DzActiviste.info Publié le ven 27 Sep 2013

Douche froide sur les vrais chiffres de la presse algérienne francophone !

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Une certaine presse algérienne d'expression française a vraiment réussi à faire croire qu'elle a une véritable audience au sein de la population algérienne, et même qu'elle est une faiseuse, et donc une défaiseuse, de rois.

Certains patrons de presse s'en servent comme d'un sésame, pour faire marcher leurs vraies combines, et de nombreux barons du régime la craignent vraiment. Non pas parce qu’elle jouit d'une quelconque importance, mais surtout parce qu'elle est lue dans les chancelleries étrangères qui se trouvent en Algérie, et qui pensent, à tort, qu'elle représente une certaine vision du vrai pouvoir, particulièrement celui des Services, voire même qu'elle en est une sorte de porte-parole officieux, un facteur autorisé pour transmettre certains messages, destinés à un certain occident.  

 

En vérité, la presse algérienne, surtout celle d'expression française, est une véritable arnaque, une baudruche pleine de petits vents.

 

En termes de statistiques, et contrairement à celles concernant les audiences de la télévision, par exemple, où c'est l'ensemble de la population qui est pris en compte, du bébé jusqu'au plus vieux vieillard, puisque du bébé au vieillard, tout le monde regarde, un tant soit peu, la télévision, pour la presse écrite, il n'est tenu compte que de la population adulte. Celle censée lire. Et lire dans une langue donnée !

 

Pour ce qui est de la presse écrite algérienne francophone, il n'est tenu compte que de la population adulte d'expression française. Il est difficile de l'évaluer et il n'existe vraisemblablement aucune étude sérieuse sur le sujet, hormis celles qui gonflent outrancièrement la vérité. La population francophone adulte, du niveau le plus sommaire, ceux qui comprennent la langue et la parlent un peu, jusqu' à ceux qui la pratiquent à des niveaux universitaires, est évaluée à plusieurs millions. Mais si l'on considère le niveau d'arabisation du système éducatif, et le temps depuis que celle-ci a été lancée, ceux qui sont capables de la lire aujourd’hui dans des journaux ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, le million de personnes, tous niveaux confondus. 

 

Donc, si nous nous amusons à imaginer combien dans ce million de personnes achètent et lisent la presse francophone, et parmi ceux-ci, combien lisent les très alambiquées analyses dites politiques, du genre qu'on nous sert à profusion ces derniers jours, il serait difficile de soutenir qu'il y ait plus de cinq cent mille lecteurs, pour toute la presse francophone, tous titres confondus, qui se comptent en dizaines.

 

Donc, en vérité, dans le meilleur des cas, nous pourrions dire, qu'en moyenne, et en étant très généreux, chacun des grands titres de la presse francophone ne dépasse pas les quarante mille lecteurs. En moyenne !

Je ne parle pas des canards boiteux qui ne tirent que pour avoir les sous de la pub, que leur servent leurs potes du régime, pour des services rendus qui ne rendent aucun service en vérité. On dit même que certains titres ont plus d'invendus que de tirés. La plupart impriment beaucoup plus que leurs prévisions de vente, parce que ça leur permet de tenir leur "rang", et de continuer à se la jouer "grands journaux". Il existe même des journaux qui envoient directement une partie, plus ou moins importante, de leurs journaux tirés directement au pilon, où à la vente au kilo.

 

Sinon, pour rester dans la même démarche, puisque nous avons bien voulu créditer ces journaux d'une moyenne de 40 000 lecteurs, prenons le journal "X", pour ne citer aucun de tous ceux dont le principal talent est de donner le change, et de faire croire qu'ils sont de grands titres.

 

Mais plutôt que de prendre la population adulte, prenons comme base de comparaison la population totale. Juste pour rire un peu, et pour avoir une vraie vision sur l’importance de ces journaux, en termes statistiques.

 

Si X a donc 40 000 lecteurs quotidiens, cela ne représente qu'environ 0,1% de la population totale. C'est dire ! Un grand journal dont le lectorat est de 1‰ !

 

Envisagée sous cet angle, l'information est autrement plus parlante, et devrait inciter à plus d'humilité ces gens qui nous la jouent grands patrons de presse, capables de faire bouger les lignes.

Et encore, dans ce chiffre de 0,1%, il faut encore subdiviser ce lectorat selon l'interet qu'il porte à tel ou tel article, sachant que la rubrique sport vient en tête, suivie des faits divers, et que les analyses un tant soit peu élaborées sont les moins lues. Donc, le grand patron de presse qui balance l'édito qu'il a promis à son protecteur, lors d'un thé pris sur les hauteurs d'Alger, n'est lu que par la plus petite portion statistique quotidienne du lectorat de son journal. C'est à dire une infime partie des 40 000. Allez! Pour être généreux, disons que 20% de ce lectorat va lire le fameux édito. Donc, 8000 lecteurs, à tout casser, ambassadeur de France compris. 

 

Voilà de quoi remettre les pendules à l'heure ! Voilà pour faire comprendre au fameux protecteur, qui convoque les patrons de presse pour leur demander de faire passer tel ou tel message, que le formidaaaaable édito ne sera lu que de 8000 lecteurs. 

 

D.Benchenouf

Journaliste d'expression française. 


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