DzActiviste.info Publié le mer 1 Oct 2014

Elites ou « khemes » de généraux fellagas.

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Intellectuels2Par Said Radjef

Il fut un temps où l’on jugeait impératif de mener une existence vertueuse. Il était question d’intégrité morale et intellectuelle, d’engagement profond et sincère envers un but dépassant l’enrichissement personnel, d’un certain altruisme, pour ne pas dire d’humilité. Ceux qui se trouvaient au sommet y étaient peut-être parvenus en se montrant implacables et ambitieux, mais ils savaient que pour gouverner il fallait donner l’exemple, et que cela nécessitait d’autres qualités que de simplement penser à soi. Cette époque est révolue. Au fait, elle est révolue depuis bien longtemps déjà. Depuis le coup d’Etat contre Messali en 1954, depuis l’exécution de Abbane Ramdane, la vertu n’a plus aucun sens dans notre société. La lâcheté et la bassesse ont pris sa place. Tout va de travers et toutes les impostures sont permises. Si bien qu’aujourd’hui si vous n’êtes pas un grand salopard, un homme cupide et sans le moindre scrupule, vous risquez à coup sur de vous retrouver en marge de la société, à la merci de tous les prédateurs…Une seule chose compte : accumuler le maximum de richesses et être l’interlocuteur privilégié des généraux fellagas. La manière d’y parvenir importe peu, après tout le peuple est un tas de canaille qui croit à tous les slogans et à toutes les histoires qu’on lui sert, à commencer par le changement, l’alternance au pouvoir, la dynastie des Sanhadja contre celle des Zenata, le départ de Bouteflika, se faire passer pour une victime du DRS, cataloguer des amis d’agents du DRS, dresser les uns contre les autres…Par moment, on a du mal a trouver la ligne de démarcation entre ces champions de l’opposition et les agents actifs du service clandestin de la DMI (direction de la manipulation, de l’intox et d’infiltration) .

Pendant des années, on avait espéré qu’un sociologue, qu’un historien ou qu’un leader politique évoque la question comment et pourquoi d’illustres universitaires au parcours politique impressionnant comme Ferhat Abbas, Benyoucef Benkhedda, Saad Dahleb , Ahmed Francis et d’autres figures emblématiques du mouvement nationaliste ont accepté de se mettre sous la tutelle de colonels inconnus jusqu’alors dans tous les partis, des colonels sans parcours militant, limités intellectuellement et culturellement. Certains parmi ces leaders universitaires sont devenus les serviteurs zélés et exaltés de Krim, Boussof et Boukharouba. En vain ! Le sujet semble n’avoir jamais effleuré l’esprit de nos élites bien pensantes.

Cette attitude qui a tant déshonoré le politique et terriblement nui à ce qui est convenu d’appeler élites universitaires et journalistiques, est réapparue avec force au cours de ces dernières semaines, notamment à travers l’exécution du ressortissant français Hervé Gourdel par une partie de l’armée algérienne et les services secrets français. La presse en grandes manchettes, ne nous demande pas moins que de chasser Bouteflika, lyncher le secrétaire général du FLN Amar Saadani et placer la république sous le protectorat des caporaux comme si le pays n’était pas la propriété exclusive de l’armée qui n’arrive pas encore à comprendre que la modernité ne signifie pas piétiner nos valeurs, notre passé, notre culture arabo-musulmane et notre identité amazighe. Baisser la culotte devant l’Africom et l’OTAN et s’aligner sur le mode de la civilisation occidentale n’est pas un projet de société ou un signe de modernité… Au contraire, c’est une forme d’aliénation très avancée, une menace pour l’avenir du pays.

Outre les plumes universitaires qui ont exhorté l’armée a se déployer davantage au Djurdjura, la presse comme à son accoutumée nous a gratifié de quelques « unes » a faire tourner un esprit rationnel en cheval breton : « La Kabylie a peur », « La population kabyle se mobilise derrière l’ANP », « La Kabylie en colère »… Plus loin encore, dans des articles, des analyses et des comptes rendus sans rien de commun avec la réalité de la région, on incite la population locale a se soulever contre Bouteflika, a condamner son initiative pour la paix et la réconciliation nationale. La Kabylie scandalisée par l’exécution du ressortissant français, sait ce qu’il y a dans ses entrailles. Elle n’est pas en colère, et elle n’a peur de personne. Elle ne s’est jamais mobilisée derrière un militarisme de cons. Elle est libre, elle est citoyenne. Elle est algérienne pour la paix et la réconciliation. Elle se demande juste comment des universitaires bardés de diplômes en viennent à conclure que la science et le savoir ne valent rien devant la mitraillette d’un caporal inculte et mercenaire.


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Displaying 4 Comments
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  1. radjef said dit :

    Il n’y a aucune region d’Algerie qui croit à la menace terroriste ou djihadiste. Sur trente personnes interrogées au Djurdjura sur l’execution du ressortissant français, aucune d’elle n’a fait reference aux djihadistes…Il n’y a que la presse, l’armée et les services secrets algériens qui voient partout des djihadistes en train de comploter contre le pays…Le peuple algérien n’est pas Don Quichotte. En dépit de ces entreprises criminelles qui visent à corrompre l’imaginaire collectif et à pousser le peuple à la soumission, il y a beaucoup de génie, beaucoup d’audace intellectuelle et beaucoup de pugnacité dans ce pays qui veut aller plus loin que la Turquie. Caporaux, rentrez dans vos casernes, la politique est une chose tres serieuse pour qu’elle soit confiée entre les mains des gens stupides comme vous!

  2. Djamal Amran dit :

    On a clairement affaire à un crypto islamiste qui essaie de se servir le plus habilement qu’il peut des poncifs habituels accolés aux tenants du pouvoir en Algérie et même aux opposants à ceux-ci. Afin de compléter son camouflage, il prend soin d’y adjoindre un couplet sur ce que pense selon lui, la Kabylie. Le résultat est en définitive, de dédouaner Jund al khilafa du meurtre de Hervé Gourdel.

  3. radjef said dit :

    Ni la Kabylie ni l’Algerie ne peuvent pas être les otages de minorités extremistes que les caporaux fellagas dressent l’une contre l’autre pour se maintenir au pouvoir. Tout comme Abbane, Yacine et Dib, on vous dit que l’Algerie est algérienne, elle n’est ni occidentale ni orientale; elle est africaine, musulmane et amazighe.Par ailleurs, la democratie repose sur les principes de l’alternance au pouvoir et sur la separation des pouvoirs. Nos caporaux dont nous connaissons parfaitement les limites intellectuelles et culturelles (on ne devient pas général major avec le niveau de 4éme AM ou en usurpant le titre de moudjahid…)doivent rendre l’Etat à la nation et cesser de jouer à l’excés avec la violence et la terreur. L’une des forces de l’identité du peuple algérien, vient de la tolerance, de la solidarité, du brassage des cultures et civilisations…Pour teminer cette question: qui interdit à musulman de faire de la politique sur une terre d’Islam?

  4. radjef said dit :

    Ailleurs, dans les societés qui se respectent un général outre ses capacités trés avancées en matiere de technologie, donne des cours à Harvard,Cambridge, Oxford, Columbia…en sciences sociales, en sciences humaines, en sociologie de la communication, en anthropologie, en langues orientales…chez nous la reference d’un général major est l’usurpation du titre de moudjahid ou fils de chahid…Avec ça encore il y a des universtaires et des journaleux zouaves tirailleurs qui ecrivent à la gloire de l’armée algérienne. Mais le ridicule n’a jamais tué les cons et les enfants dignes heritiers de la 5eme colonne!

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