DzActiviste.info Publié le mer 10 Avr 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-04-10 08:26:00

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La cause palestinienne se numérise dans une e-Intifada contre Israël 
 
 

par Farid Farah

La cyberattaque d’Anonymous, menée depuis dimanche, en solidarité avec le peuple palestinien, a transformé, pendant de très longues heures, le Web israélien en un gigantesque Intranet. Des milliers de sites Web israéliens hackés, et autant de comptes Facebook et Twitter piratés, de données de cartes bancaires rendues publiques et une liste d’espions israéliens dévoilée.

Les hackers d’Anonymous sont passés à l’action. En lançant une vaste cyberoffensive contre le Web israélien (politique, militaire et économique), les comptes sur les réseaux sociaux, ils ont, ainsi, exécutés leurs menaces de faire disparaitre Israël de l’espace numérique international en solidarité avec le peuple palestinien. Cette attaque inédite, qui met en évidence toutes les vulnérabilités des systèmes d’information civiles et militaires de l’état hébreu, a visé les sites du Premier ministre, des ministères de la Défense et de l’Éducation et le Bureau central des statistiques, mais également des banques et d’institutions économiques. Des responsables de l’administration israélienne ont fait état d’intrusions dans leurs réseaux ou au sein de certains comptes de réseaux sociaux, pointant du doigt des « hacktivistes » arabes qui ont répondu à l’appel du groupe Anonymous. Ce groupe supranational de hackers a lancé sa campagne d’opérations dimanche soir en attaquant les sites des Forces de défense israéliennes, le site du bureau du Premier ministre, les sites des banques israéliennes, des compagnies aériennes, des médias et d’entreprises de sécurité. Selon des observateurs indépendants, les premiers éléments de l’enquête du gouvernement hébreux ont révélé que dans le but de stopper le trafic web, généré par les Anonymous, les responsables du centre national de lutte contre la cybercriminalité du pays ont été contraints de rendre le domaine d’Internet israélien inaccessible, à partir de l’étranger, et ce afin de limiter les dégâts occasionnés et surtout de lancer des appels d’arrestation des hackers identifiés. Cette restriction, basée sur l’adresse IP, empêche tout utilisateur externe d’accéder aux sites hébergés en Israël. Pendant de très longues heures, le Web israélien était coupé du monde. Il a été transformé en un gigantesque Intranet. Selon une liste publiée par Anonymous, plusieurs groupes de hackers maghrébins et arabes ont pris part à cette cyberattaque.

Le Maghreb des hackers

On compte pas moins de six groupes de pirates informatiques de la région du Maghreb. Il s’agit de : « Algerian Core », « Algerian Hackers », « Mauritania HaCker Team », « Moroccan Agent Secret », « Morrocan Ghosts », « Moroccan Hackers », « Moroccan Hackerz ». Dans le monde arabe et musulman, la liste d’Anonymous évoque : « Afghan Cyber Army », « Gaza Hacker Team », « Gaza Security Team », « Indonesian Security Down », et « Iranian Cyber Army ». Des rumeurs ont vite circulé sur les réseaux sociaux faisant état d’arrestation de hackers au Maroc, en Tunisie et en Jordanie. La persistance de la rumeur a même poussé le ministère de l’Intérieur tunisien à démentir l’arrestation d’un hacker.

Malgré le manque de fiabilité dans les outils d’investigation et l’absence d’un organisme international qui pourrait juridiquement légitimer ce type d’enquête, les autorités israéliennes ont demandé l’aide de plusieurs pays, dont des pays arabes, pour arrêter des hackers localisés par leurs adresses IP. Les lourds investissements effectués par le gouvernement israélien, pour lutter contre des attaques informatiques de forte puissance qui menacent quotidiennement sa sécurité nationale et économique, n’auront pas servi à éviter une attaque de cette ampleur. Les réseaux informatiques de ce pays demeurent vulnérables à toute cyberattaque. Dans ce contexte, il est à rappeler que l’armée israélienne s’est dotée d’une cellule spécialisée dans la cyberguerre. Il s’agit d’une section qui fait partie intégrante de toutes les armées et considère que les réseaux constituaient un terrain de combat à part entière, c’est pourquoi elle active 24 heures sur 24 heures pour protéger l’armée et les institutions sécuritaires du pays contre les cyberattaques. Aujourd’hui, on constate que le réseau Internet s’invite dans le conflit israélo-palestinien puisque les motivations du collectif Anonymous sont à la fois idéologiques et politiques. Quand on constate ces actions électroniques, dont les échos médiatiques sont de plus en plus croissants, on peut alors affirmer sans hésitations que les systèmes d’information sont bien loin de la parfaite sécurisation. Le but recherché par cette attaque est incontestablement l’impact médiatique, mais également de provoquer des pertes financières aux compagnies israéliennes. Les hackers d’Anonymous sont devenus, le temps d’une campagne, des militants de la cause palestinienne. Sommes-nous passés à l’ère de l’e-intifada multinationale ?


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