DzActiviste.info Publié le jeu 17 Jan 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-01-17 15:58:00

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Prise d’otages à In Amenas

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rtyreyrtyLe ministère de l’Intérieur algérien a fait l’annonce d’une razzia d’un groupe terroriste sur une base de vie. Il aurait pris en otage 41 étrangers, rapport le communiqué. Il y aurait également deux morts et plusieurs blessés.
Toute personne qui suit les développements politiques et sécuritaires du Sahel penserait immédiatement à une action de représailles de la part des mouvements islamistes qui contrôlent le nord du Mali. Ils punissent l’Algérie pour s’être compromise dans l’aventure militaire française. C’est spectaculaire, choquant et surtout les représailles sont logiques et étaient prévisibles. Pourtant.
Les observateurs plus avertis seront plus prudents et ne se précipiteront pas sans une sérieuse analyse de l’acte, supposé terroriste. Ils connaissent trop bien les capacités du DRS à manipuler l’opinion publique en fomentant des évènements et des actes terroristes contrôlés. À la base de cette légitime suspicion, il y a des faits étranges et des interrogations lancinantes que les autorités algériennes s’abstiendront comme à leur habitude d’y apporter des réponses claires et sérieuses. Pour illustrer le comportement suspect de l’Algérie dans les affaires de terrorisme, les familles des victimes de disparitions n’ont jamais reçu de réponse sur le sort de leurs enfants et les familles françaises des victimes de l’avion d’Air-France pris en otage en décembre 1994 n’ont jamais pu obtenir la collaboration des autorités algériennes, etc.
Ce qui se passe au Sud algérien doit être pris avec beaucoup de circonspection. La rapidité de réaction des groupes terroristes est foudroyante. L’importance de la cible n’est pas moins étonnante. Il est difficile d’admettre qu’une opération aussi périlleuse se soit produite en Algérie dans des zones qui sont théoriquement sous haute surveillance. Il faut rappeler que  l’Algérie n’a pas cessé de faire des démonstrations de force. À maintes reprises, elle a péroré avoir pris des mesures draconiennes en vue d’assurer la sécurité des régions frontalières. Depuis le début de la crise libyenne, elle a  renforcé le déploiement de l’armée dans les zones à risque et a augmenté l’effectif de l’armée, etc. Comme si le pays était en état de guerre et pour mieux marquer les consciences, elle est allée jusqu’à annoncer à grand tapage médiatique qu’elle a procédé à une refonte radicale de sa « doctrine militaire ». Ce qui en passant ne veut absolument rien dire pour le commun des Algériens, les mêmes généraux Bentalha qui ont conduit le pays vers le désastre gardent toujours les leviers de commande du pays. Après tant de préparation et de mobilisation, voilà qu’un groupe terroriste circule librement, s’introduit et prend possession d’une partie d’une base appartenant à Sonatrach-BP et gardent comme un trophée une quarantaine d’étrangers. Ils ont réussi sans coup férir à s’introduire au cœur des zones hyperprotégées… Il y a anguille sous roche.
Les Algériens qui connaissent le passé sanglant du DRS ont tous les raisons de croire qu’il s’agirait d’un complot. Il pourrait s’agir d’une opération commanditée pour amener l’opinion publique algérienne à s’aligner sur la nouvelle position de Bouteflika-DRS. L’acte terroriste est supposé rafraîchir la mémoire des Algériens sur le danger des groupes islamistes qui écument le Sahel. Il s’agirait de faire croire que ce danger est partagé avec la France et par la suite faire entendre que l’implication de l’Algérie avec la France dans la guerre au Mali est nécessaire et légitime.
Une autre lecture de l’attaque terroriste est celle qui est liée aux intérêts d’un cercle occulte qui se tapit dans les services de sécurité ou a des ramifications militaires. Il veut torpiller le plan de la France pour assurer le contrôle du trafic en tout genre (arme, drogue, tabac et contrebande). Ce serait le même cercle qui aurait exécuté le président Mohamed Boudiaf. Le sahel est devenu la chasse gardée  de cette maffia dangereuse qui n’hésite pas à utiliser de grands moyens pour assurer le contrôle des zones frontalières qui leur assure une fortune colossale.
D’autres observateurs feront certainement des lectures plus globales. Un grand journaliste, comme Barri Atwan d’El Qods El Arabi, verrait dans l’attaque terroriste la main des puissances étrangères. Pour lui, l’Algérie est la cible finale de l’intervention militaire française. La perturbation de l’exploitation du pétrole, comme au Nigeria, donne un coup dur au régime algérien qui, faute d’une politique économique éclairée, ne survit qu’avec les recettes de cette ressource. Si l’impact de la terreur atteint les sociétés étrangères travaillant dans le secteur hydrocarbure en Algérie, le régime algérien sera vulnérable et disposé à toutes les compromissions.
Un seul élément peut évacuer ses  suppositions déprimantes. Que Bouteflika se décide à évincer le général Toufik et son état major, dont ghoul Benaknoun et M’Hena Djebbar, coupables d’incompétence de graves dérives, de tortures et d’imprévoyance. Il ne doit pas faire la sourde oreille comme l’a fait Khaled Nezzar dans le dossier de l’assassinat de Boudiaf ou Liamine Zeroual dans les dossiers des massacres, de Tibhirine, etc. La situation est trop grave, le président Bouteflika doit prendre ses responsabilités en lançant des signaux forts aussi bien à l’adresse du peuple algérien qu’à celle du monde entier qui est travaillé par les mêmes soupçons. Il doit pendre cette mesure s’il veut rétablir sa crédibilité et réhabilité l’armée. Si le président Bouteflika reste incapable de prendre cette mesure courageuse, le DRS n’est pas étranger de l’attaque d’Aïn Amenas et continue à être la clé de voûte de tous les grandes affaires de terrorisme depuis 1992..


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