DzActiviste.info Publié le dim 23 Déc 2012

Éducation : La « malbouffe » dans les cantines scolaires »

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cantine-scolaire_1176589« Papa, la nourriture n’est pas ce que tu imagines. »
Par Amar Cheballah

« Chaque matin, je prépare le déjeuner de ma fille de 10 ans avant 7h30. En règle générale, je me plains de devoir le faire. Ma fille fréquente une école qui se trouve à deux pas de la maison ou nous habitons », raconte une maman dépitée. Et d’ajouter : « Il y a quelques années de cela, les choses ne se passaient pas comme ça. Les enfants préféraient manger à l’école qu’à la maison. »

Que s’est-il donc passé pour que les élèves refusent de manger à la cantine scolaire ? Deux élèves sur trois refusent de manger à la cantine. Même ceux inscrits d’office en demi-pension en raison de leur éloignement, préfèrent ne rien manger que de prendre le repas pour lequel les parents ont déboursé la somme de 1800 dinars (annuellement). Selon la majorité des élèves (lycéens, collégiens et écoliers du primaire), la nourriture servie dans les cantines scolaires est immangeable. On y mange très peu et très mal. Outre le pain qui manque à volonté, les plats principaux sont trop souvent en sauce avec des aliments très peu nutritifs que les enfants n’aiment pas manger, alors que la viande n’existe pas. Les légumes secs qui constituent l’essentiel des plats de la semaine, sont mal cuisinés, tandis que la pomme de terre est servie occasionnellement, selon les humeurs du marché local. Même les pâtes à la portée du budget scolaire et pour lesquelles les enfants sont si friands d’habitude ne sont pas bonnes car trop froides et mal préparées.

Outre la « malbouffe », les cantines datant pour la plupart des années 70 et 80 ne sont pas en mesure de recevoir ou de répondre à la demande des écoles dont le nombre d’élèves est toujours en courbe croissante. Comment peut-on recevoir 500 lycéens dans un espace de moins de 100 mètres carrés ? Pour ainsi dire, pour reprendre les propos de nombreux enseignants, les écoles ne disposent pas de vraies cantines à ce jour.

Interrogés à ce sujet, les parents d’élèves estiment que leurs enfants ne sont pas en mesure de leur dire ce qu’ils mangent. Aucun goût, aucune différenciation des saveurs. Quant à l’équilibre des menus, c’est consternant. « La semaine dernière, raconte un parent, mon fils a vomi toute la journée. Au fait, il a pris une intoxication à cause d’un œuf périmé qu’il a mangé à la cantine. Quant aux allergies, elles sont fréquentes et touchent la plupart des enfants ». A défaut de manger n’importe quoi, et à la recommandation des parents, les élèves se sont habitués à ne rien manger. Sur quoi notre interlocuteur ironise : « L’Algérie ne court aucun risque d’obésité. » Comme on est loin des normes universelles qui offrent à l’école et au cerveau de l’élève de nouvelles formes d’émancipation à travers des options dans la planification de menus pour assurer que les enfants reçoivent un repas sain et nutritif chaque jour.
Les économes chargés de la gestion des cantines scolaires ainsi que les enseignants, reconnaissent que la composition des repas servis quotidiennement ne sont pas conformes aux normes requises. « Il y a bien longtemps que la diversification et la qualité des repas n’existent plus dans nos écoles », avoue Belgaid R enseignant d’anglais au lycée. Et d’ajouter : « La viande, les légumes frais, les laitages, les féculents et les fruits si nécessaires au développement du cerveau humain sont si rares que leur présence accidentelle dans un menu relève du miracle. » Les gestionnaires, les directeurs d’écoles et les proviseurs, imputent la responsabilité de cette situation aux collectivités locales. « Aujourd’hui, le budget de la restauration de l’école dépend de la municipalité. C’est la commission sociale des mairies qui a en charge la gestion des cantines scolaires.» Mais pourquoi donc le Ministère de l’Education a-t-il confié la gestion des cantines scolaires à de petits scribouillards de la municipalité ? Mais là, c’est une autre histoire !


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Displaying 1 Comments
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  1. radjef said dit :

    A Gibran Khalil Jabran et Ahmed Amin

    Mensonge, ignorance et hypocrisie.
    Quel l’ennemi de l’homme ?
    La dictature ?
    Non.
    L’injustice et les maladies ?
    Non
    Alors, dites moi qui est l’ennemi de l’homme ; cet ennemi qui a asservi l’humanité ?
    Le mensonge et l’ignorance.
    C’est quoi au juste le mensonge et l’ignorance ?
    Le mensonge, c’est comme ces hypocrites qui se réclament de l’opposition qui ont abandonné le terrain de la lutte pour dresser les militants les uns contre les autres. Le mensonge, c’est aussi ces gens qui ont abandonné le terrain de l’école, de la justice et de la communication au profit du pouvoir et qui se sont autoproclamés chantres de la revendication citoyenne et démocratique.
    Et l’ignorance c’est quoi au juste ?
    L’ignorance c’est comme l’histoire de la presse algérienne qui parle de corruption sans jamais parler des corrupteurs, des fléaux qui gangrènent la société sans jamais parler des responsables de ces fléaux. L’ignorance, c’est comme l’histoire de cette presse qui s’appuie sur le discours de la vérité pour tuer la vérité, pour chasser le bien et restaurer à sa place le mal.

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