DzActiviste.info Publié le dim 20 Jan 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-01-20 15:15:00

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Les enseignements sur la prise d’otage du complexe gazier d’In Amenas

 

 


 Ait Benali Boubekeur

Le dénouement dramatique de la prise d’otage, survenue sur le complexe gazier d’In Amenas, renseigne davantage sur les dangers qui guettent l’Algérie. Ainsi, à un mouvement terroriste aveugle, il s’ajoute une gestion autoritaire des affaires publiques par un pouvoir atteint de cécité. En fait, bien que la nébuleuse islamiste veuille imposer coute que coute sa vision par la violence, force est de reconnaitre que le régime algérien adopte quasiment la même attitude : gérer par la violence et dans l’opacité. Car, dans un pays où le peuple est respecté, celui-ci devrait être informé en permanence de l’évolution de la crise. Or, pour qu’un Algérien puisse savoir ce qui se passe dans son pays, il faudrait qu’il attende les conférences de presse des chefs occidentaux en regardant bien évidemment les chaines de télévision étrangères.  
Cependant, pour revenir à la genèse de la crise, bien que le pouvoir algérien ait été hostile, au tout début,  à l’intervention militaire au Mali, après la visite de François Hollande en Algérie, la position algérienne –et c’est le moins que l’on puisse dire –va changer littéralement. Considérée comme un levier ou comme l’arrière cour, d’après Lahouari Addi, la région du Sahel est exploitée par le régime algérien en vue de faire taire les Occidentaux sur leur gestion despotique du pays.
Néanmoins, nourrissant un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’ex puissance coloniale, le chef de l’État algérien [car un président élu par son peuple explique constamment ses choix aux citoyens] autorise le survol de l’espace algérien par l’aviation militaire française. Et malgré les résolutions de l’ONU insistant sur la nécessité impérieuse de favoriser une solution politique au Mali, les tenants de l’option guerrière passent à l’action. D’où les réserves de certaines formations politiques en Algérie, à l’instar du FFS. En tout cas, pour ce dernier, cette guerre aurait eu un sens, si la France avait essayé de s’impliquer, depuis la formation des groupes terroristes dans le Sahel, en vue de trouver une solution politique à la crise. Normalement, si lorsque la communauté internationale constate l’échec de l’approche politique que l’option militaire devra être envisagée.
Quoi qu’il en soit, dans un monde où la puissance militaire l’emporte sur l’emploi des moyens pacifiques, les conséquences se payent cash. Ainsi, bien que les services secrets algériens aient la réputation de contrôler, à travers les infiltrations, des groupes islamistes, l’Algérie est frappée au cœur de son système névralgique. D’ailleurs, il est un secret de polichinelle que le pouvoir algérien n’est debout que grâce au contrôle de la rentre des hydrocarbures. Du coup, la façon dont est gérée la prise d’otage d’In Amenas montre que le régime algérien ne dispose que d’une seule méthode, la violence.
Or, d’une façon générale, la première victime dans cette affaire est d’abord le peuple algérien. Et pour cause ! Les gens qui gouvernent à sa destinée n’ont cure de ce qu’il endure ou de ce qu’il pense. Pour étayer cette thèse, Lahouari Addi cite un exemple frappant : « les médias français ont relayé le fait que le président Hollande a cherché à joindre hier [17 janvier 2013] son homologue algérien, mais en vain. Faut-il comprendre que Bouteflika n’a rien à lui dire, ou que la situation lui échappe totalement ? Ou peut-être, veut-il ainsi signifier à la communauté internationale qu’il n’a aucune autorité sur ses généraux et qu’il demande de l’aide. »
En tout état de cause, quelle que soit la rivalité des clans au sein du pouvoir, le peuple algérien a le droit de demander des comptes. En effet, dans une crise concernant tout le peuple algérien, comment se fait-il que ce dernier soit informé par des responsables politiques et par des chaines de télévision étrangers ? Y’a-t-il eu la création d’une cellule de crise après la prise d’otage ? Qui sont ses membres ? Voilà quelques questions qui taraudent les observateurs de la scène politique algérienne.
Enfin, bien qu’on ne se réjouisse pas de l’existence d’une crise, il va falloir que les Algériens se ressaisissent en prenant les choses en main. Que ce peuple se montre enfin mature en exigeant des dirigeants de servir les intérêts de l’Algérie au lieu de chercher à se pérenniser vaille que vaille au pouvoir. En tout cas, sans une pression continuelle de la population, et dans une situation d’instabilité permanente à ses frontières, l’Algérie risque de sombrer dans le grand désordre. Et tout le monde sera perdant.    
Boubekeur Ait Benali
20 janvier 2013


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