DzActiviste.info Publié le jeu 2 Mai 2013

ELWATAN-ALHABIB 2013-05-02 14:17:00

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Colonialisme Juif Sioniste

Attiser La Déstabilisation De La Syrie Les Ambitions Territoriales D’Israël

« …Depuis un certain temps déjà selon la narration dominante sur la Syrie l’instabilité a été attisée de façon à affaiblir l’Iran…La narration généralement acceptée détourne l’attention de la raison principale de l’attaque actuelle contre la Syrie : Israël… » Traduction de l’article de Soraya Sepahpour -Ulrich publié sur Global Research.ca



Attiser La Déstabilisation De La Syrie Les Ambitions Territoriales D'Israël



Pourquoi Nous Devons Changer La Narration Sur La Syrie

Depuis un certain temps déjà selon la narration dominante sur la Syrie l’instabilité a été attisée de façon à affaiblir l’Iran. La primauté de ce récit est partagé par les néo conservateurs et libéraux. Tandis que le New York Times trompette le message des inconditionnels d’Israël les Sénateurs John Mc Cain et Lindsey Graham que « les combattants rebelles méritent d’être armés et que les aider à s’emparer du gouvernement syrien aiderait Washington dans son effort pour affaiblir l’Iran « , des sites modérés et indépendants tels Truthout, Counterpunch, et bien d’autres évoque le même objectif – tout en critiquant le plan. Même les médias iraniens d’état partage ce récit.

C’est tout simplement adopter une mauvaise direction – déliberement ou autre. Aucun doute que la Syrie et l’Iran sont de fervents alliés depuis la Révolution iranienne partageant les mêmes causes celle de la protection des droits des Palestiniens et celle de s’opposer à Israël et à l’Amérique et tout changement en Syrie affecterait négativement l’Iran( comme la Russie). Mais c’est un élément secondaire. La narration généralement acceptée détourne l’attention de la raison principale de l’attaque actuelle contre la Syrie : Israël.

Depuis la guerre de 1948 la Syrie et Israël sont en état de guerre ( avec des périodes brèves de négociations infructueuses). Le conflit porte essentiellement sur la terre et l’eau(voir un essai précédent The Syria Imperative). Depuis les années 50 le conflit sur l’eau (et la terre) est à la racine des hostilités entre les deux pays. Dans les années 50 Eisenhower a chargé Eric Johnston de concevoir un accord régional d’attribution de l’eau. L’échec du plan Johnston a exacerbé le conflit. Les mémoires publiées par l’ancien ministre des affaires étrangères Sharett aide à comprendre pourquoi les négociations Johnston ont échoué. Sharett affirmait que :  » les décisions politiques concernant l’occupation d’Eretz Israël ont été prises dés 1954 bien qu’appliquées en 1967 (i) ».

Quelques années plus tard Haaretz révèlera l’existence d’une étude du Jaffa Center for Strategic Studies Tel Aviv University sous la conduite du Gl Aaron Yariv l’ancien chef des services secrets qui définissait une  » zone hydraulique de sécurité » qui pronait le placement des ressources en eau de la Syrie et du Liban sous total contrôle d’Israël (ii). Les disputes ont continué sans relâche et le statut quo maintenu jusqu’en 1982 quand les prouesses militaires des deux camps ont été testées.

Un livre de 1987 du Col Emmanuel Wald appartenant à la direction de l’état major intitulé « The Ruse of the Broken Vessels : The Twilight of Israeli Military Might (1967-1982) «  révèle les objectifs de l’invasion du Liban en 1982 et le mois de préparation pour se faire. Wald écrit que le plan directeur d’Ariel Sharon nom de code « Oranim » était de battre les troupes syriennes déployées dans la Vallée de la Bekaa jusqu’au district de Baalbek dans le Nord du Liban. Selon Wald  » pendant les premiers jours il a été discrètement approuvé par les US. »

Avec cet objectif le 6 Juin 1982 les Israéliens ont avancé en territoire libanais. Cependant l’armée syrienne a stoppé l’armée israélienne lors de la bataille à Sultan Yakub et celle à Ain Zahalta. Le plan de Sharon de conquérir tout le Liban et de détruire la Syrie comme puissance militaire a échoué. Dans son contre rendu sur le livre et les batailles, le célèbre universitaire et activiste, Israël Sharak, a reconnu que  » le but principal de l’invasion syrienne au Liban c’était la destruction de l’armée syrienne (iii). »

Sharak avançait qu’Israël a besoin de gagner ses guerres rapidement ou pas du tout. Malgré sa supériorité technologique et nucléaire une autre attaque contre la Syrie ne permettrait pas de prévoir une victoire rapide pour Israël et son armée pourrait être « entraînée dans une guerre sans fin ». De plus il affirme que dans toute l’histoire d’Israël les Juifs israéliens se sont montrés trés sensibles à leurs pertes et d’importantes pertes rendent les Israéliens  » susceptibles de critiques politiques contre des modes de domination et d’ oppression qu’ils accepteraient autrement »

L’analyse de Sharak éclaire des évènements en relation avec l’échec d' »Oranim » comme décrit dans The Syria Imperative. Israël continue de poursuivre sa stratégie grandiose utilisant une tactique différente compte tenue de sa connaissance et de sa familiarité avec la puissance de l’armée syrienne – une armée qui doit être perturbée de l ‘intérieur compte tenue de l’échec d’Israël en 1982. Et c’est la raison principale pour armer des terroristes se faisant passer pour « l’opposition ».

Ce n’est pas sans ironie que Netanyahou a récemment admis qu’il n’écarte pas la possibilité d’armer les rebelles syriens étant donné la longue tactique d’Israël d’armer des minorités ou des rebelles et de cultiver la dissension et le chaos ( tels que l’Anya Nya au Soudan, plus tard l’Armee Soudanaise de Liberation du Peuple (SPLA) et le chef des rebelles soudanais John Garang armé par Israël à partir de pays voisins). C’est le scénario qui se répète en Syrie.

Paradoxalement les pays du Conseil de Coopération du Golfe Persique (GCC) actuellement en mission pour sécuriser la vision d’Israël (avec le consentement de Washington) en armant les rebelles et en affaiblissant la Syrie était tous en faveur d’assurer la sécurité de la Syrie en 2003 quand ils ont dit à Washington : « Nous pensons que la menace contre la Syrie devrait cesser. Nous ne pensons pas que la Syrie veut une guerre ou escalader toute situation. Nous rejetons toute atteinte à la sécurité de la Syrie »(iv)

Leur duplicité est sans limite.

Amos Yadlin le chef des renseignements militaires sortant a mis en garde le Comité Affaires Etrangères et de la Défense du Parlement en Novembre 2010 que la prochaine guerre d’Israël prendra plus de temps et que les combats seront sur plus de fronts. Yadlin a mis en garde en particulier sur la Syrie qui pose un obstacle militaire plus grand qu’à aucun moment ces 3 dernières décennies. Il semblerait que l’agitation en Syrie ait soulagé ses inquiétudes. Les forces syriennes qui ont resisté avec force en 1982 sont actuellement engagées dans des combats contre des terroristes alors qu’on dit au monde que ce sont des violateurs. Peut être que le plan de Netanyahou réussira là où celui de Sharon Oranim a échoué.

Peut importe il est important de changer la narration acceptée sur le soulèvement en Syrie. Compte tenue des décennies de diabolisation de l’Iran c’est peut être plus facile d’associer le fait d’attiser l’agitation en Syrie à un « affaiblissement de l’Iran » mais qu’on ne s’y trompe pas – le chaos actuel en Syrie vise à promouvoir la stratégie grandiose d’Israël – alors même que le responsable Israël joue les victimes et met en garde contre l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad, demandant une intervention.

« Le Diable exige que la victime soit sanctionnée » Ayn Rand.

Soraya Sepahpour-Ulrich est étudiant en diplomatie publique chercheur indépendant et écrivain spécialisé en politique étrangère US et le rôle des groupes de lobbies.

Traduction Mireille Delamarre


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