DzActiviste.info Publié le jeu 14 Fév 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-02-14 18:06:00

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Nouvelles d’ailleurs : Les lois de Murphy à la sauce Malienne. image manquante

 Par Meriem Mint Derwich
 Loin de moi l’idée de tirer sur une ambulance mais si l’on devait retenir une chose pendant cette guerre au Mali, c’est la déliquescence quasi ironique de l’armée malienne. Vous avez vu l’entrée à Gao des troupes « libératrices » maliennes? On voit dans les reportages diffusés sur France2 un général malien, bien assis dans son véhicule militaire, et un soldat français qui vient vers lui en lui disant : « C’est bon, Mon Général, la ville est libre, vous pouvez y aller »!
Remarquez, cette propension à récolter les lauriers des autres est un bon signe vital d’instinct de survie.
Le militaire malien, apparemment, a cet instinct chevillé au corps : il regarde, attend que le boulot soit fait puis il rentre dans la ville libérée sous les youyous des habitants. CQFD.
Qu’est ce qui compte le plus : être mort et, donc inutile, ou être vivant et utile et devenir le héros de ces dames?
Si vous optez pour le premier choix c’est que, soit vous mentez, soit vous êtes suicidaires. Partant du principe qu’il y a toujours des spécialistes meilleurs que nous, des troupes spéciales très es spéciales, partons du postulat que « chacun son boulot », comme ça pas de confusion et de désagréments inutiles.
L’armée malienne a visiblement bien intégré le concept de chacun sa place. Elle sera sûrement une des seules armées du monde engagée dans un conflit et qui ne déplorera aucune perte….
Si c’est pas une preuve d’adaptation vitale…
Malgré les apparences, les soldats maliens ont fait et font preuve d’un solide bon sens, réinventant les lois de Murphy (ingénieur d’un projet de l’US Air Force en 1949), redéclinées à l’infini par tous les pioupious du monde au cours de toutes les batailles.
Article 1 (ce qui expliquerait la prise du Nord Mali par les djihadistes) : seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas.
Article 2 : Le chemin allant d’un point A à un point B étant TOUJOURS miné, nul besoin d’aller se faire sauter.
Article 3 : Ne JAMAIS tirer, ça énerve tous ceux qui sont autour de vous.
Article 4 : Ne JAMAIS exécuter un ordre, toujours attendre un contre ordre pour éviter le désordre.
Article 5 : partez du principe que la chose la plus dangereuse sur un champ de bataille est un officier avec une carte; cette appréciation peut vous sauver la vie.
Article 6 : n’oubliez pas, sur le champ de bataille que si votre sergent peut vous voir, l’ennemi aussi.
Article 7 : rappelez-vous que le champ d’action d’une grenade est TOUJOURS légèrement plus grand que la distance à laquelle vous pouvez sauter.
Article 8 : en cas de bombardement aérien, souvenez vous que les tapis de bombes sont très (trop) précis : les bombes touchent toujours le sol.
Article 9 : si vous avancez sans problèmes vers les lignes ennemies, c’est que vous êtes soit dans une ambulance soit prisonnier; tout ce que l’on a pu vous raconter sur les percées n’existe qu’au cinéma.
Article 9 : en cas d’accrochages et de combats, sachez calculer les pertes ennemies : 2 ennemis + 1 porteur+ une chèvre = 37 ennemis tués. Les journalistes adorent!
Article 10 : n’accueillez JAMAIS dans votre tranchée un téméraire; il peut vous gâcher votre journée.
Article 11 : si vous voyez l’ennemi, rappelez vous que lui aussi vous voit.
Article 12 : ne désespérez jamais des imbéciles : on peut toujours en faire des militaires.
J’aime particulièrement cette dernière phrase. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : les militaires ne sont pas des imbéciles: mais beaucoup d’imbéciles sont des militaires. La nuance est grande….Certes un peu subtile, mais il y a une différence.
Et, pour terminer, l’article 11, celui que devrait méditer tous les soldats du monde : quoiqu’il arrive, faites comme si c’était prévu! Si une mission a 50% de chance de réussir, cela signifie qu’il y a 75% de chances d’échec. Alors adaptez….
Et, surtout, SUROUT : vous n’êtes pas SUPERMAN!
Sur ce, je m’en vais vous laisser, disparaître, aller me planquer car on va encore dire que je tape toujours sur les militaires, les Z’en uniformes; que je vais provoquer une crise diplomatique entre les Nous Z’Autres et les maliens, que je fais preuve de méchanceté gratuite, etc…
Houlala, c’est moi qui ai écrit : « Ne désespérez jamais des imbéciles; on peut toujours en faire des militaires »?
Chef, chef, je retire….
Salut

Mariem mint DERWICH


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