DzActiviste.info Publié le dim 10 Mar 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-03-10 19:44:00

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TOUS LES CŒURS DES HOMMES ÉTAIENT SA PATRIE
 
 
par K. Selim

 Toutes les actions et prises de positions de Stéphane Hessel sont irréprochables sauf quand cela concerne les Palestiniens… ou, pour être plus précis, Israël. Ainsi a parlé le président de la République française, François Hollande, dans un hommage d’une insincérité suffisamment rare pour être relevée par de nombreux commentateurs. Le pense-bête, la directive permanente qui consiste à absoudre Israël et à s’en faire le propagandiste assidu a fonctionné même dans la cérémonie nationale post-mortem pour Stéphane Hessel.

 Contre le cadavre de Stéphane Hessel, dans une forme de reproduction, faussement distante, de la fatwa, d’une bassesse inégalée du président du Crif contre le résistant et l’auteur de «l’indignez-vous». Stéphane Hessel a défendu la justice pour les Palestiniens, il est donc antisémite ! Cet homme qui a participé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme considère que tous les États, y compris Israël, sont tenus au respect du droit international. Et le voilà accusé, de son vivant et après sa mort, d’avoir outrepassé la «ligne». A l’occasion, cette ligne officielle est nettement exprimée : on peut parler de toutes les injustices sauf celles qui sont infligées aux Palestiniens. Et le président français ne pouvait lui rendre hommage sans réaffirmer la «ligne», le Crif serait mécontent. «Il pouvait aussi, porté par une cause légitime comme celle du peuple palestinien, susciter, par ses propos, l’incompréhension de ses propres amis. J’en fus. La sincérité n’est pas toujours la vérité.»

 Constater qu’Israël bafoue le droit international, spolie les terres, torture des enfants, organise de manière systématique une purification ethno-religieuse serait donc une «non-vérité» ? En réalité, cet hommage chafouin n’entache pas l’action de Stéphane Hessel, un homme qui est resté un juste, qui n’a pas dérogé au principe que les hommes sont égaux et ont droit à une égale dignité ; cet éloge «distant» est, malgré M. Hollande, un témoignage solennel de la rectitude de Stéphane Hessel. Il ne transige pas sur la vérité comme le font les politiciens de France et d’Europe quand il s’agit des Palestiniens, le seul peuple au monde à qui l’on dénie le droit légitime de se battre contre l’oppression et l’occupation. Mais, il ne faut pas s’y tromper, cette «louange» très particulière, très «Crifée» du président français, n’exprime pas seulement une divergence de fond sur la Palestine. Même s’il ne l’évoque pas expressément, M. François Hollande n’est pas non plus d’accord avec les critiques résolues de M. Stéphane Hessel contre l’ordre social imposé par les ploutocrates de la finance, contre les inégalités sociales, contre le désordre humain de l’ordre international.

 Si M. François Hollande, qui exprime d’ailleurs un point de vue très répandu au sein de l’establishment, a éprouvé le besoin de faire preuve de «distance» dans l’hommage, c’est parce que le drame des Palestiniens est la synthèse absolue de cet ordre mondial injuste. Celui-là même qui impose à tous les politiciens de France d’être d’une insincérité absolue sur le drame des Palestiniens et sur le comportement de l’Etat colonial en qui l’Occident se reconnaît. Stéphane Hessel était, lui, d’une sincérité absolue que ce soit pour parler du capitalisme, des pauvres ou de la Palestine. Chacun fréquente les rivages qui lui ressemblent. Tous les cœurs des hommes étaient la patrie de Stéphane Hessel. Pas le mensonge.


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