DzActiviste.info Publié le mar 30 Juil 2013

El Halqa (21) Les conférences de Si Ramdane fi Ramadane – Un Lieu, Un Surnom Et Une Histoire

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Par : Abdelkader BEN BRIK

al halqaLe Professeur si Ramdane, nous invite aujourd’hui, à son Halqa, pour nous parler de certains lieux et le mystère qui entoure leurs surnoms. Si Ramdane entouré de ses voisins, à son côté l’étudiant Kaddour :
« Chez nous en Algérie, nous possédons des lieux en plus de leur dénomination officielle, une seconde appellation qui s’impose comme leur vrai nom de baptême. Ce nom qui s’accroche et qui résiste au temps a souvent une origine tragique, oubliée de ses propres utilisateurs. A Alger par exemple on entend souvent parler du Ravin de la femme sauvage. Kaddour, tu dois connaitre quelque chose de ce sujet ? » Kaddour comme d’habitude il dira simplement : »Ma âla balich Cheikh, hadi ma Qrinahach » « Eh bien , plusieurs versions » dira Si Ramdane « qui tentent d’éclaircir l’origine de l’appellation de ce lieu qui relie Bir Mourad Raïs aux Champs de manœuvre (autre lieudits d’Alger) Cet endroit qui était couvert de bois a inspiré un tableau d’Auguste Renoir en 1881, au moins deux romans (de Jack Buono, un ancien conscrit de l’armée française et de Jean-Jacques Simon publié en 2005) et quantité de légendes et de mythes. La femme sauvage a-t-elle vraiment existé ? Il semble bien que oui. Le bois d’Oued Kniss avec son dangereux ravin a été habité, dans les années 1870, par une jeune femme aliénée qui errait en hurlant sa douleur durant des nuits entières. Elle se nourrissait de baies et de racines et était peu à peu parvenue à un état de nature quasi animal. Elle a disparu un jour mystérieusement. Qui était-elle exactement ! Tu peux nous le dire ya Kaddour ? »
« Ma âla balich Cheikh, hadi ma Qrinahach » Et Si Ramdane reprend : « Selon des témoignages publiés dans la presse française d’époque (aux Echos d’Alger notamment). Il s’agirait d’une jeune veuve de militaire qui ayant perdu son mari dans la guerre, en 1870, serait devenue folle de douleur. Plus nombreux sont les témoignages qui déclarent qu’il s’agissait d’une veuve qui aurait perdu tous ses enfants dans le ravin suite à un pique-nique de Pâques dans les bois. Les habitants du Ruisseau auraient cherché longtemps, mais les enfants sont restés introuvables. Elle se serait alors installée à demeure pour continuer les recherches. N’ayant jamais retrouvé ses enfants, elle aurait glissée dans la folie. D’autres témoignages décrivent les faits comme antérieurs à l’invasion coloniale. Il se serait agi d’une jeune chrétienne captive du Dey Hussein après une attaque par les corsaires du navire qui la transportait avec son époux. Son mari prisonnier, elle se serait retrouvée au harem du Dey. Ayant toujours refusé ses avances, elle en aurait été chassée. Elle se serait alors réfugiée dans ces bois où elle trouvait facilement à manger dans un mausolée maraboutique. Hadi hiya l’histoire du Ravin de la femme sauvage.
A Tlemcen, on entend, souvent dire’’ El-Oûrit, le gouffre tragique ‘’ Kaddour, nous dira quelque chose sur El-Oûrit, ! »
Kaddour réagit négativement : « Ma âla balich Cheikh, hadi ma Qrinahach » « Et même ton professeur ma qrahach rétorque Si Ramdane qui continu dans son récit : « Les cascades d’El-Oûrit ( le gouffre ont de tout temps approvisionné Tlemcen, Lieu traditionnel de promenade des vieux Tlemcénien, les jeunes filles juchées sur des balançoires y chantaient des chants traditionnels d’un mouvement très lent (Haoufi). L’Oûrit a été immortalisé par le poète Tlemcénien Ibn Khamis (1252-1308) qui mourut assassiné à la cour de Grenade, « J’ai tout oublié mais je n’oublierai jamais El-Oûrit, ni les haltes/pour y humer l’odeur de ses jardins, le parfum de ses fleurs. Je m’arrêtais en haut de la cascade et à travers l’eau transparente : j’apercevais les pierres qui tapissaient le fond. Etait-ce ton eau ou bien mes larmes qui traversaient mon regard ce jour-là ? » S’exclamait le poète dans un élan prémonitoire, en regrettant son pays natal. Ce berceau d’eau et de verdure est également celui où un personnage mystérieux a été torturé sur ordre du Sultan de Tlemcen. Surnommé Rûh el-Ghrib, il semble avoir été un poète-ermite. Un jour que le Sultan avait fait promulguer l’interdiction de se promener du côté du bassin naturel où les femmes du harem devaient se baigner, il transgressa l’interdit royal. On lui trancha alors les tendons des jarrets. La destinée tragique des deux poètes a imprégné d’une nostalgie indéfinissable ces lieux bucoliques, Rana fi nihaya, Saha ftourkom»


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