DzActiviste.info Publié le sam 30 Mar 2013

Elections présidentielles algériennes de 2014: L’esbroufe et le brouillard…

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On veut nous faire croire que les scandales qui agitent le sérail boulitique pourraient provoquer une explosion populaire. On cherche à nous dire que les fleuves de scandales qui débordent des médias, et qui impliquent des milieux périphériques du pouvoir pourraient devenir incontrôlables par celui-ci.
On veut délibérément nous convaincre que l’enjeu des prochaines présidentielles est en train d’échapper à tout le monde, et que personne ne peut prévoir qui sera le prochain président. C’est un peu comme si on nous disait que pour l’année prochaine, on ne sait pas si l’été aura lieu en été.
Les différents, et très prolifiques analystes en tout genre ne nous simplifient pas les choses, chacun y allant de sa propre lecture, souvent alambiquée, où le résultat consiste à compliquer ce qui est simple.

Essayons d’aller au plus clair, de façon directe.
Les prochaines élections présidentielles algériennes, qui doivent se tenir en 2014, ont déjà commencé, et elles sont même dans leur phase finale, en vérité, sauf que les seuls qui ne le savent pas encore sont les Algériens eux-mêmes.
Elles ont commencé par de petites manoeuvres de ménage domestique, où il fallait éliminer quelques ordures ménagères, qui traînaient  ici et là, et qui auraient pu encombrer le boulevard. Et donc, en deux temps trois mouvements, un petit coup de karcher par ci, un coup de balai par là, on a mis à la poubelle, les Sadi, Ouyahia, Belkhadem, Boudjera, et autres msamar djeha, qui espéraient pouvoir accrocher leurs prétentions à l’air du temps.

Entre-temps, les poêles à frire, les M’Kalis, faisaient leur petite cuisine. Il était question de faire rempiler Ali Baba, puisque le scénario qui consistait à lancer Ptit Saïd était tombé à l’eau. Oui, c’est vrai, Ptit Saïd était le vrai président, depuis des années déjà, puisqu’il remplacait sa façade fraternelle, dont il était le trompe-l’oeil patenté.
Mais les M’Kalis avaoent estimé qu’il était possible de lancer, dans une lignée dynastique digne de la région, comme cela allait se faire en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yemen, comme cela s’était déjà fait en Syrie, et comme cela aurait pu se faire en Irak. Sans parler des dynasties bédouines de Saoudie et autres khaïmètes de la région. Mais les gueux de la même région ont été pris de folie contagieuse. Ils se sont mis à ruer dans les brancards, et du jour au lendemain, alors qu’ils étaient doux comme des agneaux, aplatis comme des tapis de prière, et ronronnants comme des chattes en chaleur, ils ont piqué une crise historique. Au point où ils sont passés du stade de foules veules, à celui de peuples révolutionnaires, du jour au lendemain ,sans transition, sans entrainement, sans endoctrinement, sans rien du tout. Et ainsi, paf !  Benali, Moubarak, Kadhafi et autres potes à Ali Baba ont été balayés, avalés par les égouts de l’histoire, sans autre forme de procès. Hormis un lynchage en règle.

Les M’kalis ont donc décidé de revoir leur copie. Plus question, donc, de faire passer Ptit Said. Oubliée l’option. Trop dangereuse pour eux.
Donc, ils ont cru trouver la panacée. Faire rempiler Ali Baba, pour la forme, puisque, de toute façon, c’était Ptit Saïd qui était le vrai président depuis trois ans au moins.
L’affaire avait donc été conclue.
Il ne restait plus qu’à mettre la machine en marche. Pour faire croire au ghachi qu’il allait lui-même appeler le Président providentiel à se sacrifier pour un quatrième mandat.
Le reste était une simple routine, confiée à des relais périphériques, qui allaient de la simple propagande patriotarde, à des semblants de comités de soutien, et autres gesticulations de circonstance, où des figurants allaient jouer de pathétiques petits rôles, avec un entrain et un zèle peu communs, au point où tout le monde finirait par y croire. Plus ou moins, bien sûr. Faut quand même pas exagérer. Les M’Kalis n’ont pas le temps de croire à leurs propres mystifications.

Mais le problème fut que certains cercles, qui gravitent autour de la grande Makla, le cénacle des Barons M’Kalis, ont compris que s’ils voulaient être invités à la table des maîtres, il fallait qu’ils aient leur mot à dire, dans la désignation du futur Président. Qu’importe que ce soit Hmida ou Hmimed, puisqu’il ne serait qu’un façade  Mais il fallait qu’ils soient consultés, qu’ils aient leur mot à dire, pour pouvoir s’inviter à la curée. Pour avoir droit au butin.

Et donc, comme il fallait parler le langage qui a cours dans le milieu, où seule la force, et la capacité de nuisance ont droit de cité, les uns et les autres ont commencé à tirer des coups de sommation, par corrompus interposés, mais sans remonter toutefois aux vrais barons. Il fallait juste donner la mesure de sa  capacité à faire du chahut. Le reste relève de l’élémentaire. Les relais étant bien huilés, et la musique bien orchestrée, la partie s’organisait, entre joueurs émérites, qui savent jouer de leurs atouts maîtres, et de leur bon quart-d’heure, où le bluff peut transformer une pioche en carte maîtresse.
C’est cela qui se passe en ce moment.

Chaque évènement, du plus extravagant scandale jusqu’à la plus insignifiante menace d’enquête, n’a d’importance que dans la recomposition des équilibres, au sein d’une même mafiocratie.
Contrairement à ce que certains médias veulent faire croire aux gogos, il n’y a pas de clan qui en menace un autre. Ils ne sont pas suicidaires à ce point. C’est juste une tempête dans un verre d’eau, où toute menace contre leur propre pérennité est naturellement conjurée, totalement exclue.
Tout ce qui se passe en ce moment, qui peut sembler spectaculaire et prometteur, n’est qu’échange d’amabilités, entre prédateurs qui se disputent des brisées. C’est juste que c’est leur façon de s’exprimer. En d’autres temps, ils le faisaient par carnages de populations interposées. C’est donc qu’ils sont devenus un peu plus civilisés.

La seule menace pour ces gens, qui pourrait perturber leurs petits et grands calculs, et les plonger dans des dynamiques qu’ils ne pourraient plus contrôler, est celle qui pourrait surgir d’évènements qu’ils ne contrôlent pas, comme cette contestation qui monte dans les régions sahariennes. C’est cela qui les inquiète, et c’est cela qui les soude. Ils ne veulent pas de mouvements d’hummeur qu’ils n’ont pas eux-mêmes suscités. Et c’est pourquoi ils mettent le paquet, pour empêcher toute mauvaise surprise…Pour eux, bien sûr !
Pour le reste, pour toutes ces histoires qui emplissent les journaux, où il est question des petits Chakib, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Encore moins d’envisager un coup d’Etat, ou de lancer une révolution. Sauf surprise venant du peuple, les jeux sont déjà faits. Les prochaines élections présidentielles ont déjà eu lieu, et le Président est déjà élu. Très vraisemblablement Ali Baba qui va rempiler pour un quatrième mandat.

DB


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