DzActiviste.info Publié le jeu 28 Nov 2013

El-Asnam 1980 – Chlef 2013 : Les chalets, toute une histoire

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 G. O., Le Quotidien d’Oran, 26 novembre 2013

Capture plein écran 10102012 094135Les ministres de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Finances et de l’Habitat doivent apposer, ces jours ci, leur signature au bas de la circulaire qui comporte les mesures dont a fait part le Premier ministre aux habitants de Chlef.

Jeudi dernier, le Premier ministre avait esquissé, devant les représentants de la société civile, les contours d’un schéma de règlement qui, selon lui, mettra un terme à cet épineux problème. «Plusieurs mesures ont été prises, on va vous aider à réhabiliter vos chalets, à condition de ne pas en faire des gourbis, » a-t-il affirmé. Il ajoutera pour convaincre, que « Chlef a une culture, des traditions, des références intellectuelles, il faut que son visage change. »

Appelés communément « chalets », ou « brariks » par les Asnamis, les logements préfabriqués ont été «posés» au lendemain du violent tremblement de terre qui avait secoué El Asnam, le 10 octobre 1988. Le recours à ce modèle d’habitation à été décidé par les gouvernants de l’époque pour permettre aux familles d’être logées dans des conditions acceptables après qu’elles aient bravé la canicule et le froid, pendant de longs mois, dans des camps de toile. Les chalets, bien que confortables, devaient être une solution provisoire, en attendant que l’Etat reconstruise la ville.

Il est connu que le logement préfabriqué a une vie courte d’à peine dix ans. D’autant que la région est réputée pour ces fortes chaleurs, durant la longue période de l’été et son froid glacial en hiver. Il a aussi été dit que les chalets contenaient de l’amiante, une matière nocive pour la santé. Tout plaidait, alors, en faveur de leur éradication «dans les délais.» Mais il n’en a été rien. Les chalets durent depuis 33 ans.

Ces longues années les ont bien marqués. Nombreuses sont les familles qui ont été obligées de combler le vide qui sépare leur « barraka » du sol par des quantités importantes de ciment pour soutenir le plancher qui s’est complément effrité. D’autres ont été, désagréablement, surprises par les mauvaises odeurs qui ont commencé à empester leurs cuisines ou leurs chambres, en raison des eaux qui se sont infiltrées à l’intérieur des pans de murs qui contiennent de l’amiante. La réhabilitation, le réaménagement ou l’éradication -c’est selon les quartiers et les familles- des maisons préfabriquées, a été posé, à maintes reprises, par les habitants de Chlef mais, sans pour autant, atteindre un semblant d’entente entre eux et les gouvernants. Jusqu’à ce que la colère éclate et met Chlef, sens dessus-dessous. De violentes émeutes ont, en effet, éclaté en 2007, secouant la ville, dans tous les sens, particulièrement dans celui de la confrontation méchante et destructrice, d’un côté comme d’un autre. A l’époque, la manipulation « politique et partisane » avait joué un rôle malsain. Des centaines de jeunes ont tout saccagé, sur leur passage. Nombreux d’entre eux ont été arrêtés et présentés au parquet pour destruction de biens publics et vandalisme. Il faut croire que le gouvernement avait été pour quelque chose, en informant les habitants que le président de la République avait décidé de donner 200 millions de centimes à chaque famille, en vue de détruire le chalet qu’elle habite et reconstruire, en dur, sur le même endroit. Quelques jours après, la loi de finances est votée et ils s’aperçoivent que le montant a été revu à la baisse pour être à peine de 70 millions de centimes. Ce qui est une somme dérisoire pour construire quoi que ce soit. Mais dans l’ensemble, les habitants n’ont pas attendus les pouvoirs publics pour s’aménager une vie, plus ou moins décente. Ils se sont bien accommodés de ce genre d’habitations, en constatant, au moins, qu’elles permettent de dormir en toute quiétude, dans une région qui a souffert des tremblements de terre et qui continuera toujours d’enregistrer d’intenses activités sismiques. Il faut rappeler qu’elle est implantée au pied d’un volcan éteint (à Ténès) et vit sur une ligne sismique marquée par plusieurs failles, et qui se faufile à l’intérieur du continent européen (l’Italie surtout) et même jusqu’à celui asiatique (l’Iran et ses voisins). Ce qui n’a jamais découragé les Asnamis qui ont fait de leurs ‘brariks’ (du moins pour les plus aisés), de véritables résidences, avec salon, cuisine, et sanitaires « secondaires » qu’ils ont construits en dur. Ce qui leur permet d’avoir de l’espace. Ceci, sans compter, (même s’ils ont toujours manqué d’eau), qu’ils se sont aménagé des jardins individuels, bien verts, tout autour de leurs grands « houachs.» Un haouch dont rêvent toutes les familles qui habitent les cités-dortoirs.

Nouvelles mesures pour le règlement du dossier des chalets de Chlef : Les détails d’une circulaire

par Ghania Oukazi

«C’est pour la première fois qu’on agit pour le compte de propriétés privées en offrant aux occupants des chalets de la wilaya de Chlef des aides financières très appréciables pour en faire des habitations modernes et commodes », nous a déclaré un responsable.

Une circulaire interministérielle a été élaborée par le gouvernement Sellal pour régler la question des maisons préfabriquées qui constituent depuis près de trois décennies une grande partie de l’habitat de la ville de Chlef. C’est ce que nous avons appris de sources proches de la direction du logement à laquelle échoit la mission de «régler le problème définitivement.» Le règlement concerne plus de 1800 logements préfabriqués. Il faut rappeler que, pour une première étape, 1200 d’entre eux ont été éligibles à des opérations «de mise à niveau » mais n’ont pas abouti. Et les 6000 chalets restants n’ont jamais été concernés par une quelconque prise en charge.

Aujourd’hui, le gouvernement affirme avoir traité le dossier dans sa globalité -c’est-à-dire les 1800- et offre des solutions jugées « assez intéressantes » par des spécialistes de l’urbanisme. « Nous avons éliminé toutes les lourdeurs procédurales pour mettre un terme aux pratiques bureaucratiques avec lesquelles ces dossiers ont été gérés jusque-là. Décision est prise aujourd’hui pour mettre en œuvre des solutions simples et à la portée de tous les habitants de ces chalets, » nous confie un responsable du secteur. Il s’agit, nous explique-t-il, « de donner à chaque famille concernée 120 millions de centimes dont 8 seront retenus par la direction du logement de la wilaya (DLC) pour financer les services du CTC (Contrôle technique) qui est chargé d’imposer les normes conformes aux opérations de réhabilitation de l’ensemble des sites des préfabriqués qui ceinturent la ville.»

Le CTC a ainsi pour mission de contrôler les fondations qui seront implantées dans tous les sites concernés par cette réhabilitation. «Il faut absolument que les fondations soient antisismiques, le CTC est aussi chargé de vérifier la qualité et l’architecture des façades extérieures que les familles auront choisies pour leurs habitations, il faut en faire des quartiers urbains modernes», nous dit-on. La plus grande nouveauté dans ces choix est que, disent nos sources, «le gouvernement n’oblige personne à détruire son chalet, on ne parle plus d’éradication comme on l’avait exigé il y a quelques années, les propriétaires peuvent réaménager à l’intérieur des façades comme ils veulent, seul l’aspect extérieur doit répondre aux règles urbanistiques.» Les habitants concernés ont donc le choix de détruire le chalet et reconstruire en dur, le réaménager ou le garder et construire à proximité. « On rappelle que toutes les familles ont eu « gratuitement » plus de 400 m3 de terrain chacune, en plus de celui sur lequel est bâti leur chalet », nous précise le responsable. « C’est un espace intéressant qui leur permet de construire ce qu’ils veulent et même de faire de grands jardins », ajoute-t-il en précisant que « tous les chalets et les terrains qui ont été donnés à leurs occupants leur appartiennent, donc de statut privé.»

En plus de l’aide directe de l’Etat (120 millions de centimes), le gouvernement Sellal a en outre décidé, selon nos sources, d’octroyer à chaque famille, un prêt de 200 millions de centimes (au lieu d’un million comme annoncé il y a quelques années), bonifié à un taux d’intérêt de 1%. Il n’a été fixé aucun délai au remboursement de ce prêt. « Aucun échéancier ne sera mis en place », affirment nos sources. L’on souligne qu’ «il est clair que ces aides directes et indirectes bénéficient au dernier occupant, parce que beaucoup ont vendu leur chalet ». On nous fait savoir que « tout cet argent a été sorti du FONAL (Fonds national du Logement), versé dans les caisses du Trésor et mis à la disposition du directeur du logement de la wilaya. » Nos sources affirment ainsi, que « c’est la première fois qu’on agit pour le compte de propriétés privées. »

Autre mesure, il est permis à l’aîné des enfants de chaque famille (ou celui d’entre eux qui n’a pas de logement), de bénéficier de l’aide de la CNL (Caisse nationale du logement) qui est de 70 millions de centimes pour construire une habitation sur les terrains acquis à proximité du chalet parental.


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