DzActiviste.info Publié le lun 18 Mar 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-03-18 09:08:00

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Ayez confiance en votre jeunesse !

 

par Kharroubi Habib

La protestation initiée par les jeunes chômeurs de Ouargla a fait craindre aux autorités du pays que le mouvement risquait de se propager à travers l’ensemble des wilayate du Sud où les mêmes ingrédients existent pouvant pousser la jeunesse de celles-ci à emboîter le pas aux Ouarglis. C’est la raison non dite de la visite de travail effectuée à Béchar, la capitale du Sud-Ouest, par le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Elle a eu en même temps pour objectif de convaincre les populations de la région que les autorités du pays sont dans une démarche qui appréhende le développement du Grand Sud de façon globale.

 A Béchar, il faut porter au crédit du Premier ministre d’avoir lavé les manifestants de Ouargla de l’insidieux soupçon qui a été distillé contre leur mouvement créditant la thèse qu’il servirait de paravent à des menées antinationales. Sellal dont le soulagement a dû être grand en constatant que les manifestants de Ouargla ne nourrissent aucun dessein de cette sorte, n’a pas tari d’éloges sur leur comportement dont il a salué l’esprit patriotique et la manière « loin de toute violence » qu’ils ont choisie pour présenter leurs revendications dont il a reconnu la légitimité. A la jeunesse du pays d’une manière générale, le Premier ministre lui a demandé « d’avoir confiance » en l’Algérie et de « croire en son avenir ». Mais cette jeunesse à laquelle il s’est adressé est elle aussi en droit de demander aux autorités du pays de lui faire confiance. Et sur ce registre, on est loin du compte tant le pouvoir qu’elles incarnent fait preuve d’une méfiance instinctive à l’endroit de cette jeunesse qu’il accable sous le moindre prétexte en l’accusant de ne pas aimer son pays et de ne pas avoir la ferveur et les convictions patriotiques de ses aînés. Méfiance anti-juvénile dont la véritable raison d’être qui procure à ce pouvoir vieillissant et même plus l’explication à son entêtement à refuser le « passage du flambeau ».

 Abdelmalek Sellal ne pouvait convaincre du contraire ces jeunes à qu’il a demandé de « faire confiance au pays », lui dont la délégation officielle l’ayant accompagné à Béchar se composait en majorité de gérontes dont l’âge avancé fait qu’ils sont imperméables à leurs aspirations. Les « tab djnenhoum » ne veulent pas lâcher le pouvoir. Ils s’y accrochent en désespérant justement la jeunesse du pays qui en plus des frustrations que suscite en elle l’échec flagrant de leur gouvernance du pays, s’aperçoit que leur fonds de commerce « patriotique » qu’ils opposent à la demande du changement est à l’origine de la prédation qui a transformé l’Algérie en république bananière de la plus répugnante manière qui soit.

 Si l’on peut saluer le fait qu’enfin un haut responsable du pouvoir, Sellal en l’occurrence, a reconnu la maturité de la jeunesse algérienne et la légitimité de ses revendications, il ne faut pas pour autant s’attendre à ce que le pouvoir renonce à sa vision infantilisante et dévalorisante sur elle. C’est pourquoi celle-ci doit continuer pacifiquement à exercer sur lui ses pressions pour qu’il cède la place et lui offre ainsi l’opportunité d’exprimer sa confiance dans le pays en le sortant par ses compétences des impasses où il a été conduit par le pouvoir vieillissant et totalement déconnecté des réalités d’une nation où les jeunes sont la majorité.


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