DzActiviste.info Publié le mer 1 Mai 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-05-01 08:51:00

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L’heure du plan « B » 
 
 
 
par Kharroubi Habib

Les Algériens ont été rassurés pour ce qui est de l’état de santé de leur président par les communiqués officiels dont ils ont eu connaissance, même si une minorité d’entre eux estime que la transparence dont ont fait preuve les autorités sur le sujet peut avoir eu pour objectif d’entretenir le calme dans le pays le temps qu’elles s’organisent avant d’annoncer « la mauvaise nouvelle ».

Rassurés donc, les Algériens le sont, mais ils n’en restent pas moins convaincus que le nouvel ennui de santé de Bouteflika va le contraindre à renoncer à l’intention qui lui était prêtée de briguer un quatrième mandat présidentiel en 2014. Beaucoup estiment en effet que le « mini-AVC » dont il a été victime le place dans la même situation qui a été celle de son ex-homologue français Jacques Chirac en 2005 qui ayant subi un accident de santé de même nature a certes achevé son mandat en cours mais a dû jeter l’éponge s’agissant de son éventuelle candidature à un troisième mandat en 2007. Il ne fait aucun doute pour eux maintenant que la probabilité de voir Bouteflika postuler à sa réélection en 2014 s’est bel et bien évanouie.

A supposer qu’il en sera ainsi, le pouvoir ne sera pas pour autant pris au dépourvu car aussi imprévoyant qu’il est dans la gouvernance du pays, il est hautement habile à anticiper les situations qui risquent de mettre en péril son maintien et sa pérennité. Le politologue Rachid Grim est dans le vrai quand il affirme qu’il « n’est pas étonnant qu’ils (les décideurs) nous sortent du chapeau une personne qu’ils auraient préparée et qui aurait fait l’objet de négociations ». Pour notre part, nous avons la conviction que ce scénario est fin prêt parce que arrêté en tant que « plan B » de substitution à l’éventualité de l’impossibilité pour une raison ou une autre pour Bouteflika d’être candidat l’année prochaine à sa propre succession.

Les tortueuses manœuvres qui ont abouti à l’éjection de Belkhadem et d’Ouyahia, d’abord de l’exécutif gouvernemental, puis de leurs postes de chefs de parti respectivement du FLN et du RND, ont découlé des tractations auxquelles a donné lieu ce « plan B » au sein du sommet du pouvoir. Pour des raisons différentes, ces deux personnalités se sont vues exclues du rôle de candidat du « consensus » appelé a être celui de tous les clans du pouvoir au cas où Bouteflika ne serait pas en situation de l’assumer à nouveau.

La fulgurante ascension d’Abdelmalek Sellal, sa mise en avant spectaculaire pour un Premier ministre au travers des « visites de travail et d’inspection » qu’il enchaîne tambour battant dans les wilayate du pays, sont autant d’indices qui démontrent qu’il fait l’objet d’une campagne de promotion dans le but de faire valoir ses « qualités» de gestionnaire et d’homme d’Etat. C’est pourquoi les microsomes politico-partisan et médiatique qui ne focalisent que sur quelques noms défraîchis dans leur tentative de percer le secret de celui sur lequel les clans du pouvoir pourraient s’entendre, devraient se raviser et considérer avec un autre regard la projection et à l’avant-plan subite et soutenue du « sympathique » et « consensuel » ex-ministre de l’Hydraulique.


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