DzActiviste.info Publié le sam 26 Jan 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-01-26 15:42:00

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US AFRICOM Ses Objectifs Selon Son Commandant Le Gl Carter Ham

Lors d’un colloque devant des universitaires africains des personnalités du monde diplomatique des experts à Stuttgart le 19 Décembre dernier le Gl Carter Kam a présenté les objectifs d’AFRICOM intégrés à la nouvelle stratégie militaire US  » diriger par derrière ». Ci dessous quelques extraits traduits de sa présentation – Dans SA guerre au Mali Hollande « chef de guerre » supplétif d’AFRICOM – Poutine critique « diplomatiquement  » les interventions en Libye et au Mali.



US AFRICOM Ses Objectifs Selon Son Commandant Le Gl Carter Ham


US/AFRICOM et la stratégie de « diriger par derrière »

Le QG d’AFRICOM est pour le moment situé en Allemagne à Stuttgart.

Le Gl Carter Ham est intervenu lors de ce colloque intitulé « Gouvernance Sécurité et Paix » organisé à l’initiative de l’écrivain du Nigeria Chinua Achebe professeur d’études africaines à Brown. Ce sont surtout des problèmes de sécurité en Afrique qui y ont été abordés notamment en ce qui concerne la menace d’Al Qaeda. Cette menace savamment entretenue par les US – la CIA et consorts étant à l’origine même de cette nébuleuse djihadiste manipulée afin de justifier la colonisation militaire US de l’Afrique pour s’accaparer ses ressources et contrer le développement des investissements chinois et russes sur le continent africain. En d’autres termes le continent africain – mais aussi d’autre régions du globe notamment l’Asie – sert de rampe de lancement pour une nouvelle « Guerre Froide » opposant les US d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre sous le prétexte fallacieux de « guerre contre le terrorisme ».

Ham a dit que la mission des US AFRICOM c’était :

 » de préserver les intérêts sécuritaires des US en Afrique et nous pensons que nous le faisons le mieux en renforçant les capacités de défense des pays africains de sorte qu’ils puissent progressivement être capables de se défendre par eux-mêmes et de contribuer à la sécurité et stabilité régionale ».

Il a mis l’accent sur la façon de fonctionner d’AFRICOM basée sur les politiques US, des directives et des documents US servant de guide citant la Directive Présidentielle pour l’Afrique Sud Saharienne définissant la vision de la politique pour l’Afrique du Président Obama avec quatre points centraux : renforcer les institutions démocratiques, promouvoir la croissance économique le commerce et les investissements, faire avance la paix et la sécurité, et promouvoir l’opportunité et développement.

Cependant Ham a fait remarqué que :

« Les efforts d’US AFRICOM se concentrent sans surprise sur le troisième point celui de la paix et de la sécurité mais nous le faisons tout en reconnaissant que ce n’est pas le but final mais les préconditions nécessaires pour que les trois autres points puissent se concrétiser ».

Les actions d’AFRICOM suivent aussi le Guide de la Défense Stratégique 2012 publiée par le département de la défense en Janvier 2012 qui définit les priorités en matière de défense des US pour la décennie à venir.

Ham a présenté ces priorités pour l’Afrique selon ce guide :

« Pour ce qui concerne l’Afrique le président et le secrétaire à la défense m’ont dit d’appliquer une politique d’intervention légère à faible coût et une approche innovante. Cela veut dire pour moi….que nous ne voulons pas et que nous n’avons pas besoin d’une présence militaire US à long terme en Afrique. Personnellement je pense que ce serait contreproductif. Nous sommes plus efficaces plutôt quand nous amenons des capacités spécifiquement conçues pour des missions spéciales, limitées dans le temps pour réaliser des objectifs spécifiques »

Le Gl Ham a présenté les 4 éléments caractérisant les intérêts sécuritaires US en Afrique. Selon lui :

« Vu sous l’angle militaire US cela ne vous surprendra pas que s’occuper et combattre une palette d’organisations extrémistes violentes présentes en Afrique est notre plus grande priorité. Mais nous avons aussi d’autres intérêts sécuritaires telle maintenir l’accés mondial ( aux ressources ndlt) non seulement est important pour notre propre croissance économique mais aussi pour les efforts économiques mondiaux, et ce qui est important pour l’Afrique elle-même. Nous avons certainement un intérêt US sécuritaire à déjouer ou prévenir des conflits, particulièrement alors que l’on considère les conflits comme étant état contre état, mais sur le continent d’ Afrique lui-même nous voyons effectivement beaucoup d’acteurs non étatiques fomentant des conflits. Et puis la dernière large catégorie incluse dans les intérêts sécuritaires US je dirai c’est probablement l’assistance humanitaire, l’aide au catastrophe, la prévention des atrocités de masse et les options de réponses qui malheureusement ont besoin d’attention en Afrique aussi. »

Ham a longuement discouru sur la menace terrorisme en Afrique évoquant à plusieurs reprises Al Qaeda qui selon lui a été affaibli mais reste une menace.

« Le réseau d’Al Qaeda en Afrique, ses affiliés et ses adhérents, est entrain de changer d’une manière qui selon mon avis accroit effectivement les menaces non seulement pour les états africains individuellement mais aussi pour la stabilité régionale et présente déjà et continuera de présenter des menaces croissantes pour les US et d’autres intérêts sécuritaires internationaux. »

Concernant la situation au Mali Ham a défini ce qui selon lui doit être la participation US AFRICOM qui rentre bien dans la nouvelle stratégie militaire américaine de « diriger par derrière » :

 » Côté armée US nous avons des planificateurs côte à côte avec des planificateurs africains alors qu’ils se sont préparés à une possible intervention militaire…Je pense raisonnable de s’attendre à une nouvelle demande pour ce que nous appellerons une contribution militaire unique US – logistique probablement une aide financière, renseignements, probablement de la formation et de la fourniture d’équipement. Je ne nous vois pas dans une situation où on nous demanderait une participation US dans des opérations de combat. Je pense que ce serait contreproductif de mon point de vue cela devrait et doit être conduit par des Africains. »

Cette stratégie militaire de « diriger par derrière » si elle implique que les armées des états africains soient en première ligne lors d’opérations de « guerre contre le terrorisme » prévoit également une présence conséquente de forces spéciales US dans des pays africains. Donc plus de guerre type Afghanistan Irak… avec gros déploiement de troupes américaines par dizaines de milliers mais des armées locales utilisées comme supplétifs du Pentagone pour défendre prioritairement les intérêts US en Afrique.

Retour donc à la bonne vieille gestion coloniale moins coûteuse en hommes armement et budget pour le Pentagone plus facile à gérer et faire accepter par l’opinion publique américaine dont le mouvement anti-guerre US neutralisé par les deux élections d’Obama et sa mise en place d’une dictature militaire sans précédent dans l’histoire des US !

Selon Ham : « …Certains d’entre vous ont du entendre parler récemment d’une annonce faite par l’armée US concernant ce qu’ils appellent une brigade régionalement déployée. Cette brigade,une brigade de l’armée comprend environ 4000 soldats. Vous ne verrez pas 4000 soldats déployés en provenance des US et s’abattant quelque part en Afrique.Ce que vous verrez c’est dans le courant de l’année que cette brigade est à disposition comme actuellement prévu pour 96 engagements dans 35 pays différents organisés spécifiquement pour atteindre les objectifs qui sont habituellement atteint dans nos discussions avec la nation hôte et avec nos ambassadeurs US les chefs de mission à travers le continent. Encore une fois nous pensons que c’est notre meilleurs approche. A travers ses activités de sécurité coopération et exercices c’est la meilleure façon pour nous de renforcer nos capacités de partenariat de défense. »

A l’évidence compte tenue des propos du commandant de US AFRICOM le Gl Ham qui reflète la nouvelle stratégie d’intervention militaire US à minima dite  » diriger par derrière » et qui s’applique bien sûr à la guerre engagée par Hollande au Mali, Hollande ne doit pas compter sur des troupes US – ni sur d’autres les pays membres de l’UE sont réticents à engager des troupes au sol – pour l’aider en cas de débâcle au Mali ce qui arrivera tôt ou tard.

Guerre du Mali Coopération totale Washington Paris Hollande pion de la nouvelle stratégie de « diriger par derrière » du Pentagone/AFRICOM.

Comme il s’y sont engagés les US ont commencé à aider l’armée française – incapable d’assumer seule cette guerre au Mali – à transporter ses troupes et équipements sur le terrain au Mali. Cette aide se fait sous la direction d’AFRICOM.

L’armée française prépare les envois et c’est le QG d’AFRICOM qui supervise les opérations de transport.

Le chef des services de l’armée de l’air à Istres Eric Chabaud se félicite d’une telle dépendance à une armée étrangère (?!) :

« c’est une bonne chose de travailler ensemble sur de telles choses, car nous voulons être un atout pas un poids…Nous avons une trés bonne relation avec les Américains actuellement et nous les aidons à chaque fois que nous pouvons »

Il est vrai qu’avec un « chef des armées » nourrit au biberon paternel et mitérrandiste du pétainisme et de l’Algérie française une telle remarque chez un haut gradé de l’armée française n’est pas surprenante.

Des soldats américains sont actuellement à Istres sous les ordres du commandant de l’armée de l’air US David Gaulin du 621st pour superviser ces opérations de transport. Autrement dit l’armée US participe directement à la guerre du Mali en dirigeant les opérations à partir du territoire français et ce n’est même pas dans le cadre de l’OTAN.

« Nous pouvons débarquer ici établir des communications avec la chaîne de commandement (AFRICOM ndlt) et fournir une estimation initiale des capacités des Français et quelles capacités nous pouvons fournir pour l’opération une heure après avoir attéris….C’est bien qu’ils aient pu utiliser notre capacité logistique ( avions notre personnel et nos équipements – pour les aider ».

Poutine critique « diplomatiquement » les guerres françaises en Afrique : Libye, Mali

Lors d’un discours prononcé à Moscou Jeudi devant les ambassadeurs Poutine a dit que la récente prise d’otages en Algérie était la conséquence directe de l’instabilité régionale provoquée par les soulèvements en Libye et en Syrie qui a conduit à une prolifération incontrôlée d’armes. Il a réitéré la position de la Russie : le choix de la voix diplomatique pour résoudre les conflits.

Poutine a dit que la Russie s’inquiétait de la situation en Afrique que la crise actuelle au Mali et la tragédie de la prise d’otages en Algérie étaient directement liées à la solution militaire adoptée en Libye en 2011.

« Le soulèvement en Libye accompagné par une prolifération incontrôlée d’armes ont contribué à la détérioration de la situation au Mali. Les attaques terroristes en Algérie où des personnes innocentes ont perdu la vie – incluses celles de pays étrangers – sont devenus les conséquences de tels développements tragiques »

Face à ces évènements Poutine a dit que la Russie était spécialement engagée à faire respecter le droit et le rôle central de l’ONU.

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, a été plus direct lors d’une conférence de presse annuelle mercredi disant que les rebelles combattant les troupes françaises et africaines au Mali sont les mêmes groupes que l’Occident a armé dans la révolte qui a conduit au renversement du régime de Kadhafi.

En attendant sur le terrain au Mali les forces françafricaines espéraient une attaque conjointe contre les rebelles menée à partir du Niger voisin par des soldats tchadiens et nigériens les premiers soldats africains engagés au sol en direction de la ville de Gao prise en étau et ces forces françafricaines. Les rebelles eux se sont déjà repliés loin de la ville.

Mais des combattants islamistes ont faut sauter un pont stratégique sur la route menant à Gao, une des villes principales du Nord Mali à la frontière avec le Niger.

« Les islamistes ont dynamité le pont de Tassiga. Personne ne peut plus passer pour aller au Niger, ou venir vers Gao »ç a raconté aux journalistes Abdou Maïga, propriétaire d’une compagnie de transports, ce témoignage ayant été confirmé par une source sécuritaire nigérienne.

Le Nord Mali va-t-il se transformer en cimetière du désert pour l’armée françafricaine ?

La France n’a pas les moyens ni militaires ni financiers de faire la guerre.

Site d’AFRICOM


Vendredi 25 Janvier 2013

Mireille Delamarre


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