé par la colonisation en 1910, lorsque la population locale ne dépassait pas les 1000 habitants, « l’exode » s’est accompagné de l’émergence de graves problèmes sociaux et sanitaires.

L’écart se creuse entre classes sociales et les inégalités en matière de logement, de santé, et d’accès aux ressources sont désormais visibles dans l’espace public urbain, entre quartiers aisés et cités populaires ou la dégradation des conditions de vie met la ville en état de tension permanente, dans une violence qui n’a d’égal que son développement anarchique. Lorsque l’urbanisation ainsi décrite se combine à d’autres types de changements, culturels et communautaires, la situation s’aggrave encore, rendant ainsi le Djurdjura invivable, méconnaissable.

Créée par le général Clausel en 1860, la ville de Drâa El Mizan, deuxième commune mixte de Kabylie après la ville de Dellys, fonctionne aujourd’hui avec moins de 4% d’universitaires, alors que le lycée Ali Mellah, à lui seul, a produit plus de 9000 bacheliers. Cependant, confiée à des boulangers, des revendeurs d’alcool, des marchands de matériaux de construction, des bouchers et autres élus cooptés à leur insu par les hommes du régime, l’urbanisation de la ville rime avec atteintes à l’environnement. Les projets urbains sont posés sur le territoire, indépendamment du contexte et des spécificités de leur site. Les infrastructures urbaines sont de piètre qualité, peu durables, conçues jusqu’à présent en dehors de toutes exigences d’efficacité et de normes architecturales universelles. Sous l’effet de pratiques spéculatives et de corruption à large spectre, la construction des logements s’effectue non seulement sans adéquation avec les exigences environnementales ou le facteur du tourisme reste l’élément dominant de la région, mais sans cohérence avec la demande réelle. Du coup, la crise du logement sévit toujours : on peut trouver des gens qui possèdent jusqu’à une dizaine de logements et d’autres en train d’attendre depuis tente ans pour en avoir un. Le drame ne s’arrête pas à ce seuil. Certaines cités fraîchement construites sont de véritables villes fantômes. Elles n’existent nulle part sur le registre des domaines et du cadastre…


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