DzActiviste.info Publié le ven 4 Mai 2012

ELWATAN-ALHABIB 2012-05-04 18:01:00

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La Maison Blanche négocie-t-elle un prochain virage à 180° sur la Syrie ? 

 

 




Louis Denghien
Vendredi 4 Mai 2012


La Maison Blanche négocie-t-elle un prochain virage à 180° sur la Syrie ?
« Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que des organisations terroristes, notamment al-Qaïda, tentent de profiter de la situation qui a vu le jour en Syrie à leurs propres fins. Dans le même temps, nous exigeons toujours du gouvernement syrien qu’il retire ses troupes des zones de conflit et qu’il poursuive la mise en oeuvre du plan de l’émissaire spécial de l’ONU Kofi Annan« .
À qui doit-on cette déclaration, qui, pour sa première partie, sonne comme du Sergueï Lavrov, et pour la seconde comme de l’Alain Juppé ? Eh bien à Mark Toner, qui n’est rien moins que le porte-parole du Département d’État américain, autrement dit de Hillary Clinton herself ! Et Mr Toner l’a faite ce jeudi 3 mai à Washington lors d’un point de presse. Bref, l’administration Obama s’inquiète désormais à haute et intelligible voix de la menace terroriste en Syrie, reprenant l’argumentation de base du gouvernement syrien et de son allié russe. Ce n’est pas rien ! Il faut quand même se souvenir qu’il y a encore quelques jours – le 25 avril en Australie -, Hillary Clinton dénonçait « les intimidations, harcèlements et violences potentielles » du gouvernement syrien contre les opposants, et accusait une énième fois depuis le 12 avril le régime de Bachar al-Assad d’avoir « rompu ses engagements » par rapport au plan Annan.
Le CNS en victime collatérale d’al-Qaïda
Alors, l’ »ennemi public n°1″ – avec le Qatar – de la Syrie est-il en train de changer d’analyse et donc de position ? Voici un peu plus de deux mois, deux (très) hauts responsables militaires américains, le directeur du Renseignement militaire et le chef d’état-major des armées, avaient tiré la sonnette d’alarme sur l’implantation  du réseau al-Qaïda en Syrie, via l’Irak, concluant à l’extrême péril qu’il y aurait à armer une opposition qu’ils disaient, sur la base de leurs informations, infiltrée par les disciples d’Oussama ben Laden (voir notre article « Avec ou sans drones, les Américains sont impuissants », mis en ligne le 20 février).
Ces mises en garde des généraux Clapper et Dempsey avaient d’ailleurs eu des conséquences diplomatiques rapides, Hillary Clinton, toujours frustrée d’une intervention militaire de l’OTAN en Syrie, refusant désormais de suivre les excités du Qatar et de l’Arabie séoudite dans leur projet d’armement des radicaux syriens. Mais cette déclaration publique de son porte-parole est incontestablement un fait nouveau. À partir de là, Washington va-t-il, tout en continuant à condamner pour le principe le régime de Damas, adopter une position plus en retrait sur la Syrie et donner le ton, au moins à ses alliés européens, canadiens et australiens ? Actuellement en visite à Pékin, la secrétaire d’État américaine a surtout abordé semble-t-il les dossiers du nucléaire iranien et nord-coréen.
À fort peu de temps d’une échéance présidentielle difficile, l’administration Obama, obsédée par l’Iran, encore empêtrée en Afghanistan, incertaine de l’évolution des situations libyenne et égyptienne, impuissante à bloquer la colonisation israélienne en Cisjordanie, et impuissante aussi à détacher Moscou et Pékin de Damas, l’administration Obama donc pourrait bien vouloir lever le pied sur la Syrie. Le géant américain est fatigué et même lui ne peut gérer tous les dossiers qu’il voudrait. Cette déclaration officielle de la diplomatie américaine ne peut avoir, selon nous, d’autre signification qu’un repli diplomatique, et, à tout le moins, une prise de distance d’avec le CNS. Un CNS dont la CIA et un certain nombre de spécialistes ont dû finir par convaincre Miss Clinton qu’il n’était décidément pas la solution de rechange à Bachar al-Assad. L’Oncle Sam pouvait gérer une ASL sous contrôle turc. Mais les djihadistes sans frontières ni maîtres d’al-Qaïda, qui n’ont guère plus de sympathie pour le roi d’Arabie séoudite et l’émir du Qatar que pour le président syrien, et qui ravagent déjà le Yémen, c’est une autre histoire, et c’est sans doute pourquoi il ne faut sans doute plus compter sur les Américains pour être les big boss du barnum anti-syrien.

Décidément, l’opposition syrienne franchisée par l’Occident semble bien avoir mangé les derniers morceaux de son pain blanc ! Elle devrait très bientôt perdre un autre ami de poids en la personne d’Alain Juppé. Il lui restera bien Bernard Henri Lévy, mais des appuis comme ça…

Info Syrie


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